Au fait, c’est une fête !

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L'édito de Léo Faure... D’abord, ce fut un songe. Une blague narrée sur la mélodie du "Imagine un peu, si…". Biarritz-Bayonne en barrage d’accession, c’était une rigolade de machine à café, une brève illusion de comptoir qui n’avait rien d’improbable, rien d’acquis non plus. Mais quand même, "imaginez un peu, si…".

Nous y voilà donc. Le plus chaud des derbys dans le plus grand des contextes. Pour une multitude de raisons, qui font les rebonds d’une saison, les frères ennemis basques se croiseront effectivement, ce samedi à Aguilera. Les planètes se sont alignées. La folie basque aura bien lieu.

Par folie, il faut tout de suite s’entendre : c’est de couleurs, de chants, d’éclats de rire et de trop-plein de bière aux arômes euskariens dont on cause ici. Quelques railleries de bon aloi, du chambrage en semaine, de la mauvaise foi du vaincu et de la langue un peu trop pendue du vainqueur. Des excès bien amicaux, en somme, derrière la rivalité qui devrait rester en façade.

Tout ça, pour dire quoi ? Que Bayonnais et Biarrots peuvent bien se jurer exécration, le temps de ce derby devra rester une fête et ce match, si important soit-il pour les clubs et les villes, un moment de convivialité sportive. Ça n’a rien d’évident : plusieurs échos qui résonnent depuis le pays basque ont fait remonter le bruit d’un antagonisme qui confine à la haine. Avec tout ce que cela comporte de nauséabond.

Les deux camps de supporters aiment à se détester, du plus loin qu’un ballon de rugby s’est posé sur les vertes pelouses arrosées de ce piémont océanique. Du folklore, tant que cela ne pénètre pas les arcanes dirigeants des clubs. C’est ici que l’inquiétude frémit : la détestation infuse désormais dans les discours des deux présidents, entre inimitié réelle du duo Tayeb-Aldigé et grosse ficelle populiste, pour draguer le supporter sur la corde identitaire.

Un rappel, donc, à tout un chacun : samedi soir, aux alentours de 19h15, il y aura toujours un club de l’agglomération BAB (Bayonne-Anglet-Biarritz) en Top 14, un autre en Pro D2. Ce qui devrait déjà suffire à enorgueillir l’entité basque dans sa glorieuse entièreté.

Ce seront les Bleus plutôt que les Rouge. Ou l’inverse. Plus important : de ce match, on contera l’histoire avec fierté si la fête est belle, avec regret et une pointe de honte si elle dégénère. Il faudrait tâcher de ne pas l’oublier. Jusque dans les bureaux présidentiels.

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