Jonathan Danty : « On nous avait promis l’enfer »

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Le trois-quart centre Jonathan Danty a été brillant pour sa septième sélection.

Après une nuit de sommeil, quel est le sentiment qui domine après cette défaite ?

« Je suis déçu du résultat. Nous sommes déçus car nous avons fait beaucoup d’efforts pour être en mesure de l’emporter et finalement, ça se joue à pas grand-chose. Nous n’avions pas beaucoup d’automatismes, donc on s’est accrochés grâce à notre grosse défense, des choses simples et une belle intensité. Tout n’a pas été parfait et cela nous laisse entrevoir une belle marge de progression en vue des deux prochains matchs. »

Sur le contenu, est-ce que vous avez atteint vos objectifs ?

« On s’est rapproché de l’intensité que nous souhaitions mettre. Surtout, nous n’avons pas lâché lors des temps faibles où nous avons su sortir la tête de l’eau. C’était difficile car quand l’Australie accélérait, on sentait que les mecs avaient l’habitude de jouer à un rythme qui est différent de ce que l’on peut connaître en club. Après, la dernière action… Malheureusement, ça arrive. On a travaillé pas mal de scenarii depuis notre arrivée en Australie mais c’est vrai que ce scénario de fin de match, avec une touche contrée et la pression qui nous empêche de dégager en touche, c’est toujours délicat. Mais ça nous laisse beaucoup d’espoirs. »

Avez-vous réconforté les joueurs impliqués ?

« Je crois surtout que le match a duré 80 minutes et nous avons fait pas mal de fautes. Nous avons été indisciplinés donc tout ça doit rentrer en compte. Si nous avions été un peu plus disciplinés, l’écart au score aurait pu être un peu plus grand en fin de match. Sur les vingt premières minutes de la seconde mi-temps, nous avons beaucoup défendu et nous avons commis beaucoup de fautes. Nous avons été sous pression et nous étions à vingt mètres de notre ligne, à défendre des mauls et des séquences de jeu. Les Australiens avaient mis sur le banc des joueurs assez costauds, pour prendre la ligne d’avantage. Cela nous a mis en danger. Ce qui se passe à la fin est le résultat de tous ces temps faibles où nous nous sommes fatigués à rattraper les coups. Nous sommes moins lucides sur la fin. »

Vous avez su être efficaces offensivement. La clé sera-t-elle d’avoir un peu plus de possession lors des prochains matchs ?

« C’est aussi une question de stratégie. Étant donné qu’on s’appuie sur une grosse défense, nous n’avons pas besoin d’avoir 60  % de possession pour pouvoir gagner un match. Nous avons su les mettre en danger quand nous avons eu le ballon. Il nous a peut-être manqué une ou deux munitions de plus. »

Comment avez-vous vécu votre septième sélection ?

« Le groupe reste le plus important. Ce n’est pas forcément évident car nous n’avons pas eu vraiment de moments sympas, jusqu’à présent. Nous étions enfermés dans notre bulle sanitaire. Mais tout le monde a joué le jeu et a travaillé dur pour répondre sur le terrain, donc c’est décevant de perdre sur le fil. Je suis très content d’être sélectionné, même si on a pu lire que l’équipe de France était bien trop remaniée pour pouvoir rivaliser avec l’Australie. Je crois que nous avons répondu présents. On ne va pas s’enflammer car nous avons perdu malgré une belle prestation. Même si une victoire aurait été importante pour le moral, notre prestation nous donne un petit coup de jus pour nous dire que nous ne sommes pas très loin. Avec quelques efforts supplémentaires, on peut espérer remporter des matchs pendant cette tournée. On nous avait promis l’enfer, mais nous sommes là et je crois qu’on se donne les moyens de tirer le maximum de notre potentiel. »

Le Stade rochelais vient d’officialiser votre arrivée. Comment vivez-vous ce tournant dans votre carrière ?

« Pour le moment, je n’ai pas eu le temps de me poser entre la fin de saison au Stade français et la convocation avec l’équipe de France. Je n’ai pas encore eu le temps de réaliser que j’allais quitter Paris. Je suis très content de me lancer dans un nouveau challenge, qui doit permettre de me révéler dans une autre équipe. J’espère vivre de belles choses avec La Rochelle. »

Sentiez-vous le besoin de vous lancer dans un nouveau challenge ?

« Au bout d’un moment, c’est difficile d’aller au bout de son potentiel quand tu es installé dans le même club depuis dix ans. Tu connais tout le monde, tu sais comment être bon sur le terrain sans réellement te donner à 200 %. C’est un choix que j’avais déjà envisagé il y a quelques années. Ce n’était pas à La Rochelle mais ailleurs. J’avoue qu’à ce moment-là, je n’étais pas prêt à quitter Paris. Désormais, je me sens prêt à vivre quelque chose de différent. Participer à la Coupe du monde 2023 est dans un coin de ma tête et pour cela, je vais devoir être bon en club. C’est le défi qui m’attend à La Rochelle. »

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