Clermont sauvé des eaux

  • Kotaro MATSUSHIMA (Clermont).
    Kotaro MATSUSHIMA (Clermont). Icon Sport / Icon Sport
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Sifflés par leur public après avoir réussi « l’exploit » de concéder un 25-0 à 15 contre 13 en deuxième période, les Auvergnats n’ont dû qu’à un exploit personnel de Moala de ne pas subir la défaite la plus honteuse de l’histoire du Top 14. Preuve d’un équilibre des plus fragiles, à deux semaines d’un quart de finale de Champions Cup.

Ils ne l’avouaient pas, les Auvergnats. Mais les coéquipiers de Franck Azéma savaient bien, au plus profond d’eux-mêmes, qu’ils évoluaient sans filet pour cette réception du Stade toulousain. Sans filet, mais surtout sans certitude, l’unique « vrai » match amical des Jaunards s’étant soldé par un large revers (27-13) face à l’UBB. « Dans le jeu, on ne peut pas dire que nous ayons été à la rue ce jour-là, nous avouait dans la semaine le demi de mêlée Sébastien Bézy. Nous avons même réussi des séquences de jeu plutôt abouti, en tenant le ballon 90 % du temps en première période. Seulement, nous nous étions montrés totalement inefficaces. »
Et ce manque de réalisme, ce n’était malheureusement pas la gentillette opposition interne « jaunes contre bleus », davantage destinée à épater le préfet du Puy-de-Dôme quant à la sagesse de la Yellow Army, qui avait permis de le soigner…
Le hic ? Il est que, malgré une volonté évidente de bien faire, leur début de match ne rassura malheureusement pas les Jaunards. Car si Lopez avait bien converti par des pénalités les deux premières occasions des siens, difficile d’oublier que la première immense percée de Mastushima (raffûtant sur le coup Ahki et Ntamack) n’avait accouché que d’une souris pour un oubli coupable sur Fofana, tandis qu’une pénalité rapidement jouée par Bézy aurait dû connaître un bien meilleur sort, seule une maladresse de Lopez l’empêchant de servir le bulldozer Moala, idéalement placé… Et ce qui devait arriver arriva, ce même Lopez se voyant bêtement contré par Cros, tandis que Matsushima cédait sa place sur la même action. Le début d’une soirée cauchemar, se disait-on…

Agressivité à mi-temps

Eh bien, on n’imaginait pas vraiment à quel point ! Parce que les Auvergnats, jusqu’alors secoués sur certains impacts, surent se remobiliser là où le rugby a toujours commencé : devant, dans la fournaise des rucks et surtout sur leurs ballons portés, jusqu’à pousser à la faute les Toulousains (essai de pénalité assorti d’un carton jaune contre Marchand). Intrinsèquement moins puissants peut-être mais mieux organisés, les avants auvergnats surent même imposer après une mêlée à 5 mètres une épreuve de force suffisamment intense pour ouvrir un intervalle gagnant à Lopez, et conduire Tekori à dégoupiller (peut-être non sans raison…). Quoi qu’il en soit, les Auvergnats ne devaient à personne leurs belles dispositions dans l’agressivité, lesquelles furent confirmées juste avant la pause par une énorme séquence de défense sur leurs propres cinq mètres à quelques encablures de la mi-temps, bonifiée par une poussée gagnante sur la mêlée suivante. Assez pour atteindre la pause à 20-5, pensait-on ? Pas les Auvergnats, qui utilisaient leur dernier lancer aux cinquante mètres pour mettre une nouvelle fois à mal leurs adversaires sur un maul conquérant, balayant sur dix mètres les dernières illusions toulousaines. La botte de Lopez aidant, à 23-5 à la pause, la messe semblait évidemment dite…

George Moala en sauveur

Du moins, le pensait-on ! Parce qu’à partir du deuxième carton rouge concédé par les Toulousains, la rencontre bascula dans l’irréel. Mal aiguillés par un coaching précoce et franchement à côté de leurs pompes, les Jaunards réussirent alors la gageure de concéder un 25-0 en double supériorité numérique, leurs avants se muant instantanément de lions en agneaux. Seul un exploit du All Black de service, à savoir le surpuissant George Moala, ainsi qu’un recours à la vidéo plus que litigieux refusant son essai à Romain Ntamack permettant aux Auvergnats de sauver l’honneur et s’éviter une défaite aussi ridicule qu’infâmante. Le signe d’une fragilité mentale patente, pas vraiment du meilleur aloi. Car en ces temps où l’ASM se cherchait des certitudes avant son quart de finale de Champions Cup face au Racing, pas sûr que ce scenario en ait apporté beaucoup auxquelles se raccrocher...

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