Brive a l'habitude de soigner ses entames de saison en faisant tomber des gros

  • Sisaro Koyamaibole inscrit l’essai décisif à gauche. à droite, Nicolas Bézyà la baguettedu jeu briviste avait été excellent dansle jeu d’occupation.Photos Icon Sport
    Sisaro Koyamaibole inscrit l’essai décisif à gauche. à droite, Nicolas Bézyà la baguettedu jeu briviste avait été excellent dansle jeu d’occupation.Photos Icon Sport
  • 2016 : Brive, comme en répétition
    2016 : Brive, comme en répétition
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Il y a cinq ans, Brive faisait un peu le même début de Top 14 que cette saison. Les Corréziens de Nicolas Godignon s’étaient fait un grand plaisir en battant le Racing, champion en titre, avec un énorme Koyamaibole.

On a l’impression que rien n’a changé en cinq ans. Début octobre 2016 après sept journées, Brive était septième, à égalité avec Toulouse et Bordeaux, au contact du peloton de tête. Les Corréziens avaient gagné quatre fois, plus un match nul (à Lyon) et vécu deux défaites. Brive avait réussi à s’imposer à Toulon (futur finaliste) 25-21. Ce 3 octobre ils avaient enfoncé le clou en disposant du champion sortant, le Racing 25-16. Une vraie performance autour de la botte de Gaëtan Germain, six sur six au pied.

Déjà à l’époque, les Corréziens se félicitaient de faire le plein à "Amédée Domenech" quitte à parfois laisser filer à l’extérieur. La culture du maintien et plus si affinités était clairement assumée. Cette victoire face aux Franciliens devant 10 256 spectateurs avait pris un tour euphorique. Ce n’était pas une finale bien sûr, mais le genre de soirée parfaite dont les supporters des clubs à petits budgets ont appris à s’accommoder. Tous les clignotants étaient passés au vert au fil de la journée. Les concurrents directs s’étaient tous ramassés, Grenoble avait explosé à Toulouse, Bayonne avait concédé le nul à domicile face à Lyon et Pau avait pris, sur sa pelouse, un contre assassin par Bordeaux. Le manager Nicolas Godignon avait versé dans la métaphore cycliste : "Partir dans l’échappée est important pour faire la course en tête, même si les cadors vont forcément nous rejoindre ou nous dépasser dans les dernières ascensions." Le plus incroyable, c’est qu’il a failli se tromper. Brive terminera huitième, à quatre points du Top 6, meilleure performance depuis huit ans. Cinq ans après, il reste peu de survivants, Thomas Acquier, Thomas Laranjeira, Sevanaia Galala plus Jean-Baptiste Péjoine passé dans le staff. Saïd Hirèche, Soso Bekoshvili, Vasil Lobzhanidze étaient déjà dans l’effectif mais ne jouaient pas ce soir-là.

Le numéro de Koyamaibole

De ce match contre le Racing on se souvient d’un final stressant, à 22-16, les Brivistes serraient les dents, à quatorze (carton de Acquier) alors que les Ciel et Blanc faisaient le siège de leur ligne. Puis Germain avait ajouté les trois points salvateurs à la 78e. Mais d’autres totems avaient émergé de cette jolie bataille, le demi d’ouverture Nicolas Bézy (aujourd’hui à Aix-en-Provence) excellent dans l’occupation et ce numéro 8 fidjien hors-norme Sisaro Koyamaibole. C’est lui qui avait marqué le seul essai des Noir et Blanc sur une charge derrière une mêlée dominatrice. Il avait déjà 36 ans, et à 41 ans, il joue toujours sous le maillot de Bourges en Fédérale 3. Brive l’avait récupéré un peu à l’emporte-pièce en 2013, après qu’il se soit fait virer de Bordeaux-Bègles par Laurent Marti pour ne s’être pas rendu par négligence à une commission de discipline européenne. Après un petit passage à Libourne, le CAB l’avait totalement relancé vers le haut niveau. Son style était clairement celui d’un char d’assaut à l’opposé du cliché fidjien et sa carrière ressemble au jeu de l’oie : deux provinces néo-zélandaises (Counties et Taranaki), un club italien (Padoue), un anglais (Sale) et quatre clubs de Top 14 (Toulon, Lyon, Bordeaux et Brive). L’âge venant, il a aussi tâté de la France profonde (Libourne, Bergerac Châteauroux, et Bourges). Mais c’est le maillot cerclé de Domenech et de Joinel qu’il a porté le plus fréquemment, cent fois tout rond entre 2013 et 2018. Un séjour achevé par une descente, certes (en 2018) mais qui aura laissé une jolie trace dans la mémoire collective.

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Jérôme Prévôt
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