Lyon-Racing 92 : Pas de temps à perdre

  • Après deux années de prêt à Agen, le jeune ouvreur Léo Berdeu se veut ambitieux pour son retour dans les rangs du Lou. Photo Twitter Lou Après deux années de prêt à Agen, le jeune ouvreur Léo Berdeu se veut ambitieux pour son retour dans les rangs du Lou. Photo Twitter Lou
    Après deux années de prêt à Agen, le jeune ouvreur Léo Berdeu se veut ambitieux pour son retour dans les rangs du Lou. Photo Twitter Lou
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De retour au LOU après deux saisons en prêt à Agen, le natif de Cannes, Léo Berdeu, revient à Lyon avec beaucoup plus d'expérience et l'envie d'avoir un vrai rôle dans cette équipe. En face, c’est bien conscients qu’ils n’ont pas de temps à perdre que les Racingmen se présenteront sur la pelouse de Rajon, quand bien même la star du recrutement Kurtley Beale ne sera pas alignée.

De son propre aveu, Léo Berdeu ne s’attendait pas à jouer autant sous les couleurs agenaises lorsqu’il a rejoint le Lot-et-Garonne à l’été 2018, lui qui n’affichait qu’une seule feuille de match avec les pros du Lou… Pourtant, deux ans plus tard et après avoir disputé 44 rencontres de Top 14 et de Challenge européen avec le SUA, ce n’est plus le même joueur qui revient dans le Rhône. Âgé de 22 ans, celui qui a débuté le rugby à Grasse a fait preuve de maturité avec Agen et ce prêt a tout d’un accord gagnant-gagnant, aussi bien pour les deux clubs que le joueur. « J’ai gagné en expérience. Le fait d’avoir joué deux saisons pleines, pour un jeune de 20 ans, c’est tout bénéfique. Tu commences à avoir moins d’appréhension de l’adversaire, du physique. Pour un mec comme moi qui aime défendre et plaquer, tu t’épanouis davantage. À force tu es à l’aise et tu ne te poses plus de questions sur le terrain pour faire le nécessaire pour amener l’équipe vers la victoire », confie le joueur au moment de retrouver un groupe qu’il a pris plaisir à voir évoluer lors des deux derniers exercices. Resté proche du pilier Kévin Yameogo (qui fait quant à lui le chemin inverse et évoluera en prêt à Agen), il réintègre une équipe dans laquelle il compte cette fois bien s’imposer. Comme une suite logique. Aujourd’hui, il le reconnaît : « C’est totalement différent ! Il y a deux ans, j’étais encore un petit jeune qui s’entraînait avec eux et qui essayait de faire ses preuves mais c’était compliqué. Là, j’ai l’impression que l’on m’estime un peu plus. Je prends un peu plus part au jeu et à la tactique mise en place par le staff. C’est intéressant » et c’est une preuve du rôle que devrait jouer l’ancien pensionnaire du centre de formation du RC Toulon.

Sous l'aile de Jonathan Wisniewski

Avec du recul, le fils de l’ancien Tarbais éric Berdeu estime avoir progressé dans plusieurs domaines comme le jeu au pied. « J’ai été beaucoup épaulé par Jérôme Miquel à Agen. Au fur et à mesure, j’étais un peu plus confiant lors de mes tirs au but et lors de mes jeux au pied courant. Naturellement quand tu es plus à l’aise, tu es moins en échec mais j’ai encore beaucoup de choses à travailler. » Notamment aux côtés de Jonathan Wisniewski qui part dans une position de titulaire à l’ouverture pour ce qui devrait être sa dernière saison professionnelle, même si Léo Berdeu et Pato Fernandez pousseront pour gratter du temps de jeu. Berdeu compte apprendre de son aîné : « J’ai beaucoup discuté avec « John » de mes tirs au but car c’est un point que je dois encore beaucoup travailler. Il m’a vite apporté quelque chose de différent et il sera là pour nous aider à progresser avec Pato. On discute beaucoup de la tactique et avec son expérience, il nous dit quels seront les points clés. » Le premier match amical de ce vendredi face au Racing doit donc apporter des réponses sur la philosophie lyonnaise de cette nouvelle saison. D’autant que « l’on a trois caractères et trois styles de jeu différents. Cela peut être une force pour l’équipe en fonction des adversaires », insiste Léo Berdeu qui ne se met aucune pression. « J’ai hâte de relever le défi ! »

Déjà l’Europe en tête

Gonflés à bloc par une semaine de stage au bon air de Courchevel, les Racingmen descendront avec une impatience non dissimulée dans la vallée pour leur premier rendez-vous de la saison. « Ça fait du bien au moral de voir, sur le planning hebdomadaire, une case « match » sourit le flanker Baptiste Chouzenoux. On va essayer d’être le plus propre possible mais l’intérêt, aujourd’hui, c’est de reprendre. » Et pour cela, les Franciliens se présenteront dans une condition optimale, fruit d’une préparation physique plutôt bien gérée. « On ne déplore aucun blessé pour le moment, tout le monde est disponible, savoure le manager Laurent Travers. Même si ça ne veut pas dire que tout le monde jouera. » D’abord parce que le format de deux fois 45 minutes convenu par les managers ne permettra décemment pas d’évaluer plus qu’une grosse trentaine de joueurs. Mais surtout parce que les états de forme s’avèrent encore disparates, notamment celui des recrues australiennes Luke Jones et Kurtley Beale, qui ne seront pas alignées contre Lyon à Bourgoin et ne devraient effectuer leurs débuts sous les couleurs ciel et blanches que la semaine prochaine contre Brive.

Quatre matchs pour préparer le quart

Quant aux enjeux de ce match amical ? Ils seront tout relatifs, à l’évidence. Reste que Laurent Travers attendra forcément un contenu minimum, sachant qu’au contraire des Lyonnais ses troupes disputeront un rendez-vous capital dans un petit mois à peine, à savoir un quart de finale de Champions Cup face à Clermont. « On arrivera sur ce quart de finale avec deux matchs amicaux et deux matchs de championnat dans les jambes, nuance Travers. Donc, d’ici là, tout va compter. » De quoi craindre un manque de rythme par rapport aux clubs anglais (Saracens, Exeter, Northampton) ou irlandais (Leinster, Ulster) qui ont repris la compétition plus tôt que les Français ? « On aura quand même deux matchs de compétition dans les jambes, c’est toujours mieux que d’attaquer directement par la Coupe d’Europe comme cela avait été évoqué dans un premier temps, philosophe Travers. D’ailleurs, comme on affronte une équipe française en quarts, on sera sur un pied d’égalité car elle n’aura pas repris la compétition avant nous. Et si on parvient à se qualifier en demi-finale, il s’agira de notre sixième match de la saison… Donc en termes de rythme, ça aurait pu être pire. » Reste que les Ciel et Blanc n’ont malgré tout pas de temps à perdre et qu’à ce titre, leur première sortie de la saison sera scrutée de très près…

Julien Plazanet et Nicolas Zanardi
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