Thomas, Woki, Drouin... Les XV qui vont faire 2022

  • Teddy Thomas.
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Quand on a lancé l’idée de publier les XV personnalités qui feront l’année 2022, certains se sont imposés rapidement et à l’unanimité. Dupont bien sûr, symbole de la domination de Toulouse sur l’Europe et du renouveau du XV de France. Mohed Altrad, parce que le nom de son entreprise éponyme va s’afficher sur le maillot du XV de France mais aussi des All Blacks. La numéro 10 du XV de France, Caroline Drouin, qui sera l’une des fers de lance des Bleues lors du Mondial féminin qui aura lieu en Nouvelle-Zélande en septembre prochain. La joueuse de Rennes et ses partenaires n’en finissent plus par leurs performances quatre étoiles, de prendre de plus en plus de place médiatiquement. Tant mieux.

Pour poursuivre la liste, on a pioché sur ceux qui ont fait l’actualité en cette fin d’année. Morgan Parra qui va quitter Clermont, le DTN, Didier Retière, qui va rejoindre l’ASMCA à partir du 1er avril ou encore Yannick Bru qui pourrait rejoindre Saint-André dans l’Hérault, Teddy Thomas qui va tenter de relancer sa carrière à La Rochelle ou encore Ronan O’Gara, le technicien à la mode chez les joueurs professionnels. Un pari pour finir, celui de Nelson Epée, qui partage son temps entre le VII et le Stade toulousain. Ses dernières performances lors du Tournoi de Dubaï ont tapé dans l’œil de pas mal de recruteurs. À coup sûr, notre XV fera l’actualité de 2022.

 

Kolbe, pour tout l’or du monde

Avec Toulouse et les Springboks, Cheslin Kolbe (28 ans, 19 sélections) a tout gagné - Top 14, Coupe d’Europe, Coupe du monde, tournées des Lions - et tout accompli ou presque en termes de prouesses. Connaîtra-t-il la même réussite sous les couleurs de Toulon, son nouveau club ? Cette question obsède tous les supporters sur la rade et dans ses alentours depuis le 27 août dernier. Racheté à prix d’or au Stade toulousain et devenu millionnaire à l’année dans le Var, le Sud-Africain a jusqu’à présent surtout nourri la frustration des Fadas. Revenu blessé du Rugby Championship à l’automne, le champion du monde 2019 a dû se contenter d’une seule apparition, sous la pluie et dans l’anonymat de la Challenge Cup, face aux Zebre, le 17 décembre. Après cette première sans éclat, le natif de Kraaifontein espérait retrouver les pelouses du Top 14 ce dimanche, à Montpellier, six mois jour pour jour après son sacre avec Toulouse au Stade de France. En vain. Le coup d’envoi de sa deuxième carrière française attendra. Mieux vaut tard que jamais. Le RCT mise sur son joueur vedette pour retrouver le haut du tableau. L’ensorceleur, auteur de 31 essais en 82 matchs avec Toulouse, va-t-il retrouver en 2022 la magie qui avait amené le monde du rugby à le considérer comme un des tout meilleurs joueurs de la planète, aux côtés des Dupont ou Radradra ? Après quatorze matchs sans marquer en club, la question est on ne peut plus légitime. Quand on sait l’investissement que représente sa venue à Toulon, elle paraît même incontournable. À l’intéressé d’apporter des réponses claires. Pour remettre tout le monde d’accord. Et rappeler que les grands joueurs restent de formidables champions, quoi qu’il arrive et où qu’ils aillent. 

 

Retière dans l’autre monde

Didier Retière, l’ancien adjoint de Marc Lièvremont de 2008 à 2011 en équipe de France, était directeur technique national et salarié de la Fédération depuis plus de sept ans. Il a dernièrement décidé de quitter le vaisseau fédéral pour répondre favorablement au projet de Jean-Michel Guillon, le nouveau président de l’ASMCA, et deviendra donc en avril prochain le directeur sportif du club auvergnat. Début novembre, alors que les premières rumeurs de son départ nous étaient revenues aux oreilles, nous avions joint Didier Retière au téléphone pour tenter de vérifier l’information. Le cachotier nous avait alors assuré n’avoir « aucun contact » avec Clermont. Bien nous avait pris, alors, de publier le contraire, puisque les Auvergnats adoubèrent le DTN dans la foulée… Dans le giron fédéral depuis des lustres, Didier Retière se met nécessairement en danger en quittant sa fonction de Directeur Technique National pour rejoindre un club aujourd’hui moins conquérant qu’il ne le fut jadis. Réussira-t-il où Philippe Agostini, autre transfuge des filières de formation fédérales et licencié six mois après son arrivée à Clermont par René Fontès, avait échoué ? On le saura visiblement très vite mais, en filigrane, le départ de Retière plonge la FFR en plein désarroi : après Sébastien Piqueronies (Section paloise) et Fabrice Estebanez (Bourg-en-Bresse), Retière est en effet le troisième pilier du système de formation (qui fonctionne bien) à quitter le navire. Cela traduit-il un malaise ? Ou alors, ces gens-là aspiraient simplement à vivre une aventure un tantinet plus électrique ? Va savoir…

 

Thomas peut renverser Deflandre

Teddy Thomas et le Racing, c’est terminé : en fin de contrat en juin, l’ailier international (28 ans, 28 sélections) rejoindra La Rochelle pour un contrat de trois ans. Récemment, son président Jacky Lorenzetti résumait : « Lorsqu’on l’a recruté en 2013, j’avais eu une discussion avec Serge Blanco. Il m’avait dit : « tu peux faire une fabuleuse affaire pour le Racing et l’équipe de France. Il peut devenir le meilleur joueur du monde à condition que tu trouves la clé. Je ne l’ai pas trouvée et je crains de ne jamais la trouver ». On n’a pas réussi, nous non plus, à trouver la clé. C’est autant notre faute que celle de Teddy. » Teddy Thomas retrouvera un coach qu’il apprécie, Ronan O’Gara : « Il a changé ma façon de défendre, nous confiait le joueur au sujet de « ROG ». Au départ, il ne comprenait pas que je ne monte pas fort, vite, avec la ligne. Je laissais faire le porteur de balle. Je me disais qu’avec ma vitesse, je parviendrais toujours à le rattraper. J’entendais Ronan hurler : « Teddy ! Putain ! » Il avait raison. Mes décrochages créaient des déséquilibres et j’espère avoir progressé là-dessus ». In fine, l’année 2022 permettra-t-elle à Teddy Thomas de renverser Deflandre et retrouver l’équipe de France ?

 

Bru, retrouvailles avec PSA à Montpellier

Yannick Bru n’entraînera plus l’Aviron bayonnais la saison prochaine quel que soit le futur de la formation basque. Et le sien ? Depuis quelques semaines, des bruits de couloirs font écho d’une possible arrivée de l’ancien technicien chargés des avants du XV de France dans le club dirigé sportivement par l’ancien sélectionneur, Philippe Saint-André. Les deux hommes s’apprécient aussi bien humainement que professionnellement. PSA, qui l’an passé a relancé le MHR, n’a jamais caché que son retour sur les bords des terrains se voulait temporaire. Il a prolongé l’expérience cette année, parce qu’il voulait asseoir ses adjoints, Olivier Azam et Jean-Baptiste Elissalde. Il a œuvré pour modifier le staff au niveau de la préparation n physique et fait venir l’ancien arbitre Alexandre Ruiz. Maintenant, que tout est en place, Saint-André pourrait prendre du recul, et réinvestir son bureau de directeur du rugby. Mission pour laquelle, Mohed Altrad l’avait embauché en mars 2020. Selon nos informations, il aurait pris contact avec Yannick Bru pour le sonder sur une éventuelle nouvelle collaboration. Bru arriverait en terrain conquis, comme patron sportif. Il a déjà travaillé avec Jean-Baptiste Elissalde au Stade toulousain notamment. Ce devrait être l’un des premiers dossiers sur les coachs de l’année 2022.

 

Woki, toujours plus haut

Cameron Woki avait déjà été la sensation de la tournée des Bleus en Australie, où il avait été titularisé à deux reprises en trois matchs et avait même marqué un essai à la manière d’un basketteur « dunkant » au-dessus d’un ruck. Pour les tests d’automne, l’international français enregistré au matricule 1142 a encore épaté son monde. Aligné une première fois contre l’Argentine en flanker, poste où il a l’habitude de briller à l’UBB, le staff du XV de France a choisi de le faire monter dans la cage pour les tests contre la Géorgie et la Nouvelle-Zélande. Une « promotion » imaginée pour donner plus de mobilité au pack bleu en vue du choc contre les Blacks. Pari risqué, mais pari gagnant. Comme son manager Christophe Urios le raconte dans ces colonnes (lire p. 4), Woki l’a littéralement « bluffé » : « Cameron, c’est un joueur de coups, explosif, capable de faire basculer un match. Mais à côté de lui il lui faut des garçons qui travaillent. Et bien là, il a été l’un de ces garçons de l’ombre : un mec qui fait 150 rucks, 20 mêlées et 25 mauls. » Sans oublier qu’il reste l’un des plus redoutables contreurs en touche du championnat. Alors qu’il soit en deuxième ligne avec le XV de France ou en troisième avec l’UBB, on est certain que Cameron Woki fera l’actualité de l’année 2022.

 

L’attraction O’Gara à La Rochelle

C’est de notoriété publique : Ronan O’Gara est l’un des plus grands demis d’ouverture de l’histoire de ce jeu. Son palmarès, long comme son légendaire jeu au pied, parle pour lui. Mais force est de constater qu’en plus d’avoir laissé une empreinte dans les tablettes du rugby mondial lorsqu’il était joueur, « ROG » est en train de se bâtir une jolie renommée en tant que technicien. Celui qui officie à La Rochelle depuis 2019, d’abord en tant qu’entraîneur principal aux côtés de Jono Gibbes puis en tant que manager général ; après avoir parfait sa formation d’entraîneur au Racing 92 puis auprès des Crusaders en Nouvelle-Zélande, n’est pas étranger dans les très belles performances établies par le club maritime en 2021. La Rochelle, finaliste sur les deux tableaux Coupe d’Europe - championnat la saison passée, nourrit de grandes ambitions pour l’année 2022. Ronan O’Gara et son staff, dont l’équipe pointe actuellement à la quatrième place du championnat, prépareraient un recrutement extraordinaire - Tanga, Païva, Thomas, Hastoy entre autres, excusez du peu ! - pour parvenir à glaner un titre dans un futur proche. Et il se murmure que la présence de « ROG » dans le staff maritime n’est pas étrangère à la réussite de ce recrutement de haut niveau, l’ancien munstermen meilleur réalisateur de tous les temps en coupe d’Europe et dont les compétences techniques sont louées, bénéficiant d’un pouvoir d’attraction non négligeable sur la jeune génération de joueurs…

 

Drouin vers les sommets

L’année 2021 fut celle de bien des accomplissements pour Caroline Drouin. Jugez plutôt : la Morbihannaise a collectionné les succès, en obtenant notamment la médaille d’argent lors du tournoi de rugby à VII féminin lors des jeux Olympiques de Tokyo. Sur le plan personnel, la joueuse qui évolue au Stade rennais fut récompensée par l’oscar Midi Olympique de la meilleure joueuse de rugby à XV. Dans le même temps, World Rugby la consacrait en lui attribuant le poste de demi d’ouverture dans son « XV féminin de l’année ». Que peut-on donc souhaiter de mieux, pour 2022, à celle qui jongle avec brio entre rugby à VII et jeu à XV ? Sur une année de Coupe du monde, la réponse est toute trouvée ! L’équipe de France à XV, forte de sa tournée automnale parfaite, qui l’a vue corriger l’Afrique du Sud et deux fois les Black Fearns, aura forcément de grosses ambitions lors du prochain tournoi mondial du 8 octobre au 12 novembre 2022 en Nouvelle-Zélande. N’en faisons pas mystère : Caroline Drouin et ses coéquipières caressent le rêve de ramener quelque chose de grand du pays au long nuage blanc…

 

Parra, le dernier défi parisien

Après douze ans passés en Auvergne et des premières velléités de départ non concrétisées voilà deux ans, Morgan Parra quittera bien Clermont à l’issue de la saison, nouveau signe tangible de la fin de cycle que traverse la maison jaunarde. « L’ASM m’a fait une belle offre, mais ma réflexion était autre. Je veux découvrir un style et une mentalité différents. Je suis en fin de carrière mais je n’irai surtout pas en préretraite. » Le Stade français, parfois critiqué pour manquer de leaders et de joueurs de caractère à ses postes charnières, peut d’ores et déjà s’en frotter les mains.

 

Altrad chez les Tout Noir

En devenant sponsor maillot des All Blacks, le président du MHR Mohed Altrad a frappé fort l’an passé, devançant, entre autres, le géant Amazon dans la course à l’une des plus belles vitrines du sport moderne. De fait, le contrat à 70 millions d’euros dont ont parlé certains médias britanniques a officiellement démarré au 1er janvier dernier et se poursuivra sur les six prochaines années. Il y a peu, le propriétaire du groupe Altrad nous confiait à ce sujet : « Nous serons associés à cette équipe incroyable pendant six, voire dix ans, puisque le partenariat peut être prolongé sur quatre années supplémentaires. Les All Blacks, c’est ni plus ni moins la meilleure marque au monde. Une étude réalisée par une institution indépendante, sur des critères d’excellence ou de créativité, place systématiquement les All Blacks en tête, devant Mercedes et diverses autres marques internationalement reconnues. » Cet été, à l’occasion du Rugby Championship, l’assureur nord-américain AIG cédera donc sa place sur le maillot des Tout Noir au sigle Altrad, également présent sur le maillot des Bleus depuis 2017. L’entrepreneur héraultais poursuit : « Les fans des All Blacks, c’est-à-dire des gens qui les suivent régulièrement, sont estimés à 240 millions. Et sur la planète, un milliard de personnes savent ce qu’ils représentent. Ce partenariat renforcera donc la notoriété du groupe Altrad sur tous les continents ». Plus près de nous, Mohed Altrad semble aussi avoir trouvé le juste équilibre au sein du MHR, une équipe qu’il finance depuis plus de dix ans : très bien placés dans la course à la qualification, les Héraultais tournent aujourd’hui au régime qui aurait dû être le leur depuis longtemps déjà. Iront-ils jusqu’à créer la surprise en fin de saison et offrir un premier titre majeur à leur mécène ?

 

La fusée Nelson épée

Il avait déjà impressionné lors du Tournoi des 6 Nations des moins de 20 ans en juin dernier. Nelson Epée, l’ailier toulousain avait notamment inscrit un triplé face à l’Angleterre. La France avait alors découvert l’incroyable vitesse de pointe de ce jeune joueur. Il avait aussi été brillant lors de l’InExtenso Supersevens pendant l’été. Pour acquérir de l’expérience, il a ensuite rejoint l’équipe de France à VII. Et dès les premières étapes des World Series, il a confirmé qu’il était un phénomène en devenir. Les images de son essai face aux Fidji à Dubaï ont fait le tour du monde, réussissant à casser les reins du dernier défenseur après un incroyable sprint. Il sera une des armes des Bleus lors de la Coupe du monde à VII qui se disputera au Cap, en Afrique du Sud, du 9 au 11 septembre prochain. Avant un retour à Toulouse où il devrait rapidement faire parler la poudre.

Les dates clés de 2022

Tournoi des 6 Nations
Du 5 février au 19 mars

Finales des Coupes d’Europe
27 et 28 mai

Finale de Pro D2
4 ou 5 juin

Barrage d’accession
10,11 ou 12 juin

Finale du Top 14
25 juin

Coupe du monde féminine
Du 8 octobre au 12 novembre

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