Les clubs français se sont trouvé des alliés contre la réforme des calendriers

  • Paul Goze, président de la Ligue Nationale de Rugby est de plus en plus inquiet pour l’avenir du rugby professionnel français. Photo Icon Sport
    Paul Goze, président de la Ligue Nationale de Rugby est de plus en plus inquiet pour l’avenir du rugby professionnel français. Photo Icon Sport
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Les réformes entamées par World Rugby au sujet du calendrier international ont du mal à passer du côté des clubs français... guerres de clans Avec la fédération irlandaise, la ligue anglaise et le syndicat des joueurs internationaux, les clubs français se sont trouvés des alliés de poids afin de contrer la révolution du calendrier souhaitée par les nations du sud.

Si le communiqué de presse quelque peu sirupeux de World Rugby, paru lundi soir au terme de l’une des réunions les plus importantes de ces dix dernières années, avait donné l’image d’un sommet relativement apaisé autour de la réforme du calendrier international, le débriefing de Paul Goze aux présidents de clubs, survenu mercredi soir, a beaucoup détonné avec la mélopée de l’instance internationale. Face à ses pairs, le patron de la Ligue a donc déploré que les clubs français aient été placés d’autorité dans une situation bancale : ainsi, la fenêtre des tests d’automne, initialement étalée sur trois semaines, devrait donc être cette année étendue (lire ci-contre) à sept week-ends, un format impactant de façon colossale des calendriers de Top 14 et Pro D2 qui seront divulgués lors du comité directeur du 25 juin prochain (les oppositions devraient être connues mi juillet).

Mercredi soir, Paul Goze a regretté lors de la traditionnelle réunion des présidents, que cet élargissement soudain et subi de la fenêtre internationale "ne menace la convention collective" récemment signée entre Ligue et cédé, une décision unilatérale rendant caduque les accords sur la mise à disposition des internationaux français par les clubs professionnels. De là à dire que la réunion entre Bernard Laporte et Paul Goze, prévue en début de semaine prochaine, s’annonce brûlante, il n’y a qu’un pas…

 

Le 7 juillet, la Ligue préparera une contre-offensive

Le calendrier international de l’automne 2020 est une chose, celui des trente prochaines années, qui changerait à n’en pas douter le visage du Top 14 tel qu’on le connaît aujourd’hui, en est une autre. "Certaines fédérations sont dans la précipitation, a expliqué Paul Goze. Elles ne veulent pas attendre la Coupe du monde 2023 avant de chambouler le calendrier. À ce titre, nous ne voulons pas être dans l’opposition systématique. Nous ne voulons pas dramatiser. Mais ce sujet est extrêmement grave pour nous". Pour être clair, les projets de World Rugby et des fédérations de l’hémisphère sud offriraient moins de dates aux coupes d’Europe et aux championnats domestiques, lesquels débuteraient en janvier pour terminer aux prémices de l’automne.

Afin de contrer ce projet, les ligues anglaise et française comptent de précieux alliés (la fédération irlandaise, le syndicat des joueurs internationaux…) et ont soumis lundi une contre-proposition préservant leurs modèles structurels et économiques. Verdict ? "Notre projet n’a suscité ni enthousiasme ni critiques, expliquait Paul Goze mercredi soir. Les fédérations ont écouté poliment, même si je crois que l’on m’a parfois coupé le micro…"

Malgré tout, Goze a insisté sur le fait que les volontés de World Rugby étaient "quelque chose d’extrêmement dangereux" pour le rugby pro français. Et de poursuivre : "Certaines fédérations n’ont aucune idée de ce qu’est le rugby de club. Lundi, certains parlaient même d’ajouter deux matchs de préparation aux huit déjà prévus à l’automne, pour un total de dix matchs internationaux ! Inutile de vous dire que nous sommes à des années-lumière de cette position." Le 7 juillet prochain, à Toulouse, Paul Goze réunira les trente présidents du rugby professionnel afin de réfléchir à l’attitude à adopter vis-à-vis des changements que ne manqueront pas de lancer, le 30 juin, les dirigeants de World Rugby. "C’est l’avenir du rugby professionnel français qui est en jeu", a conclu Goze.

Face à la fronde, l’harmonisation des calendriers Nord/Sud pourrait avoir du plomb dans l’aile. Rien ne dit que World Rugby se contente finalement d’une fenêtre élargie en octobre-novembre, laissant au rugby des clubs la possibilité de jouer comme aujourd’hui, d’août à juin...

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relance47 Il y a 24 jours Le 19/06/2020 à 17:46

Déjà qu'il y a beaucoup de difficultés à collaborer entre fédération et Ligue, pour ne pas dire intérêts très divergents et combat de coq... Bref, comment imaginer une coopération internationale sur "des roulettes" sur les mêmes sujets qui divise le clan français?
Ils sont pas près de sortir le cul de Mamy des orties même s'il est évident que ça commence à piquer sérieusement.