Rouen, pionnier écologique

  • Les joueurs de Rouen en train de décharger des cargaisons de bouchons à recycler, dans le cadre de l’opération menée avec l’association "Bouchons 276".
    Les joueurs de Rouen en train de décharger des cargaisons de bouchons à recycler, dans le cadre de l’opération menée avec l’association "Bouchons 276".
  • Rouen, pionnier écologique
    Rouen, pionnier écologique
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Dès 2018, le club normand s’est lancé le défi d’équilibrer le bilan carbone de tous ses déplacements routiers. Pari tenu. Chaque année, le RNR finance ainsi la plantation de milliers d’arbres. Et son engagement ne s’arrête pas là…

Quand il se lançait dans l’aventure, en 2018, le Rouen Normandie Rugby se revendiquait comme « le premier club sportif de France neutre en carbone". Deux ans plus tard, l’assertion semble toujours se vérifier. « Nous tenons à jour une petite veille et, de ce que nous constatons, nous sommes toujours le seul club pro en France à avoir cette démarche » s’avance Éric Leroy, coprésident. Cette démarche, quelle est-elle ? « L’intégralité des émissions de CO2 liées aux déplacements de nos joueurs et supporters en train, bus ou voiture est compensée avec Reforest’Action », promettait à l’origine Jean-Louis Louvel, « l’autre » président. « Notre démarche englobe le transport de toutes les équipes, des pros jusqu’aux débutants. Cela permet notamment de sensibiliser les jeunes au développement durable. »

3 000 arbres plantés en 2019

Le choix de la thématique et de l’association Reforest’Action ne doit rien au hasard. Louvel, entrepreneur normand à succès, a fait sa fortune en fondant l’entreprise PGS (comprenez Palettes Gestion Services), spécialisée dans les palettes de manutention. « Avec Jean-Louis (Louvel, N.D.L.R.) nous sommes tous les deux issus de la filière professionnelle du bois. Le sujet des forêts nous touche personnellement » confirme Éric Leroy.

Chaque fin de saison, le club normand fait donc son bilan carbone. « Un savant calcul qui s’effectue grâce à une matrice. Elle nous donne le bilan global des émissions liées aux déplacements de l’ensemble du club sur la saison. Pour la première fois, cette saison, nous allons aussi prendre en considération les déplacements de nos adversaires. Le bilan de leurs émissions sera ajouté à notre total. Et nous replanterons des arbres en conséquence. » En 2018, ce sont ainsi 700 arbres qui avaient été plantés à Acquigny (Eure). En 2019 ? « Environ 3 000 arbres, pour compenser nos centaines de tonnes de CO2 émises » précise Éric Leroy. Et si le total devrait être inférieur cette année, en raison de la saison écourtée, plus de 2 000 arbres devraient encore être mis en terre dans la région normande.

Démarche citoyenne… Et bientôt marketing ?

La démarche ne s’arrête pas là. Depuis deux ans, Rouen a pris l’engagement de véhiculer ses équipes uniquement avec des autocars certifiés Euro6, le grade le plus contraignant en termes de limitation des pollutions émises. Chaque mois, les joueurs aident aussi au chargement de cargaisons de bouchons à recycler. Une action entreprise au contact de l’association « Bouchons 276". Éric Leroy explique : « L’idée est de faire contribuer l’équipe à la filière de recyclage de ces bouchons. À terme, les bénéfices sont reversés en faveur des personnes à mobilité réduite. Les fonds récoltés servent à financer, par exemple, des fauteuils roulants. » Autant d’actions que le Rouen Normandie Rugbu finance à ses frais (entre 15 000 et 20 000 €, l’an dernier, pour la reforestation). Le club espère en retirer une attraction nouvelle. Éric Leroy conclut : « La démarche est avant tout citoyenne, sociétale et nous en assumons l’investissement. Mais la thématique est aussi très porteuse, dans l’air du temps. À terme, on ne désespère pas que des partenaires s’intéressent à ces actions et souhaitent y associer leurs marques. »

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