À Bayonne, des tensions en coulisses font craindre le retour des années troubles

  • Yannick Bru, qui a ramené l'Aviron bayonnais en TOp 14, quittera-t-il le club si le projet de son président était retoqué?
    Yannick Bru, qui a ramené l'Aviron bayonnais en TOp 14, quittera-t-il le club si le projet de son président était retoqué? Icon Sport - Icon Sport
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Dans un long entretien qu'il accorde au quotidien Sud Ouest, le président de l'Aviron bayonnais Philippe Tayeb dévoile les évolutions voulues pour son club, aussi bien sportives qu'administratives. Au Pays basque, c'est une révolution de velours qui se prépare. Avec, en filigrane, la menace d'une instabilité de retour.

Pour la partie visible de l'iceberg, il y a un projet d'infrastructures : la rénovation du stade Jean-Dauger, la mutation de sa pelouse vers de l'hybride (nouvelle norme en Top 14) pour faciliter le jeu et le spectacle, et la sortie de terre d'un AB Campus, centre d'entraînement moderne et regroupé dont tous les clubs se dotent actuellement, un par un. L'Aviron bayonnais, qui entend bien se stabiliser en élite et regarder plus haut, à moyen terme, entreprend sa mue pour coller aux exigences du professionnalisme.

La promesse d'une augmentation de capital

Ce vendredi, le quotidien Sud Ouest publie un long entretien du président Philippe Tayeb qui évoque tous ces sujets. Et un central : l'évolution du mode de gouvernance, pour fusionner le conseil de surveillance (14 personnes, représentant les principaux actionnaires ainsi que des représentants du club comme la section amateur ou les Socios) et le directoire (4 personnes) et donner naissance à un unique conseil d'administration, regroupant seulement neuf actionnaires majeurs autour de Tayeb. « Pour avoir une gouvernance beaucoup plus réactive » justifie d'emblée le président de l'Aviron bayonnais. « On n’a plus envie d’avoir trois organes de gouvernance : le conseil de surveillance, le directoire et un groupe d’actionnaires dans différentes commissions. Cela faisait beaucoup et, parfois, des interférences. Ce groupe d’actionnaires forts, autour d’un président, dans un conseil d’administration, pourra supporter les engagements et les échéances qui nous attendent. » Et pour affronter ces futures échéances, Tayeb accompagne son projet de refonte d'une première décision financière : un augmentation de capital, « aux alentours d’un million d’euros, [qui] va permettre au club d’avoir les cautions demandées par les organismes bancaires pour continuer le projet. Ils vont prêter 14 millions au club. »

Le poste de Yannick Bru dans la balance

Toutefois, cette simplification du mode de gouvernance ne se fait pas sans heurts, sur fond de désaccord sur les différents projets lancés. En réformant et réduisant la gouvernance, Tayeb cherche-t-il à écarter des opposants à son projet, et ainsi conforter son pouvoir au sein du club ? L'intéressé balaye, toujours dans Sud Ouest. « Mon pouvoir est légitime par les gens qui veulent le juger. Si, aujourd’hui, Philippe Tayeb est le futur président du conseil d’administration, c’est parce que les actionnaires payeurs du club ont décidé de. Je suis jugé sur les résultats, le travail, l’implication. Après, je ne vais pas rentrer dans les histoires de comptoir. S’il y a des gens qui ont besoin d’avoir plus de précisions, qu’ils m’appellent et je vais leur en donner. »

Plus qu'un jeu d'écriture, c'est un jeu de pouvoir qui se joue actuellement dans les coulisses de l'Aviron bayonnais. Une situation administrative qui pourrait avoir des répercussions sur le secteur sportif avec, notamment, le projet porté par Yannick Bru dans la balance.

L'ancien entraîneur des avants du Stade toulousain et du XV de France (2012-2017), réputé très proche de son président, pourrait-il quitter le navire si les « projets Tayeb » se voyaient barrer la route ? L'hypothèse n'est pas à écarter. « Les conditions de contrat de Yannick sont confidentielles mais oui, il y a un élément dans le renouvellement qui peut faire partie de ce changement. […] Il a dit : « j’ai confiance en Philippe Tayeb, c’est mon ami ». Point. Après, c’est l’interprétation de chacun. C’est vrai que Yannick et Philippe, on marche ensemble. On peut pédaler parfois à côté, on n’est pas tout le temps d’accord, mais on est lié. On est arrivé ensemble. Il a confiance en Philippe Tayeb. Les engagements que j’ai pris envers lui (financiers, structurels, avancées de projets) ont toujours été honorés. Un manager comme Yannick demande juste des moyens pour bien travailler. » Par « bien travailler », il faut comprendre l'attachement au projet de développement porté par Tayeb. S'ils n'aboutissaient pas, l'Aviron, enfin stabilisé depuis deux saisons après des années de tractations nocives en coulisses, verrait ressurgir quelques vieux démons...

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