Amateurs - De retour à l'entrainement... sous conditions !

  • Didier Retiere et Christian Dullin.
    Didier Retiere et Christian Dullin. Icon Sport
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Lors d’une visioconférence mardi qui visait à réfléchir aux conditions d’une reprise de la nationale, le DTN Didier Retière a confirmé aux clubs que les joueurs sous contrat étaient légalement dans leur droit de retrouver le chemin des terrains pour s’entraîner. Explications.

L’information a pu en reprendre certains, persuadés que l’arrêt des compétitions et la mise au chômage partiel des joueurs impliquait également l’arrêt des entraînements. Toutefois, la plupart des clubs de Nationale ainsi que de Fédérale 1 ont bien repris le chemin de l’entraînement, dans un strict respect de la règle. Directeur général de Suresnes, Mathieu Blin confirme que son équipe a retrouvé les terrains depuis deux semaines, explications à l’appui. "Au départ, il y a eu une interrogation par rapport à la Nationale, qui était de savoir si ce championnat était considéré comme professionnel ou pas, rappelle l’ancien talonneur du Stade français. Pour éclaircir ce point, le ministère de tutelle a demandé à la FFR de consulter ses clubs. Le souhait qui en est ressorti, qui n’était pas unanime mais majoritaire, était que la compétition s’arrête car il était trop délicat pour les clubs de continuer, d’autant qu’ils n’entraient pas dans la discussion quant aux éventuelles aides de l’État, réservées au Top 14 et à la Pro D2. En revanche, même si la compétition s’arrêtait, le droit à l’entraînement était maintenu. C’est ce qui nous a encore été confirmé mardi après une visioconférence avec le DTN Didier Retière."

Mais pour quelles raisons, sachant que les compétitions sont pour l’heure suspendues et que la plupart des joueurs de Fédérale 1 (voire de Nationale) ne sont pas professionnels à temps plein ? Tout simplement en vertu du sacro-saint droit du travail, scrupuleusement respecté en l’espèce par les Suresnois, sous la houlette de Mathieu Blin et du manager général Alexandre Compan. "Le premier facteur, c’est celui de la continuité des entraînements pour la haute performance, puisque notre centre de performance est agréé et labellisé, pointe Blin. Mais surtout le fait que nos joueurs étaient détenteurs de contrats de travail, qu’ils soient exclusifs ou pluriactifs. De fait, ceux-ci conservent un lien de subordination avec leur employeur, qui est le club. Et par conséquent, le confinement n’impliquait en aucun cas pour eux de ne plus avoir le droit de travailler. D’autant que ce travail s’effectue en plein air…"

Entre 35 et 20 % de chômage partiel

Reste que ce retour au terrain ne demeure sujet à certaines contraintes qui diffèrent en fonction des clubs, notamment en matière d’accès aux installations. "C’est à chacun de paramétrer ses possibilités d’accès au stade avec sa mairie, qui en est propriétaire, précise Blin. En ce qui nous concerne, par exemple, il nous est formellement interdit d’accéder à l’espace réceptif, où nous avions l’habitude de réaliser nos séances vidéo. En revanche, la salle de musculation nous est accessible, à condition de l’aérer en permanence et de la désinfecter après utilisation."

Une question demeure, cependant. Avec la reprise de l’activité à l’entraînement, les joueurs peuvent-ils être toujours considérés en chômage partiel ? La réponse est évidemment oui, ainsi que l’argumente Mathieu Blin. "Il s’agit bien de chômage partiel, d’une part parce que nous n’avons pas de match, et d’autre part parce que nous avons raccourci les temps d’entraînement, que nous avons réduit entre 4 heures et demi et 5 heures par semaine. Quant à la mise au chômage partiel en elle-même, celle-ci est paramétrée en fonction du contrat de joueurs, qu’ils soient joueurs exclusifs ou pluriactifs. Les exclusifs sont à 150 heures par mois, et présentent donc des taux d’activité de 80 %. Quant aux pluriactifs, ils tournent entre 50 et 75 heures, donc entre 65 et 70 %."

Quant aux éventuels joueurs 100 % amateurs évoluant à ce niveau, ils sont autorisés sur dérogation à se joindre aux entraînements. De quoi permettre de se remettre un peu en condition en attendant une éventuelle reprise, dont chacun espère évidemment qu’elle arrivera le plus rapidement possible…

Nicolas ZANARDI
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