International - Hogg, Dupont, Kolisi... Notre XV Mondial avec 5 Français

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Publié le , mis à jour

La redaction de Midi Olympique a voté pour élire son xv de l’année. Penaud, Jelonch, Baille, Dupont, Marchand représentent fièrement la France. Dossier réalisé par Marc Duzan, Jérôme Prévot, Simon Valzer et Nicolas Zanardi.

15. Stuart Hogg (Ecosse)
29 ans - 88 sélections - 25 essais

Quelle équipe ne rêverait pas de compter Stuart Hogg dans son fond de terrain ? Pour ce joueur, la rédaction de Midi Olympique et World Rugby sont tombés d’accord. Et pour cause : l’Ecossais est entré, en novembre dernier, dans la légende du XV du Chardon. Comment ? En devenant le meilleur marqueur de l’histoire du rugby écossais en inscrivant son 25e essai, à l’occasion de sa 86e sélection. Sélection qui est également un record, puisqu’il est devenu, par la même occasion, l’arrière comptant le plus de sélections à ce poste, éclipsant au passage le score de l’Irlandais Rob Kearney. Joueur insaisissable, imprévisible, mais en même temps véritable dernier rempart de la défense de ses équipes, Hogg possède aussi l’un des jeux au pied les plus longs au monde, qui lui permet de faire le siège des camps adverses.

14. Damian Penaud (France)
25 ans - 28 sélections - 13 essais

On parle énormément d’Antoine Dupont, de Romain Ntamack ou de Matthieu Jalibert, mais il ne faut pas oublier que si l’équipe de France est aussi menaçante offensivement, c’est aussi parce qu’elle compte dans ses rangs ce redoutable finisseur qu’est Damian Penaud. Et le staff du XV de France le sait, puisque le Clermontois n’est rien moins que le joueur qui a été le plus utilisé cette année, avec un total de 807 minutes, le plaçant devant Anthony Jelonch (620) et Gaël Fickou (619). Soulignons également qu’il a été le meilleur marqueur des Bleus avec sept essais. Et pour ajouter encore un peu à son bilan, le Clermontois a été élu auteur du plus bel essai de l’année par World Rugby. C’était lors de France - Ecosse le 26 mars dernier. Un mouvement parti des 22 mètres français. Après une percée de l’arrière Brice Dulin, le Rochelais trouva au soutien Romain Ntamack puis Arthur Vincent. Dupont écarta le ballon, Virimi Vakatawa chargea la défense et servit Penaud d’un superbe offload. Penaud termina le travail par un jeu au pied par-dessus qu’il rattrapa avant d’aller marquer en coin. Son essai « signature », si l’on peut le dire ainsi, tant l’Auvergnat est redoutable sur ces jeux au pied courts.

13. Samu Kerevi (Australie)
28 ans - 38 sélections - 8 essais

Le cousin de Radike Samo - l’homme qui offrit le titre de champion de France au Stade français au printemps 2007- est une vraie bombe : ultra rapide, fort comme un turc (1,86m et 108 kg) et doté d’appuis invraisemblables, Samu Kerevi est le pendant idéal dans ce XV Mondial au Sud-Africain Lukhanyo Am, de son côté considéré comme plus rugueux. International avec les moins de 20 ans fidjiens, Kerevi fait aujourd’hui les beaux jours de l’Australie, un pays où il est arrivé avec ses parents à l’âge de 4 ans. « C’est l’un des plus beaux joueurs qu’il m’ait été donné d’entraîner, disait en 2019 l’ancien sélectionneur Michaël Cheika au sujet du trois-quarts centre des Wallabies. Dès qu’il prend la balle, la défense est aussitôt soumise à un stress incroyable. C’est très rare. » Sélectionné à 38 reprises avec l’équipe nationale d’Australie, Samu Kerevi brilla de mille feux lors du dernier Rugby Championship, une compétition que les Wallabies terminèrent dauphins des All Blacks. Ancienne star des Queenslands Reds, il évolue désormais au Japon, pour le club des Suntory Sungoliath.

12. Lukhanyo Am (Afrique du Sud)
28 ans - 24 sélections - 5 essais

De lui, on a tous en tête le plaquage délirant qu’il asséna l’été dernier au trois-quarts centre anglais Elliot Daly, à l’occasion du premier test de la série des Lions britanniques et irlandais en Afrique du Sud. Agressif, voire carrément méchant dès lors qu’il a un adversaire « dans le pif », Lukhanyo Am est considéré, depuis la dernière Coupe du monde au Japon, comme un titulaire indiscutable du XV majeur de Jacques Nienaber et Rasssie Erasmus. Capitaine de la franchise des Sharks, Am est l’un des attaquants les plus vifs du circuit international et, sous le maillot de l’Afrique du Sud, il fait souvent des ravages lorsqu’il se décide à trouver au grand large Cheslin Kolbe ou Makazole Mapimpi, les ailiers Boks. « C’est un garçon talentueux et attachant, dit de lui Rassie Erasmus. Surtout, sa vitesse nous permet de gagner plus rapidement les extérieurs, où nous marquons souvent beaucoup d’essais. Quant à sa défense, on a plus ou moins déjà tout dit dessus, non ? » Pas faux, coach.

11. Louis Rees-Zammit (Galles)
20 ans - 12 sélections - 6 essais

C’est officiel, le prodige gallois est devenu le rugbyman à XV le plus rapide de la terre. C’était lors des derniers tests d’automne, et les données GPS sont incontestables : avec une pointe enregistrée à 10,73 mètres/seconde, soit plus de 38,6 km/h, Louis Rees-Zammit a détrôné son rival anglais mais coéquipier en club à Gloucester Jonny May, longtemps connu pour être le rugbyman le plus rapide du Royaume-Uni et du monde. Interrogé sur le sujet, « LZR » s’en est amusé mais a reconnu avoir encore progressé pour rafler la couronne à May : « Je travaille pas mal ma vitesse depuis plusieurs années et notre préparateur physique à Gloucester nous propose pas mal de petits jeux qui nous mettent en compétition. On a plusieurs trois-quarts très rapides à Gloucester, donc la compétition est rude ! » Blague à part, le Gallois a récolté une majorité de suffrages de la rédaction, ce qui lui donne une place dans notre XV Mondial. Une présence justifiée par la précocité de ses performances : à tout juste 20 ans, le natif de Penarth compte déjà 11sélections et six essais marqués. Il fut appelé à rejoindre les Lions britanniques pour la tournée en Afrique du Sud et le fait qu’il n’ait pas été aligné pour un match majeur a étonné plus d’un observateur au pays de Galles. Un homme qu’il faudra assurément surveiller de près pour le prochain Tournoi…

10. Richie Mo'unga (Nouvelle-Zélande)
27 ans - 32 sélections - 8 essais

Certes, le grand public français aura surtout retenu de Richie Mo’unga l’humiliation que lui infligea Romain Ntamack le 20 novembre dernier, avec cette merveille de crochet intérieur puis ce raffut qui le laissa à deux reprises le nez dans le gazon dans le même en-but du Stade de France… Mais résumer la saison de Mo’unga à ces deux plaquages manqués ne saurait évidemment rendre justice à celui qui a définitivement relégué Beauden Barrett sur le banc des All Blacks, après un cinquième succès de rang en Super Rugby et un troisième Rugby Championship victorieux. On retiendra surtout de son année sa double prestation lors de la Bledisloe Cup face aux Wallabies, Mo’unga délivrant à cette occasion deux «masterclass » qui ont amplement pesé dans notre vote, au-delà des saisons insuffisamment abouties de ses concurrents…

 9. Antoine Dupont (France)
25 ans - 35 sélections - 10 essais

Qu’écrire de plus au sujet de l’année de rêve que vient de traverser Antoine Dupont, qui l’a vu remporter toutes les récompenses individuelles et collectives (avec son club) que l’on puisse imaginer ? Qu’il manque simplement à son impressionnant tableau de chasse (champion d’Europe, champion de France, meilleur joueur World Rugby, Oscar d’Or Midi Olympique) un Tournoi des Six Nations (qu’il visera en 2022) et une Coupe du monde (son objectif naturel pour 2023). Pour le reste, difficile d’être exhaustif sans verser dans le laudatif ou la dithyrambe. Capable de fulgurances individuelles dont il a seul le secret tout en demeurant un coéquipier exemplaire, passé sans ciller capitaine des Bleus en novembre après la blessure de Charles Ollivon, le Toulousain continue de briller. à tel point qu’on se demande aujourd’hui ce qui pourra bien l’arrêter…

8. Ardie Savea (Nouvelle-Zélande)
28 ans - 59 sélections - 14 essais

Quel est le meilleur poste d’Ardie Savea ? Bien malin qui pourra le dire puisqu’à bientôt 60 sélections, le petit frère de Julian a été aligné presque aussi souvent aux postes de 6, de 7 ou de 8. Reste que c’est bien avec ce dernier numéro 8 que Savea a disputé 7 de ses 10 rencontres avec les All Blacks en 2021. Et que si certains observateurs néo-zélandais le considèrent encore comme trop « léger » pour le poste (avec un poids oscillant entre 99 et 103 kg) lorsque les matchs se durcissent, Ardie Savea n’en demeure pas moins un formidable manieur de ballon, susceptible de mettre son équipe dans l’avancée aussi bien en portant le ballon qu’en le passant. On se souvient à ce titre de son match hors norme face au pays de Galles au mois de novembre 2021, ainsi que de plusieurs interventions lors du dernier Rugby Championship face aux Springboks…

7. Anthony Jelonch (France)
25 ans - 14 sélections - 0 essai

Mis en concurrence en début d’année avec des « clients » comme Cros ou Woki dans le sillage d’une Coupe d’Automne étonnante en 2020, le Gersois a d’abord marqué son territoire lors du Tournoi (avec notamment un match de titan en Irlande) avant de complètement changer de dimension lors de la tournée d’été en Australie, où lui fut confié le rôle de capitaine par intérim. Dans un contexte épouvantable, Jelonch sur en effet se comporter en catalyseur d’un groupe remodelé, et pourtant à deux doigts de remporter sa série de tests en Australie, après un historique succès à Melbourne. S’il fut aussi utilisé à quatre reprises comme numéro 8 par Fabien Galthié, c’est bien sur le flanc de la troisième ligne qu’il joua son meilleur rugby, avec en point d’orgue un récital défensif face aux Blacks en novembre.

6. Siya Kolisi (Afrique du Sud)
30 ans - 61 sélections - 6 essais

Enfant, Siya Kolisi sniffait de l’essence pour oublier la faim, a vu un homme se faire lapider dans la rue et ramassait les dents de sa mère, qui se faisait battre par ses conjoints successifs. Adulte, Siya Kolisi est devenu une icône : le premier capitaine noir de l’équipe d’Afrique du Sud, leader des Springboks champions du monde en 2019, puis victorieux des Lions au bout d’une tournée 2021 mortelle d’ennui. Une star, une vraie, de ceux à qui un supporter est désormais susceptible de lui faire dédicacer son slip. Mais surtout - et toujours - un foutu guerrier, capable de transcender ses hommes et les guider au plus fort du combat. La victoire des Lions sur les Boks au meilleur des trois tests lui doit ainsi beaucoup, le flanker s’avérant capable de remobiliser son équipe au plus fort de la tourmente pour asseoir son statut de numéro un mondial.

5. Sam Whitelock (Nouvelle-Zélande)
33 ans - 132 sélections - 6 essais

Il s’achemine tout doucement vers le record de sélections. On peut penser qu’il viendra un jour prochain titiller Richie McCaw. Il est devenu capitaine des All Blacks à l’automne. Certes sa saison ne fut pas la plus faste de sa carrière, notamment sur la fin avec les défaites de Dublin et de Paris. Il a tout de même gagné huit tests sur onze en participant à la victoire face aux champions du monde sud-africains et aux 104points infligés aux Etats-Unis (ça semble facile mais encore fallait-il maintenir son groupe sur la voie de la rigueur). On n’oublie pas qu’il a quand même empoché le titre du Super Rugby Aotearoa avec les Crusaders.
Mais la rédaction de Midi Olympique a été sensible à la constance de ses performances individuelles, sa science du jeu d’avants et à ses facultés de déplacement.

4. Alun-Wyn Jones (Galles)
36 ans - 161 sélections - 9 essais

L’infatigable guerrier du pack gallois a bluffé tout le monde durant l’été. Blessé à l’épaule gauche lors du match de préparation des Lions contre le Japon, on le pensait perdu pour cette tournée dont il avait été pourtant nommé capitaine. Mais il a réussi l’exploit de se rétablir pour jouer les trois tests programmés face aux Springboks. Trois rudes affrontements qui lui ont permis de porter son record de sélections à douze avec les Lions, record de l’ère professionnelle. Avec le pays de Galles, il a d’abord brillé sur le terrain. À 36 ans, ses 118kg virevoltent encore dans les regroupements et parfois même plus au large. Il a amené le pays de Galles à une nouvelle victoire dans le Tournoi, à quelques minutes d’un Grand Chelem. On regrettera juste qu’il se soit à nouveau blessé à l’épaule à l’automne, ce qui explique les résultats assez médiocres du pays de Galles, balayé par les AllBlacks. Ceci a souligné en creux son apport, inversement proportionnel au poids des années. 2021lui aura permis de battre un autre record, 149 sélections pour une sélection nationale (une de mieux que Richie McCaw). Si on compte les Lions, il est à 161. 

3. Tadhg Furlong (Irlande)
29 ans - 57 sélections - 5 essais

Le pilier droit de l’Irlande et du Leinster a vécu sa deuxième tournée avec les Lions. En 2021 comme en 2017, il fut titulaire lors des trois tests, rendez-vous particulièrement âpres qui correspondaient bien à son profil. Ces six sélections avec la sélection supra nationale disent tout de son envergure.Tadhg Furlong n’a pas une taille de guêpe, son apparence est celle d’un avant à l’ancienne, élevé à la ferme dans le comté de Wexford, initié au rugby à New Ross RFC. Porté par l’excellence du Leinster, il est devenu une référence majeure à son poste, presque une bête de foire. Il fut dans le coup évidemment de l’automne enchanté des Irlandais et de la victoire retentissante face aux All Blacks. Mais une statistique nous a frappés, il a joué les cinq matchs du tournoi, les deux premiers comme remplaçant (au profit de Andrew Porter) pour deux revers. Les trois suivants, il les a disputés avec son traditionnel numéro 3. Bilan trois succès. Ce n’est sûrement pas un hasard. On ne mégotera pas sur son style, dont la modernité ne saute pas aux yeux. C’est dans l’affrontement direct et dans les phases statiques qu’il est inégalable.

2. Julien Marchand (France)
26 ans - 16 sélections - 0 essai

L’année 2021 de Julien Marchand, c’est d’abord l’histoire d’un Tournoi magnifique, il fut sans doute le meilleur tricolore après les cinq matchs. Il est clairement le choix numéro un de Fabien Galthié, même si paradoxalement, il est titillé en club par Peato Mauvaka qui est également son concurrent en équipe de France. Julien Marchand a aussi manqué la finale européenne sur une suspension, il fut par contre titulaire en finale du championnat.
Il n’est pas une personnalité bouillonnante, mais un combattant efficace avec une vraie spécialité, le grattage, cette capacité à poser ses mains implacablement sur la balle pour tuer dans l’œuf les séquences adverses.

1.Cyril Baille (France)
28 ans - 31 sélections - 1 essai

Le pilier toulousain a commencé tous les matchs du XV de France durant le Tournoi. S’il a fait partie des gens ménagés pour la tournée en Australie, il a retrouvé facilement sa place en automne. Il a notamment fait partie de l’extraordinaire victoire face aux All Blacks. Évidemment sa présence dans notre équipe de l’année s’explique aussi par son doublé Top 14-Coupe d’Europe. Mais ses performances intrinsèques auraient sans doute suffi à le distinguer. Quel joueur de ballon, il a vraiment des mains d’or, avec des attitudes au contact de contorsionniste. Et en plus il est très fort en mêlée fermée. On le décrit parfois comme un nouveau Califano, c’est dire.

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