Dans sa bulle

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L'édito du vendredi... Il faut remercier les présidents de clubs amateurs qui, en 2019, ont dit non à l’arrivée d’un technicien étranger à la tête de l’équipe de France. Ainsi, ils ont précipité la nomination de Fabien Galthié à la tête des Bleus.

Merci les gars et bravo Bernard (Laporte) : bon choix. Depuis, la vitrine ressemble à quelque chose. Depuis, les Bleus gagnent, font plaisir et suscitent le désir. Il ne faudrait pas pousser très loin nos cœurs de supporters pour y croire, en 2023…

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas tout à fait. De notre point de vue, il manque comme un léger truc à l’histoire pour qu’elle soit à la hauteur des promesses et du potentiel qui semble poindre. Rassurez-vous, il n’est pas question de sportif ; Fabien Galthié sait faire. La chose se situe à la marge du terrain, à propos de l’extra-sportif qui n’a jamais fait le bonheur de l’ancien demi de mêlée et qui, pourtant, constitue une partie non négligeable de son job. S’agit de la communication, des discours du sélectionneur et de ses messages qui devraient suinter jusqu’en bas de la pyramide mais qui restent - hélas - à l’état de promesses. Là, franchement, le bât blesse.

Dans les faits, depuis sa nomination Galthié gagne et parle peu, contrairement à ses prédécesseurs qui perdaient plus souvent et occupaient le terrain médiatique. Lui ne partage qu’à mots comptés, même quand on lui propose de causer rugby à l’oreille de son monde. Ou même quand il a l’occasion de prêcher la bonne parole auprès du grand public.

Il a ainsi choisi de faire silence avant le début du Tournoi et de s’en tenir aux exercices imposés par les conférences de presse. Mission accomplie, pas d’entretien en tête à tête pour Midol, et d’autres. C’est sa liberté, évidemment. Face à la perte des licenciés qui frappe toujours plus le rugby, la nôtre est d’en appeler à la prise de conscience et à la mobilisation de tous ; la nôtre est enfin de considérer que le journal du rugby ne peut se contenter de bribes d’échanges pour répondre à l’attente de lecteurs piqués par les choses de ce jeu. 

La discrétion de Fabien Galthié n’est pas une découverte. Ce n’est pas parce qu’il est plutôt à l’aise dans la communication qu’il apprécie l’exercice et cette partie des devoirs qui incombent aux acteurs. Question de culture, certainement d’éducation et de caractère. Encore une fois, c’est son droit. Et il a forcément raison puisqu’il gagne… Mais cette parole archi-contrôlée s’impose autour de lui, et c’est toute l’équipe de France qui se fait rare alors qu’elle a aujourd’hui tant de belles choses à partager.

Tout se passe comme si la vitrine de notre sport n’avait pas besoin de se montrer sous ses meilleurs atours pour participer à la reconquête du public autrement que par ses performances. Qu’en sera-t-il après une série de défaites, quand le XV de France fera moins rêver ? Et qu’en sera-t-il en cas d’arrêt de la compétition, quand les Bleus auront disparu des écrans ? 

Faudra-t-il attendre encore que notre discipline soit menacée, on y revient forcément, par la fonte massive du nombre de ses licenciés pour que l’on prenne enfin conscience de l’importance d’avoir à partager ce que nous avons de plus fort. 

Le XV de France et son sélectionneur en font évidemment partie. Puissent-ils donc nous emporter sur leur porte-bagages, le plus loin possible… Messieurs, c’est l’heure : jouez et gagnez. Montrez-vous et ouvrez-la donc plus fort que jamais !

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