Affaire Nakarawa : procédure « abusive » ou « hallucinante mauvaise foi » ?

  • Ici coffré par la défense de Sale, Nakarawa est désormais un joueur de Glasgow. Mais son licenciement du Racing 92 « est abusif », clame son avocat Maître Arnaud Dubois.
    Ici coffré par la défense de Sale, Nakarawa est désormais un joueur de Glasgow. Mais son licenciement du Racing 92 « est abusif », clame son avocat Maître Arnaud Dubois. PA Images / Icon Sport
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Au sujet du licenciement de Leone Nakarawa, le Racing 92 et l’avocat du Fidjien se sont sévèrement expliqués, jeudi dernier…

C’est jeudi après-midi, au tribunal des Prud’hommes de Paris, que les avocats de Leone Nakarawa et du Racing 92 avaient rendez-vous pour livrer leurs arguments, concernant ce dossier complexe. Pour rappel, l’international fidjien (32 ans, 62 sélections) a été licencié en décembre 2019 par le club après avoir supposément cumulé plusieurs fautes, dont des retards à la reprise des entraînements. En désaccord avec la position du Racing 92, le deuxième ligne de Glasgow demande aujourd’hui 770 000 euros à titres d’arriérés de salaires et 300 000 euros pour le préjudice occasionné à son image. Après l’audience, son avocat, Maître Arnaud Dubois, nous expliquait : "Il existe dans le dossier des éléments probants tendant à démontrer que la rupture de contrat de Leone Nakarawa est abusive. Il est même établi que le Racing a provoqué le prétendu retard fautif du joueur pour lui permettre de caractériser une faute grave. L’argumentaire du club n’est construit que sur de simples allégations. Cette rupture de contrat semble davantage relever d’une décision de gestion que d’une supposée sanction disciplinaire". Par "décision de gestion", l’avocat soupçonne probablement le Racing 92 d’avoir jugé que le licenciement de Nakarawa, le troisième plus gros salaire de l’équipe, permettrait aussi au club de rentrer plus facilement dans les clous du salary cap.

Un retour très tardif

Dans le "92", on réfute évidemment ces arguments, assurant qu’un joueur de rugby a autant de devoirs que de droits vis-à-vis de son employeur, et que les écarts de Nakarawa n’avaient que trop duré. Maître Quilina Vizzavona, l’avocate du club francilien, détaille : "Ce n’était pas la première fois que Nakarawa revenait en retard des Fidji. Sa prime d’éthique avait d’ailleurs été supprimée, plus tôt dans sa carrière. Concernant le cas qui nous préoccupe, le Racing avait demandé à ce que le joueur revienne le 28 octobre 2019 parce qu’il y avait deux matchs très importants à disputer : le derby face au Stade français et le premier match de coupe d’Europe, contre les Saracens. Lui n’a pas répondu à nos sollicitations pendant seize jours. Silence radio. Au terme de ce délai, la préposée aux billets d’avion lui a demandé s’il arrivait bien le 28 octobre et Leone Nakarawa a alors répondu que non, parce que sa famille était plus importante que le rugby. De son côté, le père du joueur nous expliquait que Leone Nakarawa l’aidait à construire une maison." Vizzavona poursuit : "On a insisté, insisté. On a même appelé l’agent du joueur pour qu’il intervienne. Mais Nakarawa disait qu’il ne rentrerait pas avant le 8 novembre, assurant même qu’il avait l’accord du club pour ce délai supplémentaire. Sauf qu’il n’y a jamais eu d’accord… Tout ça n’a jamais existé… Ce joueur est d’une mauvaise foi hallucinante." Le délibéré du tribunal des Prud’hommes, lui, sera connu le 14 décembre.

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