Les conditions d’une reprise des championnats amateurs

  • Tous les amateurs qui seront privés de compétitions officielles pour cette saison. Il va falloir trouver des solutions alternatives pour permettre au jeu de vivre en attendant des jours meilleurs.
    Tous les amateurs qui seront privés de compétitions officielles pour cette saison. Il va falloir trouver des solutions alternatives pour permettre au jeu de vivre en attendant des jours meilleurs. Icon Sport - Icon Sport
Publié le

C’est vendredi que le Bureau Fédéral de la FFR a officialisé ce qui n’était plus qu’un secret de Polichinelle, en prononçant une saison blanche pour tous les niveaux du rugby amateur. Reste désormais à voir comment celui-ci va parvenir à se relancer, à court et moyen terme…

C’est par le biais d’un froid communiqué que le FFR a officialisé vendredi la nouvelle que tout le rugby amateur attendait autant qu’il la redoutait, à savoir une funeste saison blanche. Laquelle implique, selon les termes officiels, « l’arrêt des compétitions de rugby amateur dans leur format officiel » et « figer les montées et les descentes pour tous les niveaux, hormis celles qui ont obtenu une dérogation du ministère en charge des sports. » Une mesure qui ne concerne donc qu’à moitié la division Nationale, à cheval entre les entités professionnelles et amateures, puisque si deux équipes auront la chance d’être promues en Pro D2 la saison prochaine, aucune ne descendra donc en Féérale 1. De quoi poser, déjà, un premier problème…

Car si les clubs de Fédérale 1 regrettant l’arrêt des compétitions ne sont finalement qu’une minorité (une douzaine exactement, parmi lesquels il n’existait d’ailleurs pas d’unanimité concernant les matchs à huis clos…), le format de la compétition va poser question l’an prochain, la Fédérale 1 ayant été cette saison composée de 45 clubs au lieu de 48, obligeant la FFR à composer une poule de 12 et trois poules de 11. De quoi en conclure qu’au moins trois promotions « administratives » pourraient avoir lieu, afin de retrouver un équilibre ? « On n’en est pas encore à ce stade de la réflexion, nous assurait samedi le vice-président en charge du rugby amateur Patrick Buisson. Ce que l’on veut, c’est d’abord terminer cet exercice le mieux possible avant d’en tirer un bilan et de réfléchir au prochain. »

Des compétitions locales : oui, mais à partir de quand ?

En effet, si les compétitions officielles sont terminées, la pratique du rugby ne l’est pas encore, puisque les entraînements sont maintenus (en stade 3) et que la Fédération espère encore voir des matchs se disputer d’ici la fin de la saison, celle-ci souhaitant « favoriser la reprise de la pratique collective partout où elle sera possible, dans des conditions acceptables », et « relancer l’activité dans les territoires, en accompagnant la mise en place, de challenges locaux en limitant les contraintes, en lien avec les ligues et les clubs. »

Le hic ? Il est que l’évolution de la situation sanitaire ne semble malheureusement pas aller dans le sens des passages aux stades 4, 5 et 6, avec d’ores et déjà des reconfinements locaux dont on peut craindre qu’ils se généralisent. De quoi forcément générer une crainte en cas de reprise d’activité, moins pour les joueurs que pour les bénévoles dont es profils correspondent malheureusement souvent à ceux des personnes dites « à risque ». Voilà pourquoi il semble difficile d’imaginer un retour à des tournois et à des matchs amicaux tant que tout la population des plus de 50 ans n’aura pas pu avoir accès à un vaccin, c’est à dire avant la fin mai. Cela d’autant plus que l’organisation de tels événements semble indissociable de celle des buvettes, donc des bars et des restaurants… « Il est évident que si l’on souhaite relancer l’activité, c’est pour recréer du lien, cela n’aurait pas de sens de rejouer sans pouvoir partager quelque chose de convivial après, convenait Patrick Buisson. J’ajoute que comme dans n’importe quelle entreprise, quand on organise quelque chose, cela génère des frais. Et ces frais, il faut bien des recettes pour les couvrir… »

Problèmes financiers et perte de licenciés : des inévitables conséquences à prévoir

Un sujet financier qui est évidemment sensible… Car si aucun club n’a annoncé de difficultés financières à la Fédération pour le moment (la FFR ayant décidé de laisser l’argent des licences aux clubs), beaucoup de problèmes risquent de se poser la saison prochaine, lorsqu’il s’agira d’aller démarcher des partenaires et des sponsors. De quoi remettre en question tout un modèle, et inciter des clubs à réduire la voilure ? C’est tout sauf impossible, et si cela se confirmait, on peut facilement augurer que cela pourrait contribuer à une chute du nombre de licenciés. Laquelle semble tout aussi inévitable, sachant que de nombreux trentenaires ont commencé depuis deux ans à goûter à l’oisiveté, tandis que la FFR craint d’un autre côté une forte déperdition des jeunes des générations 2002-2003, privés de leurs saisons juniors avant de passer chez les « grands ».

Alors, faut-il d’ores et déjà s’alarmer et commencer à imaginer une refonte des championnats réserves, sachant que c’est forcément sur ces catégories que la perte de licenciés devrait se ressentir ? À ce stade de la réflexion, et tant pis pour le mauvais augure, cela pourrait s’avérer crucial…

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Midi-Olympique.fr
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?