Brive - Racing 92 : En quête de précision

  • Yoan Tanga-Mangene, très à son avantage contre Brive, a inscrit un essai après avoir résisté à Enzo Hervé et Peet Marais. Photo Emilie Coutheillas
    Yoan Tanga-Mangene, très à son avantage contre Brive, a inscrit un essai après avoir résisté à Enzo Hervé et Peet Marais. Photo Emilie Coutheillas
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Racing 92 Impérial en conquête et plus puissant devant, le club francilien n’a eu aucun mal à s’imposer en Corrèze. Mais il va vite devoir régler son jeu de ligne s’il veut être au rendez-vous.

Laurent Travers l’avait dit et répété durant la semaine : il voulait voir des progrès dans le jeu de son équipe qui, la semaine précédente, avait affronté Lyon. Le technicien a-t-il eu ses progrès escomptés ? Pas vraiment, au vu de son agacement là l’issue de la victoire contre Brive : "Il n’y en a pas eu, non. Il y en a eu un peu sur le contenu de la première mi-temps, car nous pouvons y trouver quelques points de satisfactions, mais ce n’est pas le cas sur la deuxième mi-temps. Certes, les conditions météo se sont dégradées mais ce n’est pas une excuse, on doit pouvoir s’adapter. Nous aurions dû être capables de jouer différemment mais nous n’avons pas su le faire, sans compter que nous avons été encore très indisciplinés. Ce match est donc positif par rapport à la victoire, mais si l’on se concentre sur le contenu celui-ci est très moyen."

Voilà qui a le mérite d’être clair. Le manager francilien n’est pas près de desserrer la mâchoire. À moins d’évoquer avec lui ce qui a fonctionné en première mi-temps : "Nous avons été capables d’enchaîner les temps de jeu, notre paquet d’avants a été dominateur, et nous avons eu une conquête positive, ainsi que le contre en touche. Mais après, je sens que l’on en a encore sous le pied et que l’on ne parvient pas encore à se libérer totalement. Ceci est lié au fait que nous n’avons pas encore réussi à trouver nos automatismes."

En bon manager de Top 14, Laurent Travers est toujours plus enclin à voir le verre à moitié vide. Et l’on s’accordera avec lui pour dire que le jeu de ligne des Racingmen est encore loin d’être rôdé. Vendredi soir, les deux premiers attaquants franciliens (l’ouvreur Antoine Gibert et le capitaine Heny Chavancy) n’étaient pas dans un grand soir. Mais derrière eux, les Vakatawa, Taofifenua et Laborde ont montré qu’ils étaient déjà en grande forme.

Iribaren : "Kurtley ? Comme un poisson dans l’eau"

Les Racingmen s’en sont ainsi remis à la puissance de leur pack pour s’imposer en Corrèze sans jamais vraiment forcer leur talent. Symbole de cette puissance, le numéro huit Yoan Tanga-Mangene envoya deux défenseurs brivistes dans le décor (l’ouvreur Enzo Hervé et le deuxième ligne Peet Marais) pour marquer seul sous les poteaux. On vit aussi quelques très beaux ballons portés, dont un qui permit à Camille Chat de marquer un essai. Citons enfin ce redoutable contre en touche, qui a posé maints problèmes au talonneur briviste Florian Dufour : "C’est l’un des meilleurs contres du championnat, quand j’arrivais à lober leur premier sauteur il y en avait toujours un derrière pour sauter devant mon coéquipier", rageait le Briviste.

Vous l’aurez compris, le principal axe de travail des Franciliens porte sur leur attaque : "On veut être plus précis dans notre système de jeu, abondait le demi de mêlée Teddy Iribaren. Nous n’avons pas été assez en place. Le plus gros chantier, il est offensif. De nos jours, c’est l’équipe qui possède le plus le ballon qui gagne. On doit travailler là-dessus" Un chantier dans lequel l’international australien Kurtley Beale, qui a disputé son premier quart d’heure de jeu en Top 14, devrait apporter sa pierre. Car selon Iribaren, il s’est parfaitement fondu dans le collectif : "Kurtley ? Comme un poisson dans l’eau. Nous avons eu la chance d’être en stage, donc en vase clos toute la semaine donc l’intégration s’est très bien faite. Kurtley et les autres se sont très bien intégrés."

Touche coulée

 

Perdre une touche sur son propre lancer, c’est agaçant. En perdre deux, c’est rageant. Et en perdre dix, ça fait quoi à votre avis ? Allez poser la question aux avants brivistes, qui ont connu ce funeste sort vendredi soir sur leur pelouse d’Amédée-Domenech. Dix possessions : c’est énorme dans le rugby moderne, et surtout fatal. Et d’autant plus quand sur ces dix lancers, une bonne poignée se situe dans les zones de marque, à cinq mètres de la ligne : "Nous avons été trop imprécis dans les zones de marque et en touche, grinçait le manager briviste Jeremy Davidson. Pour le seul secteur de la touche, nous manquons un essai à notre portée et nous en encaissons deux sur ballons portés. Sans compter un dernier où l’on dort, à cinq mètres de notre ligne, au moment où l’adversaire décide de jouer rapidement une pénalité. À la sortie, cela fait quatre essais qui étaient évitables."

Certes… mais tout de même. S’ils connaissent pareille faillite sur leurs lancers la semaine prochaine face à Bayonne, les Basques pourraient bien faire d’emblée une belle opération dans leur mission du maintien ! Voilà pourquoi le talonneur Florian Dufour préférait faire son mea-culpa, et retourner le plus vite possible au travail : "Personnellement, je n’ai pas été assez précis. Je ne vais pas remettre la faute sur quelqu’un car je sais que je dois mieux faire. Et ensuite, c’est le Racing 92, qui possède l’un des meilleurs contres du championnat, quand j’arrivais à lober leur premier sauteur il y en avait toujours un derrière pour sauter devant mon coéquipier."

Davidson : "c’était un vrai match de championnat"

La semaine corrézienne s’annonce donc studieuse, mais pas houleuse. Car à leur décharge, il faut accorder aux Brivistes qu’ils disputaient leur premier match face à une opposition de ce calibre, une semaine après avoir affronté Valence-Romans, qui était en bien mauvaise posture pour le maintien au moment où les championnats furent arrêtés. "Aujourd’hui, c’était un vrai match de championnat, face à des internationaux. Certes, nous avons commis des erreurs mais au moins nous savons ce que nous avons à travailler."

À l’issue du match, l’arrière Thomas Laranjeira préférait retenir le positif : "Nous avons une équipe jeune, qui travaille dur pour atteindre le meilleur niveau possible. Nous sommes encore en préparation, avec beaucoup de turnovers et c’est une situation bien différente d’une semaine de match où 23 joueurs sont pleinement concentrés sur la rencontre qui arrive. Cela permettra de gommer ces approximations que l’on a vues ce soir. Il n’y a pas de raison pour que l’on ne retrouve pas le niveau que nous avions affiché lors de notre dernier match de championnat, face à Lyon (victoire 30 à 16)" Et c’est bien tout le mal qu’on leur souhaite…

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Simon VALZER
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