Mathis à fond

  • Mathis Lafon connaît des débuts de rêve en Top 14. Face à Agen, il a inscrit son premier essai dans la compétition reine.
    Mathis Lafon connaît des débuts de rêve en Top 14. Face à Agen, il a inscrit son premier essai dans la compétition reine. - Didier Von Tillmann
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Entouré, samedi, de la plupart des cadres rochelais qui joueront la finale de Champions Cup, le jeune centre Mathis Lafon vit un rêve éveillé. Il a ouvert son compteur d’essais, contre Agen.

«Il n’était pas très spectaculaire (sourire) mais je suis très heureux. Premier essai en Top 14 ! Je remercie Grégory Alldritt. » 74e minute du match face à Agen. De retour sur la pelouse de Deflandre après la blessure d’Aguillon, Mathis Lafon accompagne son flanker dans l’en-but visiteur. Et, là, un cadeau venu du ciel. Ou plutôt du sol, pour imager au mieux l’offrande. « Greg a un deux-contre un à jouer, rembobine le centre de 22 ans. Je lui dis : « fais croquer, fais croquer ». Je pense qu’il m’entend une fois au sol et il me lève le ballon, alors qu’il était déjà dans l’en-but. J’ai vite pensé à l’aplatir ! » Un geste de grande classe, qui reflète l’ambiance et la solidarité au sein d’un groupe de plus en plus étoffé. « Il peut lui faire avant, quand même, sourit, chambreur, Kévin Gourdon. Mais c’est tout à son honneur, ça part d’un bon sentiment. Une saison, ça ne se gagne pas à 23 mecs sur une feuille de match. Et on s’en rend compte encore plus maintenant avec ces trois matches joués en huit jours. Quand les jeunes montent avec nous, ils ont faim. On comprend, on était à leur place il y a pas mal d’années. »

« Une belle histoire avec Mathis »

En l’espace de cinq jours, Mathis Lafon a pris du galon. Deux titularisations de rang en équipe première, quatre mois après ses premiers pas en Top 14, à… Agen. En janvier, le chevelu natif de Saint-Nazaire avait concédé un essai sur interception. « Cette expérience va lui servir », glissait alors Jono Gibbes.

Le manager maritime ne pensait pas si bien dire. Déjà, mardi dernier à Brive, celui qui a découvert le rugby à La Baule avait su braver les tampons corréziens pour signer une prestation des plus encourageantes aux côtés des nombreux minots rochelais. Samedi, il a confirmé, avec les grands. « C’est une belle histoire avec Mathis, souligne le Kiwi. Il a passé toute la saison avec nous. Ce joueur aime beaucoup le contact, il est généreux dans son style de jeu. Le problème pour lui, c’est qu’on ne fait pas de contact dans la semaine. Son point fort n’est jamais vraiment visible à l’entraînement. Difficile donc de s’adapter à notre préparation. Finalement, il a été performant contre Brive. C’était une récompense aujourd’hui de jouer avec une ligne de trois-quarts plus expérimentée. C’est un bon exemple pour les autres, c’est toujours positif quand tu vois un jeune saisir une bonne opportunité comme ça. »

De quoi lui offrir son premier contrat pro ? Arrivé à 17 ans à La Rochelle, Mathis Lafon a en tout cas, contre toute attente de son propre aveu, marqué des points : « J’étais censé finir la saison avec le groupe Espoirs. Il y a eu des blessures, donc je suis monté. J’ai eu la chance de matcher. Comme quoi, le rugby, c’est bizarrement fait (rires). Ce n’était pas prévu et ça tombe plutôt bien pour mon avenir rugbystique. Pour l’instant, je ne sais pas encore où je serai la saison prochaine. Rester ? Ce serait le rêve surtout qu’en ce moment, l’équipe est en pleine bourre. Je risque de passer une très, très belle fin de saison ! »

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Romain Asselin
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