Serin : « Un sentiment d'inachevé de quitter ce groupe France »

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Baptiste Serin (demi de mêlée du XV de France) était le Capitaine d’un soir. Le demi de mêlée du RCT livre son sentiment sur une semaine particulière pour lui et avoue qu’il aurait bien aimé être de l’aventure du dernier match des Bleus, dimanche prochain à Twickenham.

Comment avez-vous appréhendé cette rencontre face à l’Italie et ce capitanat ?

De façon simple, je souhaitais apporter le plus de confiance possible à mes jeunes partenaires. J’ai essayé d’être le plus disponible possible dans la semaine sur leurs différents questionnements. L’idée, c’était de leur faire passer le stress, leur montrer que tout le monde avait confiance en eux.

Avez-vous senti, chez certains, une crainte au moment d’aborder leur premier match international ?

Oui, c’est normal et naturel. Il y avait pas mal de questions, surtout que nous n’avons eu que très peu de temps pour préparer la rencontre face aux Italiens, avec un seul entraînement intense. Il fallait donc insister sur le positif, sur leur qualité, qu’ils aient confiance dans le projet de jeu proposé. Il fallait l’assimiler très vite. Cette semaine, il y a eu pas mal de travail à la vidéo, sur l’étude notamment des déplacements à faire et des placements à avoir pour rentrer dans le cadre de jeu. Tout le monde a été très concentré toute la semaine et c’est l’une des raisons, pour ne pas dire la raison principale de notre match sérieux, samedi soir.

À 26 ans, pour la première fois cette semaine, vous étiez classé parmi les vieux du groupe ?

ça fait bizarre (rires) ! En observant mes jeunes partenaires, je me revoyais à leur place à mes débuts. Quand on m’a confié cette responsabilité pour cette rencontre, je l’ai prise avec un grand plaisir. J’ai essayé d’être là pour les autres, notamment sur les premiers jours. Après, je ne vais pas le cacher, je crois pas mal au capitanat participatif et je me suis appuyé sur quelques têtes qui m’ont bien aidé.

Lesquels ?

Matthieu Jalibert qui connaissait très bien le plan de jeu souhaité par le staff, Brice Dulin, qui faisait certes son retour mais qui possède une grosse expérience internationale. Uini Atonio, aussi, et sa manière de vivre décontracté ! Il a su amener de la sérénité chez les avants, ne pas mettre de pression négative sur les épaules. Jonathan Danty, qui était le capitaine de la défense, m’a aussi beaucoup aidé sans oublier Teddy Thomas qui était constamment à mes côtés. Teddy, on est potes dans la vie et même très proche, donc il a toujours cherché à m’aider.

Aviez-vous peur de passer à côté de cet intérim ?

Je me suis personnellement mis pas mal de pression. Je ne voulais pas être le capitaine d’une équipe qui perd ! Je voulais trouver les bonnes paroles pour mettre tout le monde dans le bon sens. Que les jeunes se souviennent de leur première comme d’un bon souvenir, avec la victoire au bout. Je suis très content et fier de cela. Ils pourront se dire: « on a commencé par un succès bonifié face à l’Italie, on a fait le job ». Après, j’avais déjà été capitaine avec l’UBB, j’ai un tempérament qui fait que normalement je ne me prends pas trop la tête, donc j’ai fait en fonction de mon ressenti.

Le fait de jouer demi de mêlée a dû vous aider, habituellement vous êtes déjà le patron des avants ?

Il y a pas mal de neuf qui sont capitaine ou vice-capitaine. On se doit d’être disponible pour les avants car on a besoin parfois de les haranguer sur la pelouse pour que l’équipe avance. Donc oui, naturellement, en tant que neuf, c’est un rôle qui me convient.

Pour en venir au match face à l’Italie, il a paru être maîtrisé quasiment de bout en bout ?

Le mot d’ordre que j’avais demandé aux mecs, c’était que l’on respecte scrupuleusement le plan de jeu établi et travaillé dans la semaine et de rester positif quels que soit les évènements de la rencontre. Ce que l’on a fait. Personne n’a cherché à se montrer, à sortir du cadre. Il fallait passer face à l’Italie par cette phase où l’on a beaucoup joué aux pieds et d’attendre leurs fautes pour développer du jeu dans leur camp. Quand on encaisse l’essai, c’est sur une de nos erreurs, mais on a su rapidement en parler, mettre l’accent sur le renvoi qui suivait et remettre la main sur le ballon pour vite marquer.

Avez-vous eu un retour sur votre match de la part de Fabien Galthié ?

Pas encore. Après le match, pas mal de choses se sont enchaînées et on n’a pas eu le temps de débriefer.

Pas trop triste de quitter le groupe France ?

Il y a un sentiment d’inachevé de les quitter car j’aurais bien aimé jouer ce match contre l’Angleterre. Bon, on connaissait tous la règle avant le début de la séquence… J’ai confiance en l’équipe et je sais que tous ceux qui restent vont faire perdurer l’état d’esprit qui a été créé dès le départ. Et c’est toujours super intéressant de se confronter à l’une des meilleures équipes du monde.

Comment avez-vous fait pour trouver, en un semaine, une cohésion d’équipe face à l’Italie alors que le groupe avait été remanié quasi-intégralement ?

Déjà, il y avait une première ligne toulousaine qui se connaissait bien. à la charnière avec Matthieu (Jalibert), nous avons pas mal de vécu ensemble et sur le triangle à l’arrière, Brice et Teddy se sont aussi beaucoup côtoyés chez les Bleus mais aussi en club, au Racing 92. Cela aide. Gabin Villière a débarqué dans le groupe France au début de la séquence, cela faisait six semaines qu’il travaillait avec les Bleus. L’entraînement de mercredi avait été très bon et tout le monde a fait des efforts pour que l’on trouve très vite de la cohésion.

Finalement vous remportez le match assez facilement...

L’équipe s’en est plutôt bien sortie, je trouve. Nous avons fait un match correct, simple stratégiquement certes mais nous ne voulions pas du tout jouer dans notre camp, simplement attendre leurs fautes pour jouer les ballons de récupération et se mettre en confiance. On s’est appuyé sur notre défense. Pour moi, le tournant du match c’est quand l’équipe d’Italie tente une penaltouche juste avant la mi-temps: on a défendu chaque centimètre de notre ligne et, au final, on récolte une pénalité et l’arbitre siffle la pause. La défense a été un point fort de l’équipe.

Quel message avez-vous envie de passer à vos collègues restés à Marcoussis ?

Ce que j’aime dans cette équipe, c’est que chaque semaine, tout le monde se défonce pour l’autre. L’état d’esprit est bon. Alors le message c’est : « Continuez ! »

L’équipe de France n’est plus qu’à 80 minutes d’un possible Grand Chelem automnal ?

C’est vrai, je ne l’avais pas vu. C’est surtout une finale face à l’une des meilleures nations du monde. Nous avons tout à gagner et rien à perdre. L’Angleterre est bien plus en place que nous, de par son vécu, mais je crois que nous avons aussi notre mot à dire. Notre plan de jeu va sûrement évoluer face à l’Angleterre car c’est aussi une équipe qui s’appuie sur un gros jeu au pied, mais on aura une chance. Surtout si nous parvenons à sortir de notre camp proprement.

Comment expliquez-vous qu’en à peine un an, le XV de France est parvenu à sortir de la série de défaites encourageantes ?

Cela n’est pas facile de trouver LA solution. Auparavant, il ne faut pas croire qu’on ne travaillait pas pour remporter des matchs. Nous étions dans une période où les joueurs, collectivement, nous manquions cruellement de confiance. En cela, les choses ont changé. La qualité, si on prend les joueurs qui y étaient, il y en avait. Certains avaient même fait leurs preuves au plus haut niveau. On perdait des matchs qui étaient à notre portée, parce que nous faisions des erreurs que l’on ne commettait pas en club. Aujourd’hui, quand on arrive au CNR, les gars sont plus relâchés, on a aussi une belle énergie de groupe qui s’est créée. C’est aussi plus facile de travailler dans la victoire. Nous avons un plan de jeu qui est bien partagé. Les coachs ont su l’expliquer et il faut le dire. Nous, joueurs, nous n’avons plus qu’à foncer dans ce plan de jeu. Il y a un socle pour l’avenir qui s’est créé.

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