La brigade du titre

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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... D’abord, un grand bravo aux filles du 7 de France. Et à leur coach, David Courteix, qui a largement contribué à transformer le plomb en médaille d’argent. Façon de parler, évidemment. Les Bleues étaient des candidates légitimes au podium, mais elles portaient les lourds espoirs de tout le rugby français après l’échec des hommes. De quoi, bel et bien, vous plomber le mental et couper les pattes.

L’argent fait aujourd’hui notre bonheur, même si l’or reste à conquérir. Bravo les filles, vous serez à jamais les premières, celles qui ont offert au rugby à VII français un palmarès olympique. Bravo, et merci.

Espérons que vous, nos fières pionnières, saurez faire des émules tous horizons. Cela ne vous appartient pas. C’est désormais le job de nos dirigeants, à la fédé et en clubs, qui devront écrire une suite en profitant de l’aubaine, afin de donner une nouvelle dimension au rugby féminin tout entier. Avec la volonté affirmée d’attirer toujours plus de jeunes femmes. Et de susciter encore plus de vocations, nourries par l’aventure des coéquipières de Fanny Horta qui ont tant de choses à partager.

Croyez-nous, cette médaille d’argent vaut de l’or ! Parce que si l’on sait y faire, elle va allumer un nouvel étage de la fusée "France du rugby", dont le lancement a été amorcé par la Coupe du monde 2023. N’en restons pas là. Surtout, ne nous accrochons pas aux promesses dans l’attente d’éventuels grands soirs. Place à l’action. Les Bleues du VII doivent faire école, au-delà des frontières de leur discipline et de leur genre.

C’est la preuve par les filles, qui doivent porter l’inspiration chez les garçons où le VII peine à devenir une référence, dans le parcours de formation autant qu’au plus haut niveau. L’équipe de France de David Courteix porte en elle l’esprit d’un groupe à l’appétit féroce et à l’état d’esprit conquérant. Un groupe véritablement façonné pour le VII, qui ne s’est pas lancé dans la discipline par défaut. Il faudra s’en souvenir si l’on veut porter l’ambition d’une médaille d’or chez les garçons -et les filles- en 2024.

Puisse ainsi Bernard Laporte ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Et qu’il place une partie de sa farouche détermination à servir la cause tricolore en quête d’un titre mondial en 2023 dans l’objectif JO qui suivra. Autrement dit que le VII devienne une priorité aussi prégnante que le XV. Qu’il ne soit plus son parent pauvre, un joyeux dérivatif mais en aucun cas un métier ou un ascenseur vers la réussite d’une carrière professionnelle.

Croisons les doigts pour que l’ancien sélectionneur, qui connaît si bien les hommes et le contexte du rugby pro, lance au plus vite l’idée d’une brigade du titre en mobilisant autour des équipes de France, un groupe de joueurs et de joueuses au talent affirmé et qu’importe s’ils sont quinzistes. Parce qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, il faudra évidemment rendre le projet attractif sportivement, médiatiquement et financièrement. Au moins autant qu’à XV. Et convaincre les joueurs que pendant les trois prochaines années, leur présent se situe à VII, sans qu’ils aient à rêver de passer à XV pour assurer leurs vieux jours… À leur échelle, les filles viennent de montrer la marche à suivre. Pour elles, rien n’est impossible. Suivons donc l’exemple.

Emmanuel MASSICARD
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