Boxelé : « Il faudra refaire un bilan complet »

  • Marina Carrère d’Encausse et Régis Boxelé, présentateurs du magazine "Enquête de santé"
    Marina Carrère d’Encausse et Régis Boxelé, présentateurs du magazine "Enquête de santé" France TV - Delphine Ghosarossian
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La reprise de l’activité physique intense par les Joueurs soulève des interrogations. Régis Boxelé, médecin du sport à l’Institut Médical du Sport Santé et co-présentateur du journal de la santé fait un point sur la procédure.

Il a filtré des diverses réunions des présidents de club que certains s’interrogent et s’inquiètent pour la santé de leurs joueurs lors de la reprise de l’entraînement. Des questions légitimes puisque le covid-19 n’a pas fini de livrer ses vérités. C’est la première constatation de Régis Boxelé, médecin du sport à l’Institut médical du sport santé à Paris : "Il faut bien avoir à l’esprit que nous en apprenons tous les jours sur le covid-19. À partir de là, il faut se baser sur ce que nous savons déjà. Tout d’abord, au-delà de trois semaines d’arrêt de l’activité cardiaque, on constate une baisse des performances physiques. En reprenant la compétition trop tôt, on s’expose à des blessures qui n’auront rien à voir avec le coronavirus mais à l’absence d’activité pendant trop longtemps."

C’est bien le premier problème des clubs professionnels actuellement car il est difficile pour les joueurs de s’entretenir en restant chez eux, d’autant plus qu’une activité intensive n’est pas non plus préconisée : "Il ne faut pas que le programme actuel soit trop intense, pour ne pas entraîner une baisse des défenses immunitaires et donc une augmentation du risque d’infection au covid-19. Ce serait aussi problématique pour s’en débarrasser en cas d’infection. Il ne faut donc pas dépasser les 80 % de l’effort maximal ou 80 % de la fréquence cardiaque maximale. C’est du préventif pour les pros qui peuvent continuer une activité physique pas trop intense. Mais attention, il ne faut pas dépasser une heure par jour, et il est préférable de faire deux séances de trente minutes tout en s’hydratant bien."

Une reprise sous conditions

Reprendre une activité intense dès la fin du confinement ne paraît pas être la meilleure idée selon Régis Boxelé : "On sait maintenant que l’on peut avoir des formes complètement asymptomatiques, entre guillemets, dormantes, donc ce serait aussi une hérésie de reprendre le sport d’emblée, puisque cela entraînerait un dépassement des 80 % de la fréquence cardiaque sans être en pleine possession de ses moyens physiques. Et si on est porteur sain, on peut continuer de le donner et contaminer alors ses coéquipiers."

La reprise tant attendue par les clubs devra véritablement ressembler à la remise en route qu’ils connaissent d’ordinaire au mois de juillet, bien avant le début des compétitions : "Il faudra refaire un bilan complet, similaire à ceux du début de saison, au niveau cardiaque, au niveau respiratoire au moins pour les gens qui ont été touchés, pour voir s’il n’y a pas de séquelle respiratoire. Il faut pouvoir savoir si on se retrouve avec le même système cardio-respiratoire qu’avant. Si un joueur a connu un épisode totalement asymptomatique, il serait étonnant qu’il ait des séquelles, ou qu’il développe des problèmes cardiaques. Mais on parle de quelqu’un qui n’aurait pas eu de toux, de fièvre ou de déficit respiratoire pendant cette période. A contrario, quelqu’un qui aura eu une simple fièvre ou même une légère toux, probablement qu’il faudra refaire toute la batterie d’examens et s’appesantir encore plus sur les examens respiratoires."

Il faudra alors que les clubs prévoient quelques jours de travail avec le staff médical avant que les joueurs ne retrouvent le terrain pour des séances intensives. Un principe de précaution qu’il serait impensable de galvauder après le confinement.

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