Des regrets pour les Bleus, malgré tout

  • Les Bleus ont été énormes, mais laisser échapper cette tournée est tout de même frustrant.
    Les Bleus ont été énormes, mais laisser échapper cette tournée est tout de même frustrant. Photox - Scott Powick
Publié le , mis à jour

Épatants au vu du contexte de cette série de tests, les bleus n’en ont pas moins laissé échapper un trophée qui leur tendait les bras. Une fois de plus…

Soyons honnêtes : jamais on n’aurait imaginé, voilà quinze jours, se trouver dans la position si inconfortable de jouer les pisse-froid devant l’enthousiasme général, tant ces petits Bleus semblaient à leur départ en Australie voués à la traditionnelle « triple branloute » qui ponctue depuis plus de dix ans leurs virées dans l’hémisphère Sud. Seulement voilà : c’est qu’on se prend au jeu, avec cette si belle équipe de France. Et que le constat demeure clair comme de l’eau de roche, à l’issue de cette tournée…

En effet, nom d’un bonhomme, il n’est pas exagéré d’affirmer que les Bleus auraient dû ni plus ni moins remporter cette série ! Parce qu’ils avaient, dans cette seule optique, effectué le délicat choix humain de laisser 9 joueurs sur le carreau, frustrés de s’être payés un aller-retour aux antipodes pour jouer les partenaires d’entraînement au sortir d’une éprouvante quatorzaine. Parce qu’ils avaient la victoire en main lors du premier test de Brisbane, avant de perdre les pédales après la sirène de la façon que l’on sait. Parce qu’ils ont évolué pendant 75 minutes en supériorité numérique lors de cette « finale », et peuvent à bon droit considérer qu’ils ont davantage perdu ce match sur leurs propres erreurs que les Australiens l’ont emporté sur la qualité de leur rugby.

Un destin de « poulidors » à nuancer

Une réalité qui fâche ? Assurément…. Car s’il est désormais incontestable que l’équipe de France dispose du réservoir et du talent nécessaires pour gagner des trophées, quels que soient les absents et quel que soit le XV de départ aligné. Dès lors, on ne peut que constater qu’il peine dans cette quête. Deuxièmes des éditions 2020 et 2021 du Tournoi des 6 Nations, finalistes de la Coupe d’Automne et désormais vaincus de trois petits points par l’Australie pour le compte du Trophée des Bicentenaires, les Bleus peuvent à bon droit être considérés comme des Poulidors du rugby international, enthousiasmants mais vaincus à la fin.

Un constat que Fabien Galthié ne niait pas, samedi, même s’il cherchait à le nuancer. « Ce qu’il nous manque pour gagner un trophée ? Là, il manque trois points... On a fait des compétitions qui n’avaient rien à voir, avec des équipes différentes et des événements différents. Ce que je trouve positif, c’est qu’on est toujours dans la partie. Et on dispose de beaucoup d’informations intéressantes qui vont nous aider à progresser. »

Victoire impérative dans le Tournoi 2022

Le hic ? Il est que désormais, le temps commence à presser. En effet, la Coupe du monde 2023 approche à grands pas, et il n’a évidemment pas échappé à Fabien Galthié que toutes les équipes championnes du monde ont, devant l’histoire, remporté au moins une compétition internationale avant de soulever la Coupe Webb-Ellis. Un passage obligé dans la construction d’un groupe sur le chemin du titre suprême, qu’il va désormais s’agir de dépasser.

À ce titre, le Tournoi 2022 semble une opportunité toute trouvée, puisque les Bleus disputeront trois de leurs rencontres à domicile et que, depuis l’existence du Tournoi des 6 Nations, les années suivant les tournées des Lions britanniques et irlandais sont traditionnellement propices au XV de France (grands chelems en 1998, 2002 et 2010, première place en 2006). De quoi faire peser une pression supplémentaire (et un brin exagérée) sur les épaules de nos petits Bleus lors de la prochaine échéance européenne ? Peut-être. Reste qu’il faudra bien s’y habituer, s’ils souhaitent vraiment décrocher le Graal à la maison un an plus tard...

 

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