Le CO n’est pas payé

  • Antoine Guillamon raffûte le gaucher irlandais Dave Kilcoyne. Les Castrais n’ont pas été récompensés à la hauteur de leur investissement vendredi soir. Photo Aurélien Delandhuy
    Antoine Guillamon raffûte le gaucher irlandais Dave Kilcoyne. Les Castrais n’ont pas été récompensés à la hauteur de leur investissement vendredi soir. Photo Aurélien Delandhuy
Publié le

Les tarnais ont quasiment dit adieu à leur rêve de qualification pour la phase finale. La faute à des munstermen trop réalistes. Mais les satisfactions sont nombreuses.

L’adage le dit à juste titre : dans la vie, on ne perd pas. On gagne ou on apprend. La jeune garde du Castres olympique aura appris, vendredi soir, dans la nuit glaciale de janvier, qu’un match dure quatre-vingts minutes (voire un peu plus) et qu’il faut maintenir un niveau de concentration maximal jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre.

On jouait la 76e minute et le CO menait 13-9 grâce à un bel essai de l’arrière Thomas Larregain bonifié par le pied efficace de Benjamin Botica. Tous les voyants étaient au vert, le ballon était dans les mains castraises, ne restait plus qu’à négocier proprement cette dernière munition. Sauf que par excès de précipitation, les Tarnais, par manque de soutien, rendaient la balle aux Munstermen. L’ouvreur Jack Crowley choisissait la touche. La suite était déjà écrite : ballon-porté, départ du 8 au ras du maul, essai. Hold-up. Et Castres, au vu des efforts consentis, n’est vraiment pas payé.

Loïc Jacquet, deuxième ligne international et vétéran du CO, analysait sobrement : "On a une dernière munition à jouer dans leur camp et on ne la maîtrise pas très bien. On se précipite un peu. Eux ont eu aussi une dernière cartouche mais ils ont su la mettre au fond. C’est la marque des très grandes équipes." Voilà qui est bien résumé. Avec un réalisme aussi froid que la plaine tarnaise en cet hiver 2022, les Irlandais du Munster s’ouvrent les portes de la qualification en huitième de finale avec trois succès en autant de matchs.

Un groupe remanié qui donne tout

A contrario, le CO, avec trois points de bonus gagnés en trois rencontre, va sans doute quitter la compétition à moins d’un improbable concours de circonstances et une victoire hypothétique, vendredi prochain, sur la pelouse des Harlequins. Le scénario de ces trois matchs européens peut laisser des regrets car les Tarnais ont toujours été au contact de ces deux grandes équipes européennes. Mais les points de satisfaction aussi sont nombreux. Vendredi soir, la défense castraise fut héroïque, l’alignement en touche particulièrement performant (2 ballons volés). On a vu aussi des joueurs au temps de jeu famélique voire inexistant en Top 14 qui ont rivalisé avec une des meilleures équipes d’Europe. Citons ici Brice Humbert, Jack Whetton, Simon Meka, Meteaki Kafatolu, Pierre Aguillon ou Thomas Larregain, tous très bons dans le sillage de leur vétéran Loïc Jacquet, leader de combat exemplaire du haut de ses 36 ans. L’ancien Clermontois était déçu mais fier de ses troupes qui ont su attendre leur tour pour relever la mission qui leur a été confiée : "On a un groupe remanié dans cette compétition. Les mecs prennent à cœur ces matchs car pour eux qui jouent peu, c’est un exutoire. ça nous tient à cœur. C’est cruel de perdre dans ces moments-là, je suis un peu abattu. On a fait beaucoup d’efforts pour rien. Il nous reste un dernier match à jouer pour sortir la tête haute."

Pour la petite histoire, et pour souligner l’incongruité de certaines décision de l’EPCR, notons que les Tarnais ont perdu au change en disputant leurs trois matchs. En effet, les équipes dont les rencontres ont été annulées lors de la deuxième journée pour raisons sanitaires, se sont vues créditées de deux points "gratuits", équivalent à un match nul. Si Castres n’avait pu se déplacer au Munster, le club tarnais aurait aujourd’hui quatre points au classement… Vraiment pas payé, on vous dit…

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?