Béziers, entre espoir et lassitudes

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Distancée de la course à la qualification, objectif affiché en début de saison, l’ASBH décline jusqu’à regarder dans le rétroviseur. Explications.

Si on devait illustrer la première moitié de saison des Biterrois, la défaite à Aurillac jeudi dernier en résumeraità elle seule, une bonne partie. Béziers capable de rivaliser mais aussi de plonger inexorablement vers des entorses stratégiques et de gestion assez fréquentes dans le sprint final. De quoi alerter Jean-Michel Vidal, président du Directoire, qui aura réuni l’ensemble de l’entité sportive afin d’évoquer certains sujets en début de semaine. Tout sauf anodin, au regard d’un classement en chute libre (11e place, un match en retard), et d’une franche discussion avec les intéressés, il s’explique : "J’attendais mieux, surtout à l’issue des deux premiers blocs où nous étions à la sixième place. Depuis, quelques scories et une kyrielle de blessés ont plombé nos résultats. Je peste contre ce manque de maîtrise et c’est cela qu’on a évoqué ensemble ainsi que les rectifications à apporter. Il n’y a pas de reproche à effectuer sur l’investissement et le travail fourni, mais on a besoin d’avancer et renouer avec cette confiance." Avec un recrutement estival qui s’avérait prometteur et de nombreux joueurs estampillés Top 14 par leurs parcours, le dirigeant Biterrois poursuit : "Nous avions eu cette volonté de densifier cet effectif, par des garçons expérimentés et reconnus. Je souhaite que ces joueurs s’emparent du vestiaire encore plus et soient des leaders de jeu naturels." Un contexte qui aura parfois permis à d’autres de s’exprimer pleinement : "Des éléments nous ont agréablement surpris, des jeunes ont aussi confirmé nos attentes. Cela permettra au staff d’affiner leurs prochaines décisions."

Atermoiements coupables

Pierre Caillet est devenu le patron du sportif, en assurant la transition puis en prenant les pleins pouvoirs à l’intersaison en lieu et place de David Aucagne. Puisqu’il est question du staff, comment le président du Directoire envisage-t-il l’avenir : "Nous avons une conviction avec Pierre Caillet, c’est qu’il représente l’homme de la situation. C’est un grand travailleur, qui a l’œil pour dénicher des profils qui correspondent à nos besoins. C’est la première année qu’il endosse de telles responsabilités et nos échanges sont très constructifs sur les futures échéances." Avec Karne Kaufana et Jérôme Filitoga comme adjoints, Pierre Caillet a pris le pari de repartir à zéro. Avec une représentation vierge d’expérience à ce niveau, mais en adéquation avec ses idées. Si les Biterrois ont démontré des aptitudes sur le jeu d’avants, l’animation offensive fut souvent décriée et cette instabilité aura perturbé les desseins d’une plus grande régularité sur le contenu. Chico Fernandes, pilier gauche, l’un des cadres de l’ASBH n’élude rien : "On partait pour réaliser une grosse saison franchement. Puis sans chercher d’excuses, on a eu une véritable hécatombe à certains postes. Après les coachs ont changé, ils sont jeunes et nous devons progresser ensemble. On aura besoin d’une forme de stabilité, de créer un noyau dur. Cette mauvaise passe ne doit pas perdurer, et quand on aura assuré le maintien, le moment de peaufiner notre rugby interviendra." Le mot n’est pas tabou, mais le maintien reste d’actualité à la vue du classement puisque l’ASBH ne possède à ce jour que quatre unités d’avance sur Rouen, premier relégable. En sachant que Béziers disposera aussi de huit réceptions pour cinq déplacements sur la fin de saison.

Ambition sous l’éteignoir ?

Mais alors, si les Biterrois vivotent quelque peu dans le ventre mou de la compétition, avec de nombreuses rencontres à disputer, certaines espérances sont-elles complètement enfouies ? Jean-Michel Vidal l’affirme : "En toute honnêteté, je ne crois pas que Béziers soit en danger pour le maintien. Je ne me prends pour personne d’autre et j’ai le plus grand respect pour la concurrence, mais j’ai la faiblesse de croire en mon équipe. Soyons irréprochables déjà à la maison. Après, ce championnat réserve tellement de surprises, chaque journée nous délivre un enseignement parfois déroutant. Mettons nos forces vives en commun et nous verrons bien ce que la suite nous confiera." Si le présent est plutôt morose avec une seule victoire sur les sept dernières rencontres et une urgence comptable à redresser, le futur se prépare déjà activement, les coulisses toujours turbulentes à ce moment de l’année. Le président du Directoire de l’ASBH le concède : "Nous travaillons sur tous les scénarios bien sûr, déjà la priorité était de prolonger un certain nombre d’éléments ayant donné satisfaction. Nous sommes heureux de l’évolution de ces discussions. Ensuite, proposer un avenir à nos espoirs et s’exprimer pleinement à Béziers. Certains ont validé toutes les promesses et nous allons faire le maximum pour les sécuriser. Enfin, nous sommes à la recherche de 4/5 joueurs, pas au-delà. Avec des critères bien établis." Les réceptions d’Agen puis de Montauban au Stade Raoul-Barrière pourrait clarifier un contexte assurément à double tranchant.

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Rémy RUGIERO
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