Gabrielle Vernier, entre ombre et lumière

  • La centre des Bleues "Gabi" Vernier a réalisé une belle performance face au pays de Galles. Elle espère confirmer face à l’Irlande, le samedi 17 avril prochain. Photo Icon Sport
    La centre des Bleues "Gabi" Vernier a réalisé une belle performance face au pays de Galles. Elle espère confirmer face à l’Irlande, le samedi 17 avril prochain. Photo Icon Sport
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À 23 ans, la Blagnacaise a célébré sa 16e sélection en étant élue femme du match, avec une prestation pleine entre travail de l’ombre et fulgurances lumineuses.

Du haut de ses 1m64, pour 64 kg, Gabrielle Vernier n’était certainement pas la plus attendue samedi soir, face au pays de Galles. Dans un match dans un premier temps marqué à la sauce Montpellier, avec 3 essais de Caroline Boujard, puis un d’Agathe Sochat et un doublé d’Émeline Gros, la Blagnacaise s’est efforcée de perturber cette hégémonie en performant dans un autre secteur : la défense. "Mon geste préféré sur un terrain, c’est vraiment le plaquage, affirme-t-elle. Je prends beaucoup de plaisir à bien plaquer. Avec ma taille et mon centre de gravité plutôt bas, ça me permet d’être efficace. J’ai commencé le rugby jeune, avec des garçons. Il y avait des impacts et il ne fallait pas s’échapper donc j’en ai fait un point fort." Bousculer l’hégémonie montpelliéraine, elle connaît. Sur les sept dernières saisons, le titre de championne de France n’a échappé qu’une fois au MHR et devinez qui était en face, ce 21 mai 2016 ? "Gabi" Vernier.

Formée en banlieue parisienne, elle a rejoint Lille à sa majorité pour ses études d’ingénieure. En 2015, elle intégrait les rangs du LMRCV et sa fabuleuse génération composée des sœurs Ménager, de Shannon Izar, Chloé Pelle, Yanna Rivoalen, on en oublie ! Souvent remplaçante en Bleue, longtemps barrée par Camille Boudaud, qui retrouve tout juste les terrains d’entraînement avec le Stade toulousain après deux blessures, la centre a saisi sa chance à deux mains. "On est toutes très compétitrices. Être sur la feuille aujourd’hui, que ce soit pour être titulaire ou même remplaçante, c’est difficile. L’effectif est tellement fourni que c’est un travail quotidien pour s’imposer. J’ai eu une belle opportunité et j’ai tout donné."

La lumière fut

Précieuse dans le travail de l’ombre, Gabrielle Vernier, par fulgurances, a braqué les projecteurs sur elle face aux Galloises. Notamment lorsque, déséquilibrée à deux reprises, elle réalisait deux chisteras dont une, à 5 mètres de l’en-but, qui aurait fait bondir les entraîneurs les plus rigides. "Je n’ai pas des cannes de feu, je n’ai pas un gabarit imposant, donc j’ai toujours travaillé autre chose et notamment ma technique de mains. Sur cette action en particulier, c’est un petit craquage : cette chistera, il valait mieux la réussir ! Mais je sens que j’ai une fille en soutien et j’aime bien oser, tenter…" Pour tous ces aspects-là, on pourrait dire qu’elle a l’ADN de certaines Fidjiennes. "Sauf que c’est un pins ! se marre sa manager Annick Hayraud. C’est ce qui est surprenant chez Gabi. Elle est sur un terrain comme elle est dans la vie : toujours souriante. Elle a souvent la connerie, comme on dit. Ce n’est pas la première fois qu’elle nous fait ce genre de bonnes performances, notamment en défense ou elle nous apporte beaucoup de sérénité." La manager en a profité pour transmettre des nouvelles rassurantes de Marine Ménager, qu’elle espère forfait seulement pour le match de l’Irlande (samedi 17 avril à 15 h 15 à Dublin).

Baptiste BARBAT.
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