Darmon, porteur de flamme

  • Thomas Darmon n’a qu’un seul objectif : maintenir son club de toujours dans l’élite. Photo Icon Sport
    Thomas Darmon n’a qu’un seul objectif : maintenir son club de toujours dans l’élite. Photo Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Auteur d’un retour tonitruant à Agen il y a quinze jours, Thomas Darmon est un des fers de lance de la mission maintien du MHR, son club de toujours.

On appelle ça un retour tonitruant. À Armandie, le 20 février dernier, le revenant Thomas Darmon, écarté des pelouses depuis six semaines, a inscrit un essai ô combien important, quatre minutes après son entrée en jeu. Au relais d’Alex Lozowski, le trois-quarts accélérait dans les vingt-deux mètres et effaçait trois défenseurs pour parvenir dans l’en-but, sous les acclamations de ses partenaires. Le MHR venait alors de reprendre l’avantage et pouvait se projeter sur la quête d’un bonus offensif. « J’ai eu de la chance, la fin de match a été ouverte et l’équipe a pu envoyer du jeu de partout, décrit l’intéressé. On s’est régalé derrière. J’appréhendais le retour mais les sensations ont été très bonnes. On s’est libéré collectivement. J’avais personnellement envie d’amener cette fougue. »

Toute la rage, l’énergie et la motivation emmagasinée depuis novembre ont jailli. « Ça a été la galère. J’ai prolongé mon contrat en début de saison. Je commençais à avoir du temps de jeu. Puis j’ai eu une première blessure à la cheville qui m’a bien stoppé avec un mois d’arrêt. Quand je suis revenu, je me suis fait mal à l’autre cheville. Je n’avais jamais eu de souci à ce niveau jusqu’à présent. Ça a été très dur de voir les copains batailler sans succès. Il y a eu des semaines de souffrance et moi, j’étais impuissant. C’était très frustrant. J’ai travaillé dans mon coin, j’ai fermé ma gueule. Je n’avais qu’une envie, c’était de reprendre pour aider.»

« Quand j’allais à Sabathé… »

Mission accomplie avec brio, à Agen, donc. Mais le chemin reste long pour atteindre l’objectif final. Son obsession : sauver son club de toujours. « Je me rappelle quand j’avais 5 à 10 ans, j’allais voir les matchs à Sabathé, l’équipe jouait le maintien chaque année, raconte le gamin du cru, 22 ans, licencié au MHR depuis 2004. Il n’y avait pas de stars mais un gros état d’esprit, une solidarité. Ça serait bien de retrouver un peu ça, les mêmes valeurs qu’il y avait dans le passé, avec des mecs qui mouillent le maillot. On n’a pas forcément l’habitude de jouer le maintien avec des joueurs de renom. Mais il faut basculer, c’est trop important. C’est la survie du club qui est en jeu. »

Avec deux succès, assortis du bonus, sur les trois dernières journées, l’équipe à la fleur de ciste a relevé la tête et redressé la situation. L’opération maintien, compliqué par les succès de ses rivaux, n’autorise aucun répit. à commencer par l’échéance de ce vendredi face à Clermont, « une équipe en forme qui enchaîne les grosses performances », analyse l’ancien international moins de 20 ans. « Si l’on veut reproduire la performance du match aller, il nous faudra encore être solides en conquête, agressifs en défense et montrer un cœur énorme : avec tout ça, on pourra espérer quelque chose. Il faudra aller plus loin que ça en essayant de faire du beau rugby et en se libérant. » À ce sujet, Thomas Darmon, de par ses atouts techniques et sa polyvalence, jouera un rôle clé : « Quand j’ai prolongé, j’ai beaucoup échangé avec Xavier. Je lui avais demandé de me fixer à un poste. Je ne pouvais pas signer si je ne savais pas comment j’allais être utilisé. Il voulait me voir en 13 voire en cinq-huitième. Je garde la polyvalence à l’ouverture et à l’arrière mais j’adore ce poste, j’y ai joué jusqu’à mes 16 ans, j’avais basculé 10 avec les équipes de France jeunes. Ça me plaît beaucoup, j’ai cette liberté de déplacement sur le terrain, je peux jouer mes duels, prendre l’espace… » Comme à Agen il y a quinze jours. Quand Thomas Darmon avait amorcé un retour tonitruant.

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Vincent BISSONNET
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