Le rugby et ses méthodes

  • Antoine Dupont (France), face à l'Ecosse lors du Tournoi des 6 nations.
    Antoine Dupont (France), face à l'Ecosse lors du Tournoi des 6 nations. PA Images / Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Pour ou contre. Ici ou là. Avec ou sans moi. Vous l’aurez bien remarqué, dans notre petit monde du rugby, personne n’est jamais neutre. Au contraire. Chez nous, il est un art de prendre position, quitte à changer de camp à la mi-temps. à bien y regarder, même s’il se pique d’être au-dessus de la mêlée politique, notre sport en possède tous les codes. Au café du commerce comme à la tribune ou au cœur des institutions, il faut s’engager. Appartenir à un clan. La "famille" manie l’art de la discorde, opposée selon les chapelles, courants de pensée, luttes d’intérêts et autres jeux de pouvoirs. Tout cela fait évidemment notre charme : quand le chauvinisme est sportif, accroché à l’esprit de clocher qui nous fait basculer vers un maillot plutôt qu’un autre. Tout cela fait hélas notre faiblesse quand sorti des choses du terrain, le trait est tellement grossi qu’il devient caricatural.

Pourquoi donc vous parler de ça alors que le rugby français, entre Ligue et Fédé, semble aujourd’hui s’offrir un consensus autour des calendriers (du Top 14 et de l’équipe de France), au moins pour les mois à venir ? Tout bonnement parce que ces traits sont devenus de fractures au prix des luttes de pouvoir. Surtout parce que les élections à venir, d’abord fédérales puis à la LNR, ont sensiblement crispé les rapports. Et que de toutes parts, depuis des semaines, on compte les points au gré des articles qui paraissent dans ce journal. Des noms ? Pas la peine, tout le monde est concerné.

Chaque camp veut y être, tente parfois d’imposer son calendrier ou demande la Une comme on rêve de décrocher la lune. Chacun râle quand c’est l’autre qui prend la parole. Chacun dénonce enfin les manipulations adverses, persuadé que nous cédons à la pression. Fantasmes. Mais c’est le jeu, évidemment. Et personne n’est dupe.

Au cœur du système, sans religion ni mécène, Midi Olympique est finalement le témoin de cette culture du bipartisme. Né à Toulouse, le journal est ainsi historiquement taxé d’être pro-Stadiste par les adversaires des Rouge et Noir. Ailleurs, on le dit "gaga" de Toulon. Ici supporter de Clermont, du BO (et le lendemain de Bayonne) ou là-bas du Stade français… J’arrête là mais vous pouvez faire le tour de France des chauvins et partout vous trouverez la même rengaine, la même caricature.

Sur la forme, Midol se félicite de ne laisser personne indifférent. Au fond des choses, il s’enorgueillit d’être indépendant et de donner la parole à tout le monde. Cela ne changera pas. Ce journal continuera de vous donner à penser, manière de mieux comprendre tout ce qui fait la richesse du rugby. Ses histoires, d’hier et d’aujourd’hui ; son jeu, sur le terrain ; ses dossiers, en dehors.

Assez indépendant pour continuer à croire que ces querelles de personnes, à tous les niveaux, nous figent dans le passé quand notre sport mériterait une concorde, une politique et une vision d’avenir.

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