La souplesse des femmes

  • La pendule du stade Rives en fait foi, les filles de Courbevoie se sont retrouvées hier à 7 heures pour s’entraîner et ne pas subir le couvre-feu.  Photo DR
    La pendule du stade Rives en fait foi, les filles de Courbevoie se sont retrouvées hier à 7 heures pour s’entraîner et ne pas subir le couvre-feu. Photo DR
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Confrontées au couvre-feu, les Courbevoisiennes ont décalé au matin certains de leurs entraînements.

Comme il arrive de ces miracles que seul le rugby féminin aujourd’hui se montre capable d’en produire, une équipe champignon a poussé tout d’un coup à Courbevoie. L’un des éducateurs du club, Enzo Mamou Stortoz, avait développé le projet d’une création d’équipe dans le cadre du passage de son DE. Fanny Neau et Basile de Labaca, deux autres membres du club, avaient décidé de s’associer à la réalisation de cette idée. Ils avaient lancé des lignes un peu partout dans leur entourage pour essayer de rassembler une petite troupe à vocation débutante à inscrire en championnat à X. Ils se sont retrouvés quelques semaines plus tard avec une petite meute d’une quarantaine de licenciées, ici venues de l’université, des amies des amies et certaines de l’école de rugby où elles déposaient chaque samedi leurs enfants. "Nous avions donné notre accord pour que le projet se réalise sans imaginer qu’il prendrait cette proportion, les applaudit le président du RCC, Bertrand Nicol. L’équipe féminine est la seule qui nous manquait. Dès lors, nous disposons d’un club avec toutes les options."

Entraînement à 7 heures

Le club a mis à disposition un petit budget de 30 000 € de fonctionnement, les filles, dont certaines avaient joué à Nanterre, ont fait venir Stéphane Jourdan pour les encadrer et elles se sont lancées depuis quelques semaines dans le rythme de leur nouvelle aventure, déterminées à braver toutes les épreuves de la vie moderne en problème sanitaire. Leur dernière décision a été radicale : le couvre-feu leur interdisant d’utiliser leur créneau du jeudi soir, elles ont décidé de se réunir le matin. Hier, pour la première fois, à 7 heures tapantes, le gardien du stade Jean-Pierre-Rives, les yeux encore fermés, leur a ouvert les portes pour qu’elles organisent leur premier entraînement matinal avant que chacune ne parte au travail.

à l’heure où le couvre-feu et l’interdiction de l’utilisation des vestiaires mettent à mal la pratique dans tous ses états, où les sections masculines sont confrontées à une certaine forme d’immobilisme, ces filles de Courbevoie, animées de leur passion naissante, ont puisé dans des ressources psychologiques vitales et positives, l’énergie de se plaquer aux aurores dans les frimas du matin. "Nous vivons une super belle aventure, relate Fanny Neau. Pourtant c’est difficile, car comme tout le monde, nous sommes très contraintes dans notre pratique. Tous nos matchs amicaux ou officiels ont été annulés et nous ne commencerons le championnat de Fédérale 2 qu’à la fin du mois d’octobre. Mais les filles sont là et quand il a fallu trouver des solutions, ce sont elles-mêmes qui ont proposé de se réunir le matin."

à l’heure où la situation sanitaire se dégrade toujours un peu plus, et que les restrictions partout s’amoncellent, cette souplesse comportementale ne devrait-elle pas devenir la norme ?

Guillaume CYPRIEN
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