Un Tournoi pour l’enfance

  • Fabien Galthié et Charles Ollivon lors de la présentation du Tournoi il y a un an
    Fabien Galthié et Charles Ollivon lors de la présentation du Tournoi il y a un an PA Images / Icon Sport
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L'édito du vendredi... L’imminence du Tournoi des 6 Nations 2021 se fait ressentir. Les Bleus sont déjà en stage, toutes les nations ont annoncé cette semaine leurs groupes de joueurs pour l’événement et, soudain, c’est une douce émotion d’enfance qui vient nous étreindre. Face au Tournoi qui s’avance, nous avons tous dix ans et une foule de souvenirs ancrés au cœur, témoins de notre génération.

Les natifs des « sixties » se souviennent comme d’une gloire du Grand Chelem français de 1977. Les gosses des années 70 vous racontent encore Blanco et Sella dans leurs plus folles envolées. Ceux des années 80 revoient Lamaison, Leflamand puis Magne, peroxydé du crâne, débouler sur l’aile droite pour inscrire le dernier essai de l’histoire des Bleus au Parc des Princes, face à l’Écosse. Le Tournoi, c’est cela : un marqueur de vie et d’enfance, pour qui s’est épris un jour de ce sport. C’est une madeleine proustienne, divinement réconfortante en ces temps tourmentés.

Dans cette édition 2021 qui, jusqu’alors, est bien maintenue malgré le contexte sanitaire qui continue de se tendre, les Bleus ont tout pour réussir. Le roman d’une équipe qui s’écrit sur des notes de fraîcheur et de jeunesse ; une confiance amassée sur les cendres de 2020 où sept des neuf matchs ont connu le succès ; un appétit décuplé, quand cette équipe a par deux fois manqué d’un rien de remporter les compétitions dans lesquelles elle était engagée.

Les embûches ne manquent pourtant pas d’arriver. Les forfaits de dernière minute, d’abord. Une rengaine d’hiver à laquelle ces jeunes Bleus n’échappent plus. La blessure hautement regrettable de Virimi Vakatwa arrive en tête des écueils.

Le durcissement de l’encadrement sanitaire, aussi, complique l’affaire. Galthié voulait 42 hommes pour ses entraînements et avait arraché cette faveur, quitte à bricoler. Ils ne seront finalement que 31, comme le prévoyait initialement la convention, pour limiter les allers-retours et les risques de contagion.

La logique de bulle semblait inévitable, depuis plusieurs semaines. Les Bleus, qui espéraient s’en échapper, y sont désormais contraints. Le Tournoi cédera-t-il également ? Alors que le ministère réserve toujours sa décision sur la bonne tenue des matchs, on notera que toutes les autres compétitions internationales, dans tous les sports, ont adopté ce principe depuis plusieurs mois : un lieu unique et hermétique, sans voyage ni vie publique pour les acteurs. Cette idée ne peut plus être balayée par le 6 Nations, seul contre tous, au risque de mettre en péril son bon déroulement.

L’avenir dira si ce contexte et ces incertitudes ont été préjudiciables aux contenus sportifs. De ce qu’on tient pour sûr, à l’aube de ce Tournoi : l’équipe de France séduit ses supporters et fait désormais peur à ses adversaires, à travers le monde. Un enthousiasme retrouvé et une impatience grandissante d’en découdre. Par les temps qui courent, cette impatience fait du bien à la tête. Que la fête commence, et vite !

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