Passez devant, en force

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L'édito du vendredi par Léo Faure... Enfin, les "NZ" sont là. "Enfin" car, évitons les faux-semblants, tout le monde n’attendait que ce match, depuis l’ouverture de cette fenêtre internationale d’automne 2021. C’est la force de leur mythe, écrit à l’encre noire et la promesse du plus grand défi des Bleus, au long de leurs deux premières années étiquetées "Galthié".

En la matière, il y a le fantasme et la réalité. Le fantasme réclame un match endiablé, une salsa du démon où le grand Belzebuth en tunique noire imposerait un rythme d’enfer, aux quatre coins du terrain. Une cadence que les Bleus, pas bégueules quand il s’agit de hâter le pas, soutiendraient dans un bras de fer à 1 000 temps. Le spectacle, alors, collerait à cette idée qui se diffuse des compositions d’équipe : de la vitesse, partout, tout le temps.

Mais puisqu’on inscrivait d’emblée cette idée de célérité au rayon des fantaisies, la réalité pourrait bien être sensiblement différente. Elle devra l’être, si les Bleus veulent faire autre chose que du sport-spectacle. Il faudra vaincre sans se soucier de séduire.

On ne bat pas les All Blacks à leur propre jeu, le pied sur l’accélérateur. Ce rugby-là a biberonné les Néo-Zélandais, qui l’ont gravé dans leur ADN. Ils le pratiquent et le subliment depuis leur plus jeune âge, où le terrain est un espace de liberté, la "passe de plus" une routine et l’évitement une évidence. Comment faire mieux ? Sur ces principes de jeu, la marge est mince et les Bleus auraient toutes les peines du monde à s’immiscer dans cet espace.

L’autre voie, c’est celle qu’ont empruntée tous ceux qui ont un jour battu les "Blacks". Le combat, le défi physique, l’acharnement bestial à dominer frontalement l’adversaire avant, pourquoi pas, de s’autoriser quelques extravagances sur les extérieurs.

"Pour les battre, il faut les tabasser" résumait un presque champion du monde de 2011, lundi soir au pied des Champs-Elysées pour la 68e cérémonie des Oscars Midi Olympique. Ce n’est pas très joliment dit, mais ça a le mérite de la clarté. Et le rugby permet un tel dessein sans sortir du cadre réglementaire. "Même en faisant cela, vous n’êtes pas sûr que cela suffise. Mais c’est un passage obligatoire. Pour avoir une chance, il faut les agresser devant" persiflait encore le malfaisant. Qui, pour le coup, avait sûrement raison.

Toute cette semaine précédent ce rendez-vous 5 étoiles, on vous a parlé des hésitations du 10-12 et du sort réservé au duo Ntamack-Jalibert. D’Antoine Dupont, bien sûr, phénomène de son sport et qui raflait encore deux Oscars, ce lundi. De la vitesse de Fickou, des déplacements de Woki et des foulées de cheval de Penaud, sur son aile. Aucun n’a pourtant le sort du match entre ses mains. Ce sera une affaire d’hommes forts, d’hormones et de fierté au combat. Tous ceux qui ont battu les All Blacks sont passés par là. Demandez donc aux Irlandais.

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