Pour les Bleues, un dernier Crunch pas si amical

  • Comme l’an dernier, la talonneuse Caroline Thomas, capitaine dans son club de Romagnat, a l’occasion de se frotter aux Anglaises qui constituent la meilleure nation mondiale. Photo Icon Sport
    Comme l’an dernier, la talonneuse Caroline Thomas, capitaine dans son club de Romagnat, a l’occasion de se frotter aux Anglaises qui constituent la meilleure nation mondiale. Photo Icon Sport
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Vendredi soir, la France tentera de prendre sa revanche après sa finale du Tournoi des 6 Nations perdue contre l’Angleterre, samedi dernier. Un match amical placé après le Tournoi pour de bonnes raisons.

"Et pour quoi faire ?", s’exclamerait Manu, du célèbre sketch des Inconnus. Pour tout initié qui suit cette équipe de France de loin, ce match amical placé après le Tournoi a tout d’une bizarrerie que seul le rugby est capable de nous offrir. Pourtant, l’explication de Stéphane Eymard, l’entraîneur des arrières, est très intéressante : "Ce match, on ne l’a pas mis là par hasard. Si on a choisi ce format c’est parce que dans un an, on va se retrouver dans une situation similaire à la Coupe du monde. Après deux matchs, nous terminerons la phase de poules contre l’Angleterre, comme la semaine passée. Et si tout se passe bien, il faudra enchaîner avec une deuxième grosse rencontre la semaine suivante en quart de finale, avec déjà un mois de compétition dans les jambes. Nous sommes exactement dans cette situation-là, aujourd’hui. On anticipe, on planifie et on voit comment les filles réagissent." La suite de son entretien, qu’il mène avec beaucoup de cœur et de franchise est à retrouver ci-dessous.

Dans la tête des joueuses, il s’agira donc d’un quart de finale de Coupe du monde. Avec une équipe complètement remaniée puisqu’entre les filles du VII qui ont de nouveau quitté le groupe comme prévu ce lundi (voir en échos) et les dégâts collatéraux d’un Crunch de plus en plus intense et engagé (voir l’infirmerie) ce sont pas moins de sept filles qui manqueront à l’appel ce vendredi. L’occasion pour certaines de prouver leur légitimité dans ce groupe.

Un défi de taille, face à ce qui se fait de mieux. On pense évidemment au centre du terrain, où Maëlle Filopon et Gabrielle Vernier sont de nouveau titulaires, après le match d’ouverture. Cette dernière, élue femme de la rencontre face aux Galloises, n’avait pourtant pas réussi une performance suffisante pour gagner sa place. Avec ses 1,64 m pour 64 kg, sa prestation sera scrutée puisqu’elle fera face à la meilleure joueuse du monde, Emily Scarratt (1,81m pour 77kg). La Blagnacaise, qui excelle au plaquage, aura de quoi se divertir.

Et pourquoi pas se libérer ?

Cette opposition sera surtout l’occasion d’achever cette fenêtre internationale, usante par sa durée et ses conditions d’isolement drastiques, sur une note extrêmement positive. D’autant que quatre d’entre elles (Julie Annery, Lise Arricastre, Élise Pignot et Caroline Thomas) n’ont pas disputé une seule minute du Tournoi. La question du manque de rythme et d’impact s’impose, mais cette dernière y répond : "On est préparées à ça. Pour nous, il n’y a aucune crainte. Bien au contraire, on a les dents qui rayent le parquet ! Après ce n’est pas évident d’intégrer une équipe qui enchaîne les bonnes performances, mais nous sommes un groupe soudé, donc ça se passe bien. Et puis, ça reste une chance et un honneur de porter le maillot de l’équipe de France." Mais pour s’imposer il faudra encore élever le curseur. Nettoyer les zones de rucks, réduire les imprécisions, et scorer quand l’occasion se présentera. On rappelle que samedi dernier, les Bleues n’ont pas inscrit d’essai valide, alors qu’elles ont notamment passé tout le premier quart d’heure dans les 22 mètres adverses. "Il y a des coups qu’on aurait pu mieux jouer, affirme Pauline Bourdon. On n’a pas été assez justes offensivement et ça laisse des regrets, oui." Des regrets criants tant les Françaises semblaient plus que proches, et même au-dessus des Anglaises.

Évidemment, une victoire vendredi ne leur rendra pas le titre gagné par les Red Roses. Ce ne sera qu’un test-match, mais sa valeur pourrait être immense si au coup de sifflet final, les "Affamées" levaient les bras au ciel et se congratulaient.

Une victoire vendredi, ce serait aussi clôturer ces longues semaines à Marcoussis avec le sourire, et écarter d’un revers de la main cette terrible série de huit défaites consécutives contre les Anglo-Saxonnes. Ce serait se dire qu’elles en sont capables, et puis quoi ? Battre les numéros unes mondiales à un an de la Coupe du monde, ça laisse place au rêve, non ?

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Baptiste BARBAT
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