La France tient-elle son grand 10 ?

  • 8th March 2020; Murrayfield Stadium, Edinburgh, Scotland; International Six Nations Rugby, Scotland versus France; Romain Ntamack of France misses a penalty kick 

Photo by Icon Sport - Romain NTAMACK - Hampden Park - Glasgow (Ecosse)
    8th March 2020; Murrayfield Stadium, Edinburgh, Scotland; International Six Nations Rugby, Scotland versus France; Romain Ntamack of France misses a penalty kick Photo by Icon Sport - Romain NTAMACK - Hampden Park - Glasgow (Ecosse) Actionplus / Icon Sport / Actionplus / Icon Sport / Actionplus / Icon Sport
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Pour avoir installé Romain Ntamack au poste d’ouvreur depuis sa prise de fonction, entre la Coupe du monde 2019 et le Tournoi 2020, Fabien Galthié semble avoir installé une hiérarchie claire en vue de 2023. Reste que dans le rugby français, la gestion du poste de 10 n’est jamais si simple…

S’il est bien une constante dans laquelle baigne le rugby français depuis de trop longues années, c’est bien dans la quête de son "Grandisse" qu’aiment à railler les réseaux sociaux. À savoir un joueur qui, à l’exemple de Jonny Wilkinson ou dans Carter, serait capable de régler toute la concurrence sur une dizaine d’années et d’emmener le XV de France sur le toit du monde. Pour la Coupe du monde 2023, par exemple…

Pourquoi le XV de France n’y est-il jamais parvenu jusque-là ? Oh, les raisons sont multiples. La plus évidente revenant à dire que les plus beaux talents français ont eu du mal à éclore ces dernières années, alors que la course à l’armement faisait rage et que tous les résidents de Top 14 se faisaient fort de recruter leur ouvreur international à prix d’or, pour gagner des titres. On en passe et des meilleurs, entre les Wilkinson, Carter, etc.

L’illusion du joueur parfait

Mais cette explication se suffit-elle ? Évidemment non. Car du talent, les ouvreurs français en ont toujours eu, à l’image d’un Lionel Beauxis principal artisan du titre mondial des U21 en 2001, sans oublier les Michalak, Trinh-Duc, Plisson, Lopez, et on en passe évidemment. Le truc ? Il est que ces derniers n’ont jamais réussi à évoluer dans la continuité. Soit par la fatalité des blessures (à qui le rythme effréné du Top 14 et de la Coupe d’Europe doit beaucoup, essorant les joueurs en permanence jusqu’à leur point de rupture), soit par le jeu des critiques. Le rugby français ayant tendance à faire reposer toutes les failles de son équipe sur le seul numéro 10, dont on peine à admettre qu’il puisse avoir des défauts… "Pour des raisons que je ne m’explique pas, on "bade" toujours en France un joueur capable de faire des exploits individuels, plutôt qu’un autre susceptible de tenir une stratégie et de faire jouer les autres, nous confiait durant l’été le demi d’ouverture de Lyon Jonathan Wisniewski. Prenez George Ford : il a bientôt 70 sélections avec l’Angleterre et je suis persuadé que chez nous, on l’aurait jeté au bout d’une ou deux capes en disant qu’il ne tape pas assez fort dans le ballon, qu’il ne plaque pas assez dur, ou que sais-je… Pourtant, Eddie Jones lui a fait confiance, parce qu’il sait qu’avec lui ses consignes et ses systèmes seront respectés. Le problème, chez nous, c’est qu’on veut que l’ouvreur plaque comme Chabal, gratte comme Dusautoir, crochète comme Kolbe… Les autres pays ne se posent pas ce genre de question. Ils misent d’abord sur un système maîtrisé par tout le monde, où l’ouvreur joue le rôle de chef d’orchestre. Mais on commence enfin à y venir, avec un système mieux établi et Romain Ntamack qu’on cherche à installer sur la durée."

Le hic, en l’espèce, étant que Romain Ntamack peine paradoxalement à s’imposer à l’ouverture du Stade toulousain, où il est régulièrement plus performant lorsqu’il se trouve aligné en position de centre. Relançant à chaque fois un débat ravivé par la farouche concurrence qui émerge à ce poste avec des jeunes loups issus de la formation française, double effet de la politique des Jiff et de la crise économique de la Covid 19…

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