Prendre et donner

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Publié le , mis à jour

L'édito du jour... Oui, nous serons heureux de les voir réveiller une part de nos émotions endolories comme nous serons heureux de retrouver un Boxing Day cette année, malgré le contexte.

Cela ne vous aura certainement pas échappé. Dans sa dernière « tendance » parue lundi, Nicolas Zanardi souleva une question existentielle : le rôle des « speakers » de stade en ces temps de huis clos. Il dessina l’incongruité d’une mise en scène qui les contraint à chauffer des places vides et à simuler une intensité réduite à néant faute de public.

Autant l’avouer, j’ai également un peu de mal à comprendre pourquoi certains se cassent la voix au micro pour embraser des foules invisibles. Mais leur situation n’est pas drôle. Pensez donc à ces hommes ou femmes qui donnent tant pour faire oublier le contexte et qui cherchent à réinventer leur métier dans de drôles de conditions.

Foin d’ironie, il nous manquerait quelque chose s’ils n’étaient pas là. Brailleurs mis à part, ils font partie du show et servent aux spectateurs les informations de première nécessité. Ils réveillent, parfois, les supporters ou journalistes endormis au gré de la pauvreté du jeu.

Même si quelques-uns nous chauffent un peu les oreilles à trop en faire, nous serons heureux de les retrouver dimanche, comme si de rien n’était. Parce qu’ils incarnent malgré eux l’un des derniers liens qui nous rattache avec le monde d’avant, quand le stade était encore un lieu de retrouvailles.

L’anglicisme est toujours aussi survendeur, mais cette journée de rugby au cœur des fêtes de fin d’année n’en est pas moins devenue un vrai temps fort de la saison. Avec la promesse de matchs sans impasse. Avec, surtout et désormais, la promesse d’un engagement qui touche à la raison d’être de notre sport : la solidarité et le partage.

L’an dernier, les affiches de Noël avaient permis de tendre la main aux personnes isolées pour une vaste mobilisation populaire menée dans des stades combles. Cette fois-ci, Covid oblige, elle sera adressée au personnel hospitalier, avec une collecte de dons à destination de l’Assistance publique et hôpitaux de Paris. Ce sera en vert et blanc (aux couleurs des soignants) mais sans public pour donner ses lettres de noblesse à l’opération et honorer ces soignants si précieux dans nos vies.

C’est vrai, il manquera certainement quelque chose autour de ce fichu Boxing Day, et peut-être même l’essentiel pour que l’événement prenne véritablement tout son sens. On parle du public, qui fait vivre l’événement, porte la passion des speakers et compose le véritable succès du Boxing Day.

L’enjeu est de confirmer que le rugby est toujours aussi solidaire et engagé. Sur tous les fronts. L’essentiel est ici, d’avoir bientôt à partager le succès de l’opération caritative mise en place par la Ligue.

Dimanche, les gradins seront vides et l’ambiance sera plus feutrée qu’à l’accoutumée. Trop, c’est sûr. N’empêche, il n’est pas question de tourner les talons ou de couper les micros. Il convient de tendre la main et de trouver le ton juste, approprié, pour honorer les soignants et respecter la promesse du rugby.

Midi-Olympique.fr
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