« Le rugby a sauvé mon âme »

  • Renato De Souza et sa petite famille coulent des jours heureux en Nord Finistère. Photo Michèle Cessou
    Renato De Souza et sa petite famille coulent des jours heureux en Nord Finistère. Photo Michèle Cessou
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Le Brésilien Renato De Souza Pinto a vécu un parcours difficile avant de prendre son envol grâce au rugby.

La vie est parfois si capricieuse et si étrange qu’elle peut virer au dramatique. Ou quand une seule erreur peut saisir toute votre vie, et une seule rencontre vous la restituer à peu près. À l’aube de sa majorité, en 2005, Renato De Souza avait vécu une soirée bien trop arrosée, à la fin de laquelle il avait emprunté une voiture avec une arme à bord. Un contrôle de police l’avait conduit à une incarcération de trois mois. Et ce Brésilien de naissance de prendre à 17 ans en pleine figure, la dure réalité d’un univers carcéral impitoyable, avec ses gangs et ses caïds. Contraint de se défendre à la suite d’une altercation, son avenir a été compromis, "ruiné même", ajoute-t-il, quand cette rixe est devenue mortelle. Son homicide l’a renvoyé au tribunal pour une condamnation de treize années en centrale. Et de Fresnes à l’Ile de Ré, en terminant à Lille son parcours carcéral pour terminer de payer sa dette à la société, Renato De Souza a trouvé le réconfort dans le sport. "Je voulais sortir au plus vite de cet enfer. Je n’avais pas de projet, alors je le suis accroché au rugby que j’ai découvert à l’Ile de Ré. J’ai toute de suite adhéré", explique aujourd’hui cet homme marié, père de trois enfants, et autoentrepreneur.

Plouzané l’enrôle

Sa conduite irréprochable en prison lui avait donné droit à des remises de peine. Après huit longues années, il avait retrouvé le parfum enivrant de la liberté sans trop savoir quoi faire. Il débarque alors un beau jour à Brest et cherche un club. Il tape sur le net "Brest + rugby", se rend au Brest Université club, et croise le chemin de Guillaume Perrin-Alberti, avec lequel il est toujours en contact. "Une rencontre qui a changé mon destin. Il m’a redonné confiance, m’a recadré", lui rend hommage Renato De Souza, alors qu’il n’a joué qu’une seule saison au BUC. C’est à Plouzané qu’il va s’affirmer en tant que joueur. Les responsables sportifs du club de Fédérale 3 avaient remarqué son potentiel et avaient décidé de l’enrôler. Entre-temps, il était reparti au Brésil revoir sa famille, et il en était revenu accompagné d’une épouse. Plouzané lui a trouvé le gîte et l’a aidé à se lancer dans la vie sociale en favorisant son statut d’autoentrepreneur. "Ça marche bien" dit le Brésilien, qui est devenu une figure connue dans le paysage local. "C’est un mec bien. C’est une bonne personne", l’apprécie Adrien Le Roy son entraîneur. À 34 ans, il enfile toujours le maillot en première ligne. "Le rugby a sauvé mon âme", dit-il en prière.

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Didier LE PALLEC
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