L’ASM Romagnat remporte le bouclier

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    L’ASM Romagnat remporte le bouclier MO - Stephanie Biscaye
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L’ASM Romagnat est championne de France, 13-8 face à Blagnac en grande partie grâce à la qualité de sa défense. Une ascension fulgurante pour une histoire tout aussi belle.

Ce dimanche matin, à l’hôtel où résidait Romagnat le temps d’une nuit, on a vu des joueuses serrer leur coach Fabrice Ribeyrolles dans leur bras pour lui dire, « Bonne fête papa ! ».  Symbole de l'unité qui règne dans ce groupe autour de cet homme. Savez-vous ce que le coach a répondu à cette scène pleine d’humour ? : « Vous savez ce que je veux comme cadeau ! » Et voilà l’homme comblé. D’autant plus que sa véritable fille, Manon était sur le terrain. D’ailleurs à ce même hôtel, on a failli être mis dehors par les joueuses ce dimanche matin, car, par superstition et toujours sur le ton de l’humour, elles souhaitaient revivre exactement le même rituel qui leur avait permis de réaliser l’exploit de sortir les triples tenantes du titre de Montpellier, la semaine passée, à Toulouse. Et les voilà quelques heures plus tard au sommet du rugby féminin français. Au terme d’une saison des plus incertaines et compliquées. C’est peut-être l’équipe la plus solidaire qui repart avec ce bouclier. « Ah mais moi j’en suis certaine, nous reprend à la volée Caroline Thomas, la talonneure remplaçante de Romagnat accompagnée du panneau de la ville de Clermont sous le bras quand celui de Romagnat est trimbalé un peu plus loin. C’était compliqué pour tout le monde cette saison, et nous on l’a fini de la plus belle des manières, et c’est d’autant plus beau parce que personne ne nous attendait là. » Peu de monde aurait misé un sous sur cette équipe en septembre. « C’est sûr qu’on part de loin, appuie Fabrice Ribeyrolles juste après la levée du bouclier. Il y a 6 ans on était en deuxième division. Je suis bluffé par les filles. Je savais qu’on bossait bien mais de-là à passer de -70 points contre Montpellier il y a 5 ans, au titre aujourd’hui... Même dans mes rêves les plus fous, ça ne serait pas allé aussi vite. » Peu de gens non plus misaient sur l’ASM cette semaine. Jusqu’à l’échauffement et ce fameux violent orage (voir en échos) qui privait Blagnac de l’avantage des nombreux talents qui composent sa ligne d’arrière.

Et puis le soleil fut

Car il n’y a pas à dire, une finale c’est plus sympa à jouer avec un ballon de rugby et du soleil qu’avec une savonnette. Cette finale, à Blagnac, arbitrée par une ancienne joueuse de Blagnac (madame Groizeleau a joué à Saint-Orens qui est devenu Blagnac) nous donnait encore moins Romagnat favoris. Néanmoins, au vu des quelques centaines d’Auvergnats entassés en tribune prêts à s’époumoner pour leurs joueuses, et au sifflet toujours de haut niveau, on a vite compris que les débats seraient équiulibrés. Et même si c’est un essai de la centre Élise Pignot qui fait la différence, il ne faut pas oublier que l’action démarre par une grosse avancée d’un maul. On retiendra également beaucoup de larmes du côté de Blagnac pour qui décidément ça ne veut pas sourire : « On a des piliers de l’équipe qui arrêtent, des filles qui ont consacré leur vie à ce club et on voulait leur offrir ce titre devant notre public. On s’en veut, une grosse pensée pour elles. Notre équipe reste jeune et Blagnac reviendra. » L’image qu’on retiendra c’est cette éclaircie. Le soleil jaune comme l’ASM se pointa pile pour la levée de bouclier. Après avoir battu Toulouse il y a un mois en phase régulière, puis Montpellier en demi, et enfin Blagnac à Blagnac, ce bouclier Romagnat ne l’a certainement pas volé.

Baptiste Barbat
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