Léa Perret, le cœur rouge et noir

  • Lisa Perret, qui capte ici un ballon en touche, est au club depuis quinze ans et restera une figure du Lou féminin. Lisa Perret, qui capte ici un ballon en touche, est au club depuis quinze ans et restera une figure du Lou féminin.
    Lisa Perret, qui capte ici un ballon en touche, est au club depuis quinze ans et restera une figure du Lou féminin.
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Originaire d’Oyonnax, Léa Perret (30 ans) a effectué toute sa carrière senior au Lou, dont elle a accompagné la progression, de la Fédérale 2 à l’Elite 1. Elle va raccrocher les crampons avec deux boucliers dans son armoire à trophées.

Une page du Lou va se tourner. La troisième ligne Léa Perret va jouer dimanche 13 juin son dernier match sous le maillot lyonnais. Avec Corinne Grégoire, présente depuis la création de la section féminine, Adeline Hérraut et Alizée Rolland, elle était une des plus anciennes de l’équipe. Arrivée à 17 ans en provenance d’Oyonnax, elle a vécu et accompagné la montée en puissance de l’équipe féminine du Lou, sur le terrain, d’abord comme ailière, avant de passer en troisième ligne, mais aussi en dehors, sur les réseaux sociaux pour faire connaître l’équipe. Au passage, elle a disputé quatre finales et ramené deux boucliers (Fédérale 1 en 2013 et élite 2 en 2019). Son meilleur souvenir est d’ailleurs la finale… perdue en Armelle-Auclair, contre Clermont en 2016. "Depuis que nous sommes petites, on nous rabâche les oreilles sur le fait que le rugby vient du Sud-Ouest, donc jouer une finale entre équipes rhônalpines, c’était plutôt sympa !" Surtout, cette année-là, contrairement à la finale perdue aux tirs au but en 2012 et aux deux titres, l’équipe lyonnaise n’était pas taillée pour aller aussi loin. Quatrième de poule, elle avait battu Bayonne à la surprise générale. "Je revois Bayonne repartir avec les bouteilles de champagne sous le bras… Ensuite, nous étions arrivés jusqu’en finale ! C’est un souvenir de fou."

"Un caractère de cochon"

Avant de disputer tous ces matchs, Léa a dû faire preuve de caractère. Quand elle commence le rugby à XV à Oyonnax, son père Olivier Perret, ancien ailier de l’USO, n’y est pas favorable. "Il ne voulait pas que je joue, explique-t-elle. Ce n’était pas un sport pour les filles. Il pensait que ça allait me passer… Il a fini par m’acheter mes premiers crampons et par m’accompagner au Creps de Voiron pour une détection en moins de 20 ans." La jeune femme a toujours eu un caractère bien trempé. Le jeune chien fou, qu’on se rappelle avoir vu bougonner à l’entraînement, s’est mué en combattante et a vraiment trouvé sa place quand elle a été replacée en troisième ligne en 2015. "Notre entraîneur d’alors, Carine Rudigoz, m’a mis à ce poste et je ne m’y attendais pas. Cela m’a révélé comme une meilleure joueuse. Des anciennes ont commencé à partir. J’ai pris plus confiance en moi. J’ai commencé à réaliser de bonnes prestations. Et le respect et l’écoute passent par les performances…"

Son départ va d’ailleurs laisser un vide. Capitaine de touche, son caractère bien trempé - "Mon caractère de cochon s’est affirmé" sourit-elle - et son charisme sur et en dehors du terrain manqueront. "Mais des filles présentes depuis cinq ou six ans vont prendre le relais. Et le Lou se construit bien. La jeune Chloé Jacquet est en équipe de France à VII, Annaëlle Deshayes nous a rejoints l’été dernier. Quand je suis arrivée, on nous donnait une paire de chaussettes, un short et un tee-shirt… Maintenant, nous sommes encadrés : nous avons deux entraîneurs, un analyste vidéo et un préparateur physique."

Pour autant, la joueuse, qui n’a jamais fait les choses à moitié, vivant même une expérience en Nouvelle-Zélande, en 2017, où elle disputa une dizaine de matchs dans l’équipe de Poneke, à Wellington - " encore une équipe rouge et noir !" - n’a pas de doutes sur sa décision. à 30 ans, le Lou, maintenu dans l’élite, elle s’en va avec le sentiment du devoir accompli. "Je n’ai pas envie de faire la saison de trop, de décevoir les filles. J’ai passé douze ans de folie, où j’ai fait passer l’équipe avant moi. J’ai envie de penser à moi, de pouvoir boire l’apéro le soir." Aussi, les cadences au haut niveau deviennent difficiles à supporter. "Le rugby ne nous fait pas manger et, à terme, il faudra aider les filles, juge Léa. C’est difficile d’être toujours performante après une journée de travail, les études, etc. Les filles sont épuisées. Le corps est une machine dont on doit prendre soin. Si on additionne le temps au travail ou à l’école, et le temps au rugby, il n’y en a plus pour le reste…" Après avoir tant donné sur les terrains, on lui souhaite de profiter de sa nouvelle vie.

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Sébastien FIATTE
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