Le Racing 92 dans les temps

  • Les Racingmen de Donovan Taofifenua ont récité leurs gammes sur la pelouse champêtre de Biars-sur-Cère.
    Les Racingmen de Donovan Taofifenua ont récité leurs gammes sur la pelouse champêtre de Biars-sur-Cère. MIDOL - Aurélien Delandhuy
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Nantis d’une attaque de feu encore en quête de repères, les Racingmen ont affiché un visage prometteur face à brive. Encourageant.

C’est à Biars-sur-Cère, aux confins du Lot, loin du tumulte de la ville et du luxe de leur vaisseau amiral de la Paris-La Défense Arena que les Racingmen de Laurent Travers ont choisi de disputer et de gagner leur seul match de préparation de l’été. Les Ciel et Blanc ont répondu à l’invitation de Brive pour se jauger à une semaine de la reprise du championnat de Top 14, qui les verra affronter le Stade français dans un derby déjà fratricide.

Biars-sur-Cère, donc. Son clocher, son stade champêtre et son usine d’une célèbre purée "fort de fruit", sponsor commun à Brive et au Racing. Et un club organisateur - le RCBBV46 pour Bretenoux-Biars-Veyrac - qui met les petits plats dans les grands pour que la fête soit belle autour de deux grandes équipes. Voilà l’écrin idéal pour cette rencontre de mise en jambes avant le début des hostilités du championnat domestique.

Et sur le terrain, alors ? Quels enseignements peut-on tirer de cette confrontation, jouée sur un bon rythme mais hachée par les nombreux remplacements induits par les sacro-saintes revues d’effectif chères aux entraîneurs à ce moment de la (pré)saison ? Que les Franciliens ont réussi à s’imposer grâce à l’éclat de leur ligne de trois-quarts et à deux essais de Juan Imhoff, dont un exploit personnel qui l’a vu traverser le terrain et mystifier toute la défense briviste. Un grand moment : classe, vista, vitesse, port altier… Du grand art.

Surtout lorsque l’on sait que ces mecs-là rejouent au ballon depuis seulement une poignée de jours : « L’objectif, c’était surtout de se remettre dans le jus des matchs, explique l’entraîneur des avants du Racing, Didier Casadéï. Nous avons repris il y a seulement cinq semaines. Les trois premières étaient consacrées à du travail physique. Le rugby entre dans nos plans depuis quinze jours à peine. » Bon, visiblement, comme le vélo, le talent ne s’oublie pas ! Et n’ayons pas peur de l’écrire : à part, peut-être, le Stade toulousain, on voit mal quelle équipe peut s’asseoir à la table du Racing 92 en termes de qualité pure sur la ligne de trois-quarts…

Brive a su réagir

Pour le reste ? On sent que la machine est puissante mais qu’elle ronronne encore, la faute à quelques scories techniques qui viennent entacher la finition de mouvements pourtant très bien lancés. Une histoire de réglages, donc, avant que les pur-sang que sont Gaël Fickou, Donovan Taofifenua ou Kurtley Beale ne trouvent la bonne carburation. Après quoi, soyez-en sûr, les dégâts dans les défenses adverses seront considérables.

Quid des joueurs du CAB, alors ? Ils commenceront leur championnat nantis de quelques certitudes. Les Brivistes, avec leur jeune garde sur le terrain, ont démarré plutôt timidement la rencontre avant de monter en puissance, bien aidés par l’entrée en jeu, petit à petit, de leurs joueurs les plus expérimentés. Ils sont passés tout près de renverser complètement le cours du match puisque Enzo Hervé a eu à tenter la pénalité qui aurait pu faire gagner son équipe. Las, le ballon a fui les poteaux et les Corréziens sont morts à deux points de leurs adversaires. La défaite, bien sûr, est anecdotique et on préférera retenir la montée en puissance de l’équipe, le beau sursaut d’orgueil pour revenir dans le match ainsi que l’exploit personnel de Bituniyata, auteur d’un très bel essai.

Paul Abadie, pour ses premières minutes sous le maillot corrézien après vingt ans passés à Agen, a animé avec justesse et sa prestation laisse augurer du meilleur quand automatismes et repères seront un peu mieux ancrés. Ce sera le promu Perpignan qui se dressera sur la route du CA Brive sur la pelouse d’Amédée-Domenech pour lancer le championnat. Une partie déjà capitale ...

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David BOURNIQUEL
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