• L’excellent capitaine Lucas Hautier très investi dans la belle aventure de l’USC.
    L’excellent capitaine Lucas Hautier très investi dans la belle aventure de l’USC. / DR
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Honneur

Du piano à plusieurs

C’est un fait acquis. Le très bon parcours de l’USC va redynamiser le nord-est de la Gironde.

La célèbre bataille qui mit fin en 1453 à la guerre de Cent Ans par la victoire des troupes de Charles VII de France sur celles d’Henri VI d’Angleterre a fait entrer la cité de Castillon dans les livres d’histoire. Ce n’était pas le crunch d’aujourd’hui entre les blasons du Coq et de la Rose,mais dans la commune à l’est de la Gironde, le rugby a aussi une longue histoire. Elle a connu des hauts et des bas et cette année, après vingt ans de purgatoire, l’USC, écrasant la compétition Honneur de Nouvelle-Aquitaine, a d’ores et déjà regagné sa place en Fédérale 3. L’embellie actuelle n’est pas fortuite. Les présidents Yves Roulleau et Jean-Marc Conchou qui sont d’anciens joueurs (Jean-Marc a même entraîné l’équipe qui a accédé à la Fédérale 3 en 2000) le savent et le font savoir : "C’est le fruit du travail de quinze années. Nous ne pouvons pas nous l’approprier sur les trois dernières saisons de notre présidence. C’est la réussite d’une stratégie de club basée sur l’amateurisme pur, la qualité de la formation et le bien-vivre ensemble. Et pour poursuivre et développer notre école de rugby de 115 licenciés, nous avons recruté une animatrice brevetée BPJEPS."

Cette continuité est une force du club et elle se matérialise lorsque présidents actuels et anciens, les Pasqualinotto, Merlet ou Lamothe se retrouvent autour d’une table. Ce climat est rassurant et cette sérénité place l’USC dans une situation plutôt confortable avant de monter d’un étage. Yves Roulleau se projette : "D’abord, au terme de notre engagement sur trois ans, je ne nous vois pas, Jean-Marc et moi, laisser le club. Ensuite, la montée ne change pas nos perspectives. Les joueurs qui ont le mérite de s’être battu pour rejoindre la Fédérale 3 doivent jouer à ce niveau. Bien sûr, les portes restent ouvertes parce que le club devient attractif mais on ne changera pas l’effectif. Nous misons beaucoup sur la fidélisation par l’emploi. Il y a encore une voie." L’ex-président Jean-François Lamothe (de 2005 à 2015) trouve "épatants le mélange intergénérationnel et le travail des éducateurs".

Vecteur de lien social

Et sur le terrain aussi, l’USC parvient à séduire grâce au travail du staff composé de Valéry Bouscasse et Patrice Callewaert pour l’équipe une, Benoît Petit et Lionel Zavan pour la formation B, toutes les deux leaders de leur poule. Et pourquoi ne parlerions nous pas des moins de 16 et moins de 19 sans entente et eux aussi, comme les grands, premiers de leur poule. Les seniors du capitaine Lucas Hautier survolent la compétition et leur jeu ne laisse personne indifférent. L’excellent travail physique et les automatismes du groupe lui permettent de produire un rugby très rapide qui compense un déficit de puissance. "Le rugby, c’est du piano à plusieurs", se permet Yves Roulleau. Et la musique produite sous la baguette des coachs est mélodieuse.

C’est une chance car dans cette cité de 3 200 âmes, rurale et fortement dépendante de la viticulture, un effet de communautarisme avéré prend des formes pas toujours faciles à gérer. Le président en convient et se félicite de voir le rugby, comme le handball et d’autres, devenir un vecteur de lien social sur le canton. " Nous proposons du sport vacances et on intervient dans le scolaire. C’est un écosystème bien perçu par la municipalité qui fait par ailleurs un bon travail. Nous sommes dans une spirale positive et vertueuse." Castillon possède un autre atout : ses lycées et sa proximité avec Bordeaux qui retiennent les éléments dans leur club. Bonne route en Fédérale 3 !

Gérard PIFFETEAU
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