• Les joueurs s’occupent comme ils peuvent à domicile. À l’instar de Zack Holmes, Yohan Beheregaray, Anthony Méric, ou Tala Gray.
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  • Système D et communion
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Coronavirus - Covid 19

Système D et communion

CORONAVIRUS - Face à la situation de confinement, les clubs se sont concertés pour adopter des positions voisines, sur la manière de maintenir physiquement et mentalement leurs joueurs en éveil.

Voilà. Depuis lundi et d’ultimes réunions, au sein des clubs et en commission paritaire regroupant les différents corps syndicaux, ce que toutes les structures du rugby professionnel français avaient accepté dans le week-end devenait officiel. "Nous sommes donc en chômage partiel. Durant toute la période de la mise en place de ce dispositif au sein du club, les contrats de travail sont suspendus. En d’autres termes, les joueurs ne sont plus liés par leurs obligations d’entraînement envers le club" résumait l’entraîneur du MHR Xavier Garbajosa pour tous les autres, en début de semaine. Voilà pour la partie administrative désormais claire, nettement tranchée. Les joueurs connaissent depuis lundi leur nouveau statut, pour quelques semaines au moins. Et leur nouveau salaire, revu à la baisse de 16 % et pris en charge, tout ou partie, par l’assurance chômage (voir page 5). Reste l’inconnu, désormais : comment demeurer des sportifs professionnels, avec les droits mais aussi les devoirs que cela impose, quand on est confiné à domicile ?

Une situation nouvelle à appréhender. Où il faut trouver de nouveaux réflexes, de nouvelles routines. "Des conseils spécifiques pour leur maintien en forme peuvent leur être envoyés par les préparateurs physiques, si besoin, poursuit "Garba". Ces conseils sont donc à recevoir comme une prévention des risques liés à la reprise future du rugby. Les joueurs ne sont cependant en rien obligés de s’y tenir, conformément au dispositif mis en place." Plus de lien contractuel, donc, au moins pour plusieurs semaines. Un temps, quelques clubs avaient pensé laisser partir leurs joueurs en confinement avec un GPS, afin de contrôler à distance que le travail de cardio demandé était bien effectué. Ces clubs se sont frottés à l’impossibilité contractuelle. "Ce dispositif de contrôle GPS à distance, on l’a évoqué à Clermont, admet Franck Azéma. Mais on a choisi de ne pas le retenir, sans même connaître son impossibilité légale. On se dit que, s’il y a une fin de saison et que les joueurs veulent la réussir, c’est de leur bon sens de s’entretenir, de profiter de ce confinement pour se faire du bien à la tête et au corps. C’est aussi à eux de se responsabiliser, de ne pas rester à végéter sur le canapé." Garbajosa abonde : "Au-delà de l’aspect juridique, je suis persuadé que la situation ne plaît pas aux joueurs car ils ont l’habitude de s’entraîner tous les jours. Il y a sûrement un manque ! Je suis sûr qu’ils ne restent pas sans rien faire."

Défis lancés sur groupes privés

La question a pourtant taraudé tous les staffs du Top 14. La situation, inédite, impose une adaptation toute particulière face à laquelle ils ont aussi joué de solidarité. Azéma raconte : "Bien sûr qu’on s’est appelés, entre nous. Pas de manière formelle mais dans le lot des entraîneurs, nous sommes tous proches de quelques autres. Assez proches pour s’appeler, et échanger sur la situation et les dispositions à prendre. Par le jeu des réseaux, si vous faites le total des contacts établis entre entraîneurs ces derniers jours, je pense que vous touchez l’intégralité du Top 14." Ce qui explique aussi que tous les clubs du Top 14 aient adopté des dispositions similaires. Ici et là, plutôt que d’imposer une discipline stricte et télésurveillée, c’est par le biais de petits jeux, de challenges lancés sur les réseaux sociaux ou des groupes privés de conversation, que les joueurs et les clubs entretiennent la flamme. Un concours de pompes, dont il faut envoyer aux collègues la preuve filmée. Les meilleures recettes concoctées en cuisine, photos à l’appui. "Même à distance, il faut que le groupe conserve une émulation, que les garçons gardent contact. Il n’est pas question de leur parler de rugby 24 heures sur 24. Juste de les maintenir en éveil, concernés mentalement et physiquement." En attendant la reprise. Dans trois semaines peut-être. Début mai, plus probablement. Ou peut-être jamais, cette saison. "Garba" conclut, piaffant déjà : "Maintenant, on attend le feu vert pour reprendre, patiemment. Ou pas !"

Léo FAURE avec Julien Louis
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