Saga Pro D2 - Gérard : « Ici, on n’a pas le droit d’être lisse »

  • David Gérard, nouveau manager de Montauban. David Gérard, nouveau manager de Montauban.
    David Gérard, nouveau manager de Montauban. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Après avoir été l’adjoint de Pierre Mignoni à Lyon, l’ancien deuxième ligne David Gérard revient dans un championnat de Pro D2 qu’il connaît bien, pour reprendre les rênes d’une équipe, deux ans après son aventure biterroise.

Pourquoi avoir quitté le Top 14 pour Sapiac qui a fini en milieu de tableau de Pro D2 ?

Je reviens dans une région qui me tient à cœur. C’était important. Revenir dans un endroit avec des personnes et une identité club qui me ressemblent bien plus était même primordial. Puis, on a passé deux années compliquées avec la Covid-19... Par ailleurs, je remercie Lyon qui m’a libéré avec anticipation de mon contrat pour enchaîner directement avec Montauban. Le président Roubert a compris que j’avais besoin de rapidement basculer. Et il m’a aidé. Il aurait pu ne pas le faire.

Qu’a fait pencher la balance en faveur de Montauban ?

Malheureusement, les sollicitations me faisaient penser que j’allais être dans le même cadre qu’à Lyon où j’étais adjoint de Pierre Mignoni et où j’ai beaucoup appris. Je voulais autre chose et Montauban est venu me chercher en me donnant leur confiance. À Béziers avec David Aucagne on avait commencé à construire quelque chose d’humain très fort. Sportivement on faisait avec les moyens mais à l’arrivée les résultats étaient plutôt cohérents. Ce qui m’avait manqué c’était la proximité avec les gens. Je suis plus fait pour une ville comme Montauban qu’une grande ville où le rugby ne fait pas forcément partie de l’ADN. J’aime les clubs qui ont un ADN. Lyon deviendra un grand club mais étant dans une grande ville, c’est toujours plus complexe. Ici je vais être épanoui.

Vous êtes arrivé sans nouveau staff. Pourquoi ?

C’était l’une des premières questions du président : « Avec qui tu veux venir ? » Je suis qui, pour arriver, et ne pas donner une chance à des mecs qui avec le quatorzième budget, ont fini neuvième, se sont levé l’âme toute la saison… Il y a pire comme saison. Souvent les gens ont oublié. Ils ont vu le verre à moitié vide.

Seriez-vous satisfait d’une nouvelle neuvième place ?

Bien sûr que j’ai envie d’être champion du monde, de dire que je suis monté en Top 14 avec Montauban. Mais cela demande de se donner les moyens et du temps. Malheureusement aujourd’hui on nous en laisse de moins en moins. On croit qu’en claquant des doigts on monte une équipe qui roule sur tout le monde. Quand on voit le Pro D2 qui nous attend avec des équipes aux moyens et aux ambitions déjà affichées, il y aura débat.

Demandez-vous plus de clémence de la part des supporters ?

On a besoin des supporters, de ceux qui ont vu le verre à moitié vide la saison dernière, sinon on deviendra lambda. On n’a pas le droit d’être lisse ici, sinon ça ne marchera pas.

L’inconstance de l’USM l’an dernier vous inquiète-t-elle ?

J’ai vécu la même chose dans un autre club à Exeter… Oyonnax aussi a été inconstant à Sapiac. C’est l’ennemi de tout le monde, surtout avec un groupe neuf.

Quelle est la méthode David Gérard ?

Je ne sais pas s’il y a une méthode mais des choses sont importantes pour moi. Je suis attaché à l’humain. L’humain a de très bons côtés et de mauvais aussi. J’aime affronter le mauvais côté de l’humain et bonifier son bon côté. Je veux un rugby d’émotion. Je veux qu’on soit heureux, qu’il y ait du plaisir de gagner, de la tristesse, de la colère et de l’agacement quand on perd. On n’a pas le droit d’être lisse ici. Il faut détester perdre et le montrer.

Vous attendez beaucoup de l’engagement des joueurs…

Avec le fonctionnement du rugby moderne on a tous tendance à se projeter sur les années futures. Tu penses déjà au contrat des saisons d’après… Vis ta saison ! On a vécu deux années de merde (sic), les gens crevaient d’envie de venir au stade. On est chanceux de faire ce métier. 

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Quentin PUT
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