L’œil de Maxime Mermoz, consultant beIN Sports : « Le premier grand défi de la saison des Clermontois »

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Ce déplacement en Ulster sera compliqué pour Clermont, ce n’est pas un scoop. Pourtant, les Auvergnats se sont rassurés le week-end dernier en gagnant face à Sale.

Pour eux, c’est un petit sursis dans la compétition. Plus globalement, j’ai l’impression que les joueurs ont passé un bon Noël et un bon nouvel an ! Depuis, ils enchaînent les bonnes performances. Le match face à Toulouse a dû être particulièrement satisfaisant pour eux. D’habitude, cette équipe peine à élever son niveau de jeu pendant 80 minutes. Il y a toujours des passages à vide. Là, face à Toulouse, ils ont été consistants jusqu’à la fin. Cela les a mis dans une dynamique nouvelle, positive. Je les trouve lancés pour être enfin performants et répondre aux exigences du haut niveau.

Malgré tout, le défi qui les attend ce week-end est de taille. L’Ulster avait réussi à bien contrôler le match aller, à Michelin. C’est eux qui avaient la maîtrise du scénario de la rencontre. C’est un collectif très fort. Pas beaucoup de noms très connus mais de belles individualités, malgré tout. Et surtout, culturellement, ce club met en première place la notion de solidarité. Ils trient les ballons, ne jouent pas tout mais sur ceux qu’ils jouent, ils sont capables de mettre beaucoup de vitesse.

J’ai joué là-bas, j’y ai gagné avec Toulon mais je me souviens d’un combat extrêmement dur, un gros défi physique. C’est là-dessus que les Clermontois seront attendus. L’ASM a une ligne de trois-quarts 3 étoiles, c’est sûr. Mais le rugby commence devant. En mêlée, en conquête, ce n’est plus le Clermont qu’on a connu la décennie précédente, avec une sensation de grosse maîtrise collective qui s’en dégageait. Ils doivent se reconstruire une conquête dominante pour vraiment retrouver le devant de la scène.

Clermont, quand je les jouais, c’est une équipe qui faisait vraiment mal. Ils avaient des avants athlétiques, rapides et surtout très durs. Les Cudmore, Bonnaire, ils faisaient mal à leurs adversaires. C’était aussi des joueurs extrêmement complets. Peut-être le plus complet de tous ceux que j’ai croisés, concernant « JuBon ». Ces joueurs, Clermont les a moins.

Depuis sa finale en 2019, l’ASM est une équipe qui cumule les résultats en dents de scie. C’est une reconstruction qui tarde. Dès cette finale de 2019, on pouvait voir d’ailleurs ce qui allait bientôt être une faiblesse pour les Clermontois : Toulouse avait compris qu’il fallait les empêcher d’avancer sur leurs trois premiers temps de jeu et que, ensuite, ils étaient en difficulté, qu’ils ne maîtrisaient pas le jeu dans le désordre. C’est pourtant un critère très important du rugby moderne. Trouver des structures dans la désorganisation, c’est essentiel. Par bribes, on le voit revenir chez les Clermontois. Mais ce n’est pas encore totalement acquis.

Si cette reconstruction dure, c’est aussi qu’elle a été entamée par Franck Azéma et qu’il a fallu repartir cet été sur un nouveau projet. Changer de staff, c’est un chantier énorme. En ajoutant le Covid, qui a ralenti et pollué toutes les préparations, l’entame de saison n’était pas simple pour l’ASM.

Malgré tout, on sent une équipe qui est désormais en progression, par rapport au début de la saison. Tout n’est pas encore parfait, mais c’est nettement mieux. Est-ce que ce sera suffisant pour l’emporter en Ulster ? Ce sera très dur. Ils ne seront pas favoris et les conditions climatiques auront leur importance. Avantage Ulster, donc. Mais ce sera le premier grand défi de la saison des Clermontois, un rendez-vous décisif pour la suite de leur saison. Et l’enjeu peut galvaniser Clermont.

« Culturellement, l’Ulster met en première place la notion de solidarité. C’est là-dessus que les Clermontois seront attendus. L’ASM a une ligne de trois-quarts 3 étoiles, c’est sûr. Mais le rugby commence devant. En mêlée, en conquête, ce n’est plus le Clermont qu’on a connu la décennie précédente. »

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