Clermont, un statut européen déboulonné

  • penaud.jpgPas tous prêts pour ce niveau, les Clermontois de Damian Penaud, qui transperce ici, se sont inclinés face à des Ulstermen venus sans complexe.
    penaud.jpgPas tous prêts pour ce niveau, les Clermontois de Damian Penaud, qui transperce ici, se sont inclinés face à des Ulstermen venus sans complexe. Midi Olympique - Vincent Duvivier
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Face à des Ulstermen de haut vol, les Auvergnats, remaniés et inconstants, se sont logiquement inclinés à domicile. Le constat est dur mais réel : l'ASM est rentrée dans le rang.

Samedi soir, le stade Marcel-Michelin a enfin renoué avec l’émotion d’une grande soirée de Coupe d’Europe. Ses 15 000 spectateurs ont vibré devant les prouesses d’internationaux de tous horizons et les rebondissements d’une partie à haute intensité, avec près de 300 passes et autant de plaquages. Eux-mêmes ont contribué à rendre ce moment spécial depuis les tribunes : « Avant le match, les entraîneurs de l’Ulster m’ont dit qu’ils s’attendaient à une ambiance unique et qu’ils se sentaient privilégiés de jouer dans un tel cadre, racontait après coup Jono Gibbes. Ils n’ont pas été déçus, le public a fait le maximum pour nous. »

Triple finaliste de l’épreuve, Clermont aime la Coupe d’Europe, son atmosphère, son émulation. Mais, différence de taille avec un passé encore récent, son équipe ne compte plus parmi les ténors du continent. Ce rude constat s’impose comme une évidence. Samedi, les Auvergnats ont perdu pour la quatrième fois de suite à la maison dans la reine des compétitions européennes : après le Racing 92 en septembre 2020 (27-36), le Munster deux mois plus tard (31-39) et Toulouse en avril dernier (12-21), les Auvergnats ont cette fois cédé devant la maîtrise et la puissance de l’Ulster. Comme Clermont à la belle époque, en quelque sorte, avec Cooney dans le rôle de Parra. Jono Gibbes, le premier, devait s’incliner devant la réalité : « On n’est pas trop loin mais la différence entre eux et nous est évidente », résumait le technicien. Si la troupe de Belfast ne jouit pas de la renommée du Leinster ou du Munster, elle n’en a pas moins offert une démonstration de maîtrise des instants clés, avec un collectif huilé, des cadres d'expérience et une science tactique aiguisée. « En face, il y avait une équipe très bien formée, avec un groupe qui travaille sur la continuité depuis trois ou quatre ans, où le rôle de chacun est clair. » « L’Ulster est un groupe qui joue depuis longtemps ensemble mais ce n’est pas une excuse pour nous, nous sommes l’ASM », tenait à rappeler JJ Hanrahan en souvenir d'un passé glorieux.

« Pas tous prêts pour ce niveau-là »

Et les Clermontois d'aujourd'hui, alors ? Après avoir été logiquement menés 16 à 0, ils se sont démenés et ont livré un sursaut d’orgueil assez remarquable ; leurs faiseurs de miracles, Damian Penaud, Peceli Yato ou Alivereti Raka, se sont démultiplié et enflammé les débats. En vain. Car collectivement, l’ASM ne possède plus la maturité et l’homogénéité nécessaires pour dompter des adversaires aussi armés. Les absences de Parra, Lopez ou Moala n'ont pas aidé mais elles ne valent pas des excuses. D’autant plus que les gars de Belfast étaient privés de leurs deux plus fameux internationaux, Iain Henderson et Jacob Stockdale. « Dans la semaine, on s’était répété que cette compétition était plus dure, souffle Arthur Iturria. Mais on n’était pas tous prêts pour ce niveau-là. On le sait très bien, on a de très jeunes joueurs qui n’ont jamais joué la Coupe d’Europe mais il n’y a pas qu’eux qui ont failli. Moi-même j’ai mal annoncé en touche. Nous n’avons pas tous été au niveau qu’il fallait. » Un bilan clair et net.

La défense, particulièrement, cristallise leurs errements : en première période, les Nord-Irlandais paraissaient en mesure de la transpercer sur le moindre ballon. « C’était assez criard et il faudra vite le rectifier. Car les équipes vont s’en servir pour jouer contre nous. » Clermont n’inspire plus de sentiment de peur et l’Ulster s’est présenté sans aucun complexe sur sa pelouse. Son image comme son statut a changé. Dans son discours, Jono Gibbes l’accrédite en parlant de sa formation comme d’une équipe en apprentissage : « C’est décevant mais, pour les jeunes joueurs, il est très important d’avoir cette expérience. » Les Van Tonder, Tiberghien, Viallard et autres Vili ressortiront peut-être plus forts de cette leçon.

En attendant, Clermont devra batailler pour intégrer le top 16 européen au printemps. « Je veux rester positif, conclut Arthur Iturria. J’ai envie d’aller faire un coup à l’extérieur et je pense que l’on en est capable. » Au regard de ce faux pas initial, ce serait une sacrée bonne surprise pour les supporters de voir leurs favoris l’emporter à Sale ou à Belfast. Mais il paraît que les grands clubs ne meurent jamais, ils ne font que s’assoupir...

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