Exeter, un champion à contre-emploi

  • Jonny Hill, l’un des meilleurs joueurs de la finale, pourrait bien remplacer George Kruis dans le XV de Rose.
    Jonny Hill, l’un des meilleurs joueurs de la finale, pourrait bien remplacer George Kruis dans le XV de Rose. PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Les Chiefs d’Exeter, champions d’Europe pour la première fois de leur histoire, n’ont pas livré un très grand match face au Racing. Ils furent, malgré tout, portés par le talent de quelques valeurs montantes du rugby anglais...

Les Chiefs ont à peine quitté Bristol, lestés du premier titre européen de leur histoire, qu’il leur faut dès à présent basculer sur la finale du Premiership, où ils affronteront ce week-end les Wasps. Samedi soir, il n’y eut donc guère de folie ou de noce sauvage du côté de la petite ville d’Exeter (120 000 habitants), dont les pubs étaient d’ailleurs tous fermés à 22 heures, pandémie oblige. Il y eut simplement le tintement de quelques bières échangées dans le bus ramenant les coéquipiers de Joe Simmonds jusqu’au Devon et les chants langoureux de Stuart Hogg, l’ambianceur de la troupe, très en verve au coup de sifflet final : "Le jour où j’ai quitté Glasgow (printemps 2019), je l’ai fait pour avoir la chance de disputer des matchs comme celui-ci. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai fait le bon choix. [...] Mais je sais aussi que la saison commence à peine et qu’il nous faudra être bien meilleurs, si l’on veut battre les Wasps ce week-end." Si les Chiefs ont ainsi livré une partie solide face au Racing, ils ont globalement été dominés par les Franciliens et n’ont montré le visage qu’on leur connaît (jeu aéré, nerveux, spectaculaire...) qu’en de trop rares occasions. Rob Baxter, le manager de l’équipe, en avait d’ailleurs conscience : "C’est bizarre que l’on soit champions sur ce genre de rencontre. D’une certaine manière, nous avons livré le match le plus pauvre de notre saison, tant en attaque qu’en défense. Mais qui s’en souviendra dans six mois, dans un an ? Personne. Dans la mémoire collective, ne restera que ce titre, cette victoire à quatre points d’écart..."

Jonny Hill, la nouvelle star

Au sujet de l’équipe d’Exeter, championne d’Angleterre en 2017, la question est désormais de savoir si elle a oui ou non le coffre pour imiter les Saracens, auteurs d’un doublé "Coupe d’Europe-championnat" en 2016 et en 2019. De ce que l’on constate depuis quelques mois, les Chiefs sont en tout cas portés par un collectif solide, évidemment, mais surtout par quatre ou cinq joueurs de classe mondiale, comme on dit. Dans le Devon, le talonneur Luke Cowan-Dickie, râblé, explosif et très dur à plaquer, incarne l’arme fatale des Anglais dans le jeu au près. Le flanker Sam Simmonds, récemment sacré meilleur joueur de la saison européenne (voir ci-contre), est la preuve vivante qu’on peut mesurer 1,84 m et être un puissant joueur de calibre international. Le trois-quarts centre Henry Slade, lui, est le complément idéal à Joe Simmonds, lequel n’est encore dans les faits qu’un jeune ouvreur de 23 ans. Quant au deuxième ligne Jonny Hill, à nos yeux le meilleur joueur de la dernière finale de Champions Cup, il a tout pour remplacer avantageusement l’ancien Sarries George Kruis (parti au Japon) en équipe nationale et former, aux côtés de Maro Itoje, une paire de très beaux champions.

Au moment de conclure une saison européenne qui aurait du l’être il y a déjà six mois, on ne jurera pas que la victoire des Chiefs marque le début d’une nouvelle hégémonie -après celles ponctuées en leur temps par Toulon, le Leinster ou les Saracens - dans cette compétition. On dit juste que les Wasps, touchés par une épidémie de Covid la semaine dernière, auront besoin de tout leur flair pour tordre le cou aux nouveaux champions d’Europe... 

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