Les joueurs sont-ils irresponsables ?

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Placés en première ligne face au virus, les joueurs sont aussi accusés de faire preuve de légèreté et d’accélérer sa propagation. Mais une fois encore, les apparences peuvent être trompeuses. Midi olympique ouvre le débat.

Le rugby n’a jamais été dans un tel flou. Alors que l’on se faisait une joie de savoir que notre jeu allait reprendre ses droits, qu’on allait revivre notre passion, le Covid-19 a, comme on pouvait s’y attendre, refait son apparition dans nos quotidiens. Et la fête de la reprise en fanfare a viré en indicible cacophonie dans laquelle on parle de tests PCR, de cas contact ou d’asymptomatique… Et où chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. Jour après jour, semaine après semaine, les matchs amicaux tombent comme des mouches. Ils sont déplacés voire tout simplement annulés à mesure que les clubs révèlent la présence de cas dans leurs effectifs. Pour se prémunir, les instances et les clubs ont multiplié les protocoles sanitaires, lesquels sont scrupuleusement respectés au sein des clubs. Au sein des clubs, oui. Mais en dehors ? La question se pose. Et d’autant plus depuis la flambée des cas de Covid-19 au Stade français où, à un moment donné, seule une petite poignée de joueurs n’étaient pas infectés. Le bien-fondé du stage à Nice avait été pointé du doigt par la commission médicale de la Ligue, mais selon le propre aveu de Thomas Lombard dans une interview parue dans nos colonnes, il apparaît que la contamination a été antérieure au stage, quand les joueurs n’étaient pas encore avec leur club : "Nous sommes partis à Nice le 29 juillet. Deux jours avant, le lundi 27 pour être précis, 100 % du groupe de joueurs et du staff ont été testés et les résultats étaient tous négatifs. L’hypothèse la plus probable est qu’un ou plusieurs joueurs ont été infectés, le samedi ou le dimanche précédent. Or, en raison du temps de latence inhérent à l’infection de ce virus, il(s) ne pouvait pas être détecté lors du test et que celui-ci s’est propagé au sein du groupe durant le stage. Et c’est lors du test hebdomadaire suivant que l’on a commencé à avoir des joueurs positifs aux tests. Ne pas aller à Nice n’aurait rien changé."

Le pouvoir des images

L’argument du dirigeant parisien s’entend et tient. Mais de l’autre côté, on voit partout sur les réseaux sociaux des joueurs s’afficher en groupe, dans des lieux publics ou privés littéralement bondés sans le moindre masque. Là encore, il faut de la mesure et du discernement. Car l’immédiateté et le pouvoir de l’image peuvent être parfois trompeurs. Et encore une fois, la transmission de ce virus ne cesse de surprendre, de jour et jour. Le deuxième ligne Thibault Lassalle, qui évolue pourtant à Oyonnax, soit un lieu plutôt loin des foules de touristes massées sur la Côte d’Azur et où les tentations sont "rares" n’en revient toujours pas que le seul cas de Covid identifié au sein de l’effectif d’Oyonnax Rugby concerne un joueur unanimement reconnu pour son sérieux et son professionnalisme. Même le manager de l’UBB Christophe Urios, que la crise au Stade français concerne pourtant directement puisqu’il devait affronter les Parisiens pour le compte de la première journée se voulait mesuré : "Il faut faire preuve d’une grande humilité face à ce virus car personne n’est à l’abri. La semaine dernière nous n’avions pas le moindre cas. Mais depuis, nous avons voyagé, avons joué contre Biarritz, avons croisé des gens. Rien ne dit que demain, nous n’aurons pas deux cas…" Le boss de l’UBB peut finalement souffler. À la veille de son match amical contre Clermont, il ne comptait aucun cas. Mais cela montre à quel point il est difficile de porter un jugement sur la question. Ceux qui sont favorables à un reconfinement total des joueurs au motif de la conscience professionnelle ne s’accorderont forcément pas avec les défenseurs des libertés individuelles. Même sur notre site Rugbyrama.fr, les suffrages sont très serrés. Alors tout cela valait bien deux pages pour permettre à tous les acteurs de s’exprimer…

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