Entre O'Gara et Gibbes, la guerre n'a pas fait de victime

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Publié le , mis à jour

Les deux patrons sportifs rochelais, sans être très proches, ont inventé un écosystème qui réussit plutôt bien au club rochelais.

Dans les faits, Jono Gibbes est le directeur de rugby du Stade rochelais et donc le supérieur hiérarchique de Ronan O’Gara, dans l’organigramme du club. Dans l’inconscient collectif, c’est pourtant le coach irlandais qui incarne depuis déjà plusieurs mois le visage du patron sportif, à La Rochelle. à ce sujet, vous noterez d’ailleurs qu’au moment où le président Vincent Merling fut vendredi soir longuement interrogé par nos confrères de Canal +, le cafetier maritime salua plusieurs fois le travail de son « entraîneur en chef » (Ronan O’Gara), qui avait su donner la « culture de la gagne » au Stade rochelais mais, probablement emporté par l’émotion, oublia de mentionner le nom de Jono Gibbes…

Car c’est une bien étrange histoire qu’ont finalement vécu l’ancien flanker des All Blacks et le Munsterman, ces deux dernières saisons.

En arrachant O’Gara aux Crusaders au printemps 2019, Jono Gibbes se dota de l’un des meilleurs techniciens d’Europe mais, délibérément ou pas, mit le loup dans la bergerie. Après tout, Ronan O’Gara n’avait jamais caché que ses expériences en tant que « numérobis » au Racing ou en Nouvelle-Zélande n’étaient qu’une étape dans son parcours de coach et qu’un jour, il prendrait la tête, seul, du projet sportif d’un club. Lorsqu’il débarqua du côté du stade Marcel-Deflandre, l’ancien demi d’ouverture du Munster n’eut d’ailleurs jamais le discours compassé, précautionneux, d’un adjoint lambda et attentif à l’ego de la hiérarchie…

Ce n’est un secret pour personne : entre Jono Gibbes et Ronan O’Gara, les relations se tendirent assez vite et, si les deux coachs n’en vinrent évidemment jamais aux mains, leur guerre froide fait aujourd’hui partie de l’histoire de ce vestiaire : s’ils s’adressent rarement la parole, Jono et « ROG » ont néanmoins su cohabiter, créant autour d’eux un écosystème à l’anglo-saxonne qui fonctionne, aussi impensable cela puisse-t-il paraître à nos yeux de Latins.

Collazo et « Garba » s’étaient déchirés…

Ainsi, au jour où Patrice Collazo eut ses premiers mots avec Xavier Garbajosa (2018), les résultats s’en ressentirent aussitôt à La Rochelle et le club, secoué de toutes parts entre les ego de ses deux coachs, termina la saison dans le ventre mou du championnat…

Un peu plus tôt dans cette saison, lorsque se présenta pour Jono Gibbes l’opportunité clermontoise, le Stade rochelais n’exigea pas la moindre indemnité à l’ASMCA au moment où les Jaunards signèrent le contrat du Kiwi : celui-ci, heureux de trouver un club où il n’aurait à s’occuper que du sportif (en tant que directeur de rugby, Jono Gibbes devait aussi penser à La Rochelle à un projet plus global et englobant les Espoirs, l’école de rugby…), sauta sur l’occasion ; la promotion future de O’Gara fut annoncée et, comme attendu, les relations entre les deux hommes se réchauffèrent quelque peu. Rog et Jono ? Ils ne partiront pas en vacances ensemble. Mais ils pourraient bien, à quatre mains, écrire le plus beau chapitre de l’histoire rochelaise…

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