Retour de flamme

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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Commençons par déblayer le terrain, en rappelant l’évidence : il n’y a pas de grande équipe et, encore moins, de grands entraîneurs, sans grands joueurs. On l’a assez dit, parfois même hurlé au gré des défaites encourageantes et autres vraies humiliations : le rugby français a touché le fond, vécu des années de misère à cause des mauvais choix de ses dirigeants et tout autant par l’absence d’une main-d’œuvre assez talentueuse et qualifiée pour relever le défi du rugby pro.

Mais ne parlons plus du passé. Heureusement, la roue a tourné ces derniers temps pour replacer la France parmi les nations qui comptent. Ce n’est pas la plus petite des victoires de Bernard Laporte, qui a tenu parole même si jamais autant de moyens n’ont été accordés aux Bleu(e)s. (*) Défi relevé donc, même si les titres restent à conquérir chez les filles ou les garçons. À 7 comme à 15.

Avec les événements qui s’annoncent dès l’année prochaine, les Bleues pourraient être les premières. À jamais ! Avouez d’ailleurs que ça en jetterait de voir les Hermet, Joyeux, N’Diaye, Sochat, Drouin et autres Bourdon remporter la Coupe du monde en terre néo-zélandaise, à l’automne prochain.

En attendant, profitons des locomotives : Antoine Dupont et Anne-Cécile Ciofani ont été sacrés références mondiales 2021 par World Rugby, en fin de semaine dernière. Pour Dupont, c’est le carton plein puisqu’il avait déjà été honoré par nos Oscars Midi Olympique Monde et France. Pour Ciofani, c’est une lumière de plus sur une année pleinement réussie par France 7.

Sport collectif par excellence, le rugby a parfois le mal de mer à la lecture de ces distinctions individuelles mais ne soyons pas trop de mauvaise foi. Ces distinctions logiques et méritées, sont clairement une aubaine pour notre discipline au moment où il convient de remplir les écoles de rugby, de rajeunir les tribunes, de reconquérir les cœurs, et de faire grimper l’engouement du pays jusqu’à la Coupe du monde.

Même soudain, ce renouveau ne doit rien au hasard. N’allez pas croire que la génération Dupont a jailli de nulle part, en claquant des doigts. Elle est juste le fruit des choix majeurs dont on a tant parlé (arrêt du pôle France, instauration des Jiff) et du travail en profondeur qui a été mis en place au sein des clubs, pour former les jeunes, puis les accompagner d’exigence et de compétences. "Franchement, on bosse bien. Et c’est vrai dans tous les clubs, tu peux me croire. C’est fini le temps du bricolage. Du coup, il n’y a pas de secret : les bons jeunes sortent de partout. Et ça va continuer…" nous confia ainsi Xavier Péméja l’autre soir à Nevers, parfait témoin de l’évolution de son monde.

Avec d’autres mots, nous pourrions traduire que le jeu de rugby est enfin redevenu la plaque tournante de toutes les préoccupations autour des clubs, de leurs joueurs, supporters et dirigeants. Ce retour de flamme tourne la page de la naissance du professionnalisme, avec le tout-fric (qui était censé dispenser des efforts) et la quête de mécènes providentiels (certains devaient même nous expliquer le rugby). À bien y regarder, et sans présager de l’avenir quand tant de clubs cherchent encore leur équilibre économique, le rugby français semble enfin devenu mûr et majeur.

(*) Je vous vois venir : ce n’est pas la peine d’essayer de lire entre ces lignes, vous n’y trouverez pas les chiffres qui ont creusé le trou de la fédération (lire en page 34) ; le haut niveau n’excuse pas tout.

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