Du respect pour Agen

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L'édito d'Emmanuel Massicard... Vous l’avez peut-être lu ce week-end : Jean-François Fonteneau, le président d’Agen, est en colère. Il n’a pas digéré la nouvelle défaite des siens, contre Pau. Une déroute à cinquante points face au douzième du classement. Une claque de plus… C’est trop pour « Jeff » qui parle de trahison et d’irrespect, qui dit même ne plus avoir l’envie de payer les joueurs.

Ses mots suintent la tristesse et la honte partagées par tous les amoureux du SUA alors que leur club est en passe de terminer le Top 14 sans la moindre victoire au compteur. Possiblement Fanny. Une « performance » jamais réalisée jusqu’à présent.

Comment donner tort au président agenais, même si son coup de gueule à la desesperado nous paraît trop tardif - et donc vain - à quatre matchs de la fin. Reconstruire sur ce champ de ruines n’aura rien d’évident, surtout face à tant de résignation. Et c’est certainement là où le bât blesse.

S’il serait parfaitement injuste de considérer les joueurs agenais comme les uniques responsables du naufrage actuel, ils portent pour de bon leur part de responsabilité face à l’ampleur du désastre sportif. À force de considérer que le rugby était un job avant d’être une passion, un jeu avant d’être un combat, leur saison est devenue ce long chemin de croix qui impose à présent la rancœur présidentielle.

Vu des tribunes, tout s’est passé comme si les Agenais s’étaient résignés avant l’heure : trop timides pour assumer une guerre sur tous les fronts du jeu ; trop jeunes pour connaître et assumer les ficelles de ce rugby d’antan, parfois peu glorieux, qui aurait pu faire couiner un peu plus leurs adversaires ; trop lisses, enfin, pour réveiller le vestiaire, se rebeller et sortir du cadre ultra aseptisé de l’aimable Top 14. Or, la bataille pour le maintien et plus encore celle de l’honneur imposent bien d’autres devoirs que des concours d’élégance et de politesse. Pour gagner, il faut ainsi savoir jouer avec sa propre histoire, ses atouts et ses failles plutôt que de s’inventer un destin qui n’est pas le vôtre. L’amour du maillot est un trésor qui se cultive et se partage.

Autour des joueurs agenais, staff, dirigeants ou président doivent également assumer leur échec à l’instant de créer un contexte plus favorable et d’insuffler un supplément d’âme au collectif, plutôt que de lui envoyer régulièrement des petits signaux défavorables. On pense, entre autres, au changement d’entraîneur, à l’épisode du possible départ présidentiel vers la LNR et à celui bien réel de l’ailier supposé « star », Gabriel Ibitoye, dès janvier. Comme si les dés étaient déjà jetés…

Alors, si la chute d’Agen semble marquée par un cruel défaut de caractère - pour ne pas dire plus - ne nous voilons pas la face : les joueurs ne seront jamais les seuls responsables. Plus encore quand ils deviennent des pions que l’on déplace d’un club à l’autre en pleine saison, au gré des opportunités et des intérêts financiers…

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