Le coup de griffes des Lions

  • Le capitaine des Lions, Alun-Wyn Jones, "incertain", a montré que ces Lions bien que peu convaincants sur leurs premiers matchs de tournée avaient plus que de la ressource. En jouant comme des Boks, ils remportent ce premier test, logiquement. Photo Icon Sport
    Le capitaine des Lions, Alun-Wyn Jones, "incertain", a montré que ces Lions bien que peu convaincants sur leurs premiers matchs de tournée avaient plus que de la ressource. En jouant comme des Boks, ils remportent ce premier test, logiquement. Photo Icon Sport
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Auteurs d’une deuxième mi-temps de bien meilleure facture que la première, les coéquipiers d’Alun-Wyn Jones ont remporté le premier test de la tournée, lavant ainsi l’affront de leur défaite contre la «réserve sud-africaine.

Vous savez à quoi l’on reconnaît les grandes rencontres ? Ce sont souvent celles qui connaissent les avant-matchs les plus agités. Et ce premier choc opposant la prestigieuse sélection des îles britanniques aux champions du monde sud-africains n’a pas dérogé à la règle. Fidèle à sa réputation d’agitateur d’avant-match, le sélectionneur Warren Gatland a animé la semaine en lançant une polémique après avoir découvert que l’arbitre vidéo de la rencontre allait être… Un Sud-Africain ! En l’occurrence Marius Jonker, dont la nomination - en remplacement du Néo-Zélandais Brendon Pickerill, coincé chez lui en raison des nouvelles restrictions de voyage décidées par la Nouvelle-Zélande - a fait bondir de rage l’ancien boss du pays de Galles.

Et sa colère fut d’autant plus forte que le fameux Marius Jonker était déjà le «TMO» lors de la défaite des Lions britanniques contre les Springboks «A», le 14 juillet dernier (17-13). Un match où Gatland avait justement fulminé contre Jonker pour un plaquage dangereux (et non sanctionné) du demi de mêlée Faf de Klerk sur le flanker des Lions Josh Navidi : «Je ne peux pas comprendre ceux qui disent qu’il n’y a pas eu de contact avec la tête. L’adversaire ne met pas les bras, percute d’abord avec le bras puis l’épaule mais il y a clairement un contact avec la tête», avait grogné Gatland.

Wyn Jones forfait de dernière minute

Les joueurs, eux, n’ont eu cure que de cette polémique comme Gatland les aime. Ils étaient trop préoccupés par le combat qui les attendait. Le centre irlandais Robbie Henshaw l’avouait en milieu de semaine : «Nous sommes tout à fait prêts. On a effectué beaucoup de travail de contact et on a joué quelques matchs ici, en Afrique du Sud. Ce n’était pas toujours facile face à des adversaires coriaces et solides. Mais aujourd’hui on est prêts : on s’attend à un véritable combat, rude devant et la bataille pour la ligne d’avantage sera énorme. On va avoir des gars solides, costauds, qui vont nous foncer dessus dès le coup d’envoi.

Le centre de 28 ans aux 52 sélections avec le XV du Trèfle ne s’était pas trompé. D’emblée, les Sud-Africains ont alterné entre jeu de pression et jeu de mouvement, faisant feu de tout bois quand ils avaient le ballon et punissant chaque adversaire en défense, à l’image de ce plaquage autoritaire du centre Lukhanyo Am sur Elliott Daly. Plus efficaces et agressifs dans le jeu au sol et plus habiles dans les airs que leurs adversaires, les Springboks ont surpris les Lions qui ont concédé plusieurs pénalités donnant l’opportunité à l’ouvreur Handré Pollard de passer quatre pénalités. Les Britanniques se vengeaient en mêlée fermée, malgré le coup dur subi juste avant la rencontre avec le forfait de dernière minute du pilier gallois Wyn Jones, initialement titulaire et remplacé au pied levé par son homologue écossais Rory Sutherland, l’Anglais Mako Vunipola prenant place sur le banc. Malgré l’absence du Gallois, la mêlée rouge fut souveraine, contraignant le sélectionneur sud-africain Jacques Nienaber à changer toute sa première ligne à la mi-temps, lançant l’ex-Girondin Steven Kitshoff, le talonneur Malcolm Marx et le droitier Frans Malherbe, tous trois sacrés champions du monde en 2019.

Vunipola achève la mêlée des boks

Au retour des vestiaires, les hommes d’Alun-Wyn Jones ont remis l’agressivité nécessaire à ce genre de choc. Cette réaction prit la forme d’un ballon porté initié après touche qui envoya Cowan-Dickie derrière la ligne. Les Boks répliquèrent aussitôt par un essai de Willie Le Roux mais celui-ci fut refusé pour une position de hors-jeu de l’arrière. Les Sud-Africains se vengèrent quelques minutes plus tard : percée de Du Toit, relais de Mapimpi, jeu au pied à suivre puis essai de Faf de Klerk après examen à la vidéo.

On pensait que cet essai allait assommer les Lions. Il n’en fut rien. Les joueurs de Warren Gatland remirent la main sur le ballon, et par là-même leurs adversaires sous pression. Ces derniers se mirent à commettre faute sur faute, et Dan Biggar les sanctionna en passant trois pénalités en dix minutes, entre la 53e et la 63e minute. Ajoutez à cela que l’entrée en jeu de Mako Vunipola à gauche ne fit qu’accentuer la domination des Britanniques en mêlée fermée. Et Owen Farrell passa une ultime pénalité à deux minutes de la fin pour redonner cinq points d’avance à son équipe. Il ne manquait plus que Maro Itoje gratte un ultime ballon (match titanesque du deuxième ligne anglais), et Warren Gatland pouvait enfin pousser un grand ouf de soulagement. Jusqu’à la prochaine polémique…

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Simon VALZER
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