Tailhades : « L’AVC m’a donné un coup de pied au cul »

  • Le pilier montalbanais Paul Tailhades revient de loin
    Le pilier montalbanais Paul Tailhades revient de loin
Publié le , mis à jour

Alors qu'il avait subi un AVC en mars 2019, le pilier montalbanais Paul Tailhades est de retour au premier plan avec Montauban. La victoire contre Oyonnax, la suite de la saison et son retour au haut niveau, Paul Tailhades s'exprime.

Après Oyonnax et avant Perpignan, c’est un déplacement à Biarritz qui se profile. Ce mois de janvier sera-t-il déterminant pour la suite de la saison ?

Bien sûr, étant donné que beaucoup d’équipes ont perdu chez elles lors de la reprise, c’est plus compliqué pour nous quand on voit notre programme. Oyonnax, Perpignan et Biarritz sont des équipes de haut de tableau. Et c’est d’autant plus dur après les fêtes. Nous allons voir si on passe un cap ou pas.

Quelle sera la clé face au BO, qui n’a pas été impérial à domicile (un nul et deux défaites déjà) ?

Toujours pareil, le combat jouera encore une fois un rôle important. Avec une grosse défense, nous allons essayer de les agresser. Si on met beaucoup de combats, ils seront en difficulté. Comme en deuxième mi-temps contre Oyonnax.

Cette victoire, à la faveur d’une remontée de dix-sept points, est-elle fondatrice ?

Dans les vestiaires, à la mi-temps, on s’est dit qu’il fallait hausser le ton dans l’agressivité car on n’avait presque rien à perdre. C’est vrai que ça renforce encore plus le groupe.

Comment avez-vous vécu votre premier essai en carrière, déterminant dans cette folle remontée ?

Il est anecdotique comparé à la prestation de l’équipe. C’était plus une célébration collective. Des matchs comme ça, comme le premier de la saison contre Biarritz, où nous étions menés à la mi-temps avant un final plein de suspense, c’est beau d’en sortir vainqueur.

Est-ce que votre capacité à sortir d’une stratégie minimaliste a été payante ?

Je pense que c’est un facteur qui nous permettra de passer un cap et peut-être aller chercher une place entre les six et huit premiers. Il faut que continuer ainsi. Sinon, ce sera difficile et on risque de faire la même saison que l’an dernier.

Pour votre part, c’est votre première saison pleine (482 minutes de jeu, 12 matchs dont 6 titulaires) après votre AVC survenu le 2 mars 2019. Comment vous sentez-vous ?

Je dois dire que la trêve a fait du bien après la série de dix matchs. Passer du temps en famille régénère psychologiquement et physiquement. Mais après mes soucis de santé, je relativise et je me sens tellement heureux de mon temps de jeu. J’espère que ça va continuer.

Ressentez-vous la même excitation qui vous animait à votre retour après sept mois d’absence et la probabilité de ne jamais reprendre le rugby ?

Oui, revenir était un bonheur absolu et j’ai toujours le même état d’esprit en venant m’entraîner ! J’ai la banane et c’est important par les temps qui courent. De plus, il y a une belle osmose entre nous dans ce groupe.

Comment évolue-t-on au rugby de haut niveau après avoir eu un accident vasculaire cérébral ?

J’ai un suivi constant avec un dispositif implanté en moi, qui surveille mon arythmie cardiaque. Je dois le garder jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de batterie. Mais paradoxalement ça m’a un peu donné un coup de pied au cul (sic). Je me suis rendu compte de la chance que j’avais quand j’ai repris. Aujourd’hui, je suis le plus heureux.

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