Comment l’Irlande a révolutionné son jeu

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Sous l’impulsion de son sélectionneur Andy Farrell et de ses adjoints, successeurs de Joe Schmidt après le dernier mondial, l’Irlande a changé son style de jeu pour faire la part belle au jeu debout.

Il y a encore quelques années, toutes les équipes françaises savaient exactement à quoi s’attendre lorsqu’elles affrontaient leurs homologues irlandaises : un jeu basé sur la possession et l’occupation du terrain, servi par un nombre incalculable de chandelles tapées par les demis. Et dès qu’elles entraient dans la moitié de terrain adverse, les formations irlandaises se lançaient dans un interminable concert de percussions des avants au près ou autour de l’ouvreur – quand il ne s’agissait pas des mauls initiés après touche –, jusqu’à ce que l’équipe adverse cède. Il n’était pas rare de voir des séquences de plus de 25 temps de jeu, avec des passages systématiques au sol. Un jeu efficace, redoutable même, mais terriblement ennuyeux et prévisible. Si bien que quand elles ne remportaient pas cette bataille frontale, les équipes irlandaises n’avaient pas de plan B. Le Leinster, le Munster, et le XV du Trèfle étaient alignés sur ce même schéma. Mais ça, c’était avant…

Des matchs à plus de 200 passes

Avant qu’Andy Farrell ne prenne la succession de Joe Schmidt aux commandes du XV du Trèfle pour entamer sa révolution de velours. De velours, parce qu’elle n’a pas fait de victime collatérale majeure : de toute évidence (et même s’il est absent du choc contre la France à cause d’une blessure aux ischios), Sexton est toujours le maître à jouer de cette équipe, et les cadres tels que Kelleher, Furlong, Ryan, Conan, Aki ou Ringrose sont toujours là. À la rigueur, on peut considérer que la seule "victime" de ce changement est le demi de mêlée Conor Murray, connu pour la qualité de son jeu au pied d’occupation mais nettement moins rapide et éjecteur que Gibson-Park. Les joueurs sont donc les mêmes. Mais ils ne jouent plus de la même façon.

Depuis l’année dernière, l’Irlande fait la part belle au jeu debout, aux passes dans la défense et aux libérations rapides. Et le Leinster joue exactement de la même façon. L’époque des 30 passages au sol est révolue. L’Irlande est beaucoup plus dangereuse et imprévisible qu’avant, même si elle a gardé son goût pour la possession de balle : en novembre dernier, les hommes de Farrell ont compté 63 % de possession de balle face aux All Blacks, et 70 % d’occupation. Le tout en tapant moins au pied que leurs adversaires (21 contre 27) et en se faisant 204 passes. La semaine, suivante, rebelote. Les Irlandais ont étrillé les Argentins (53-7) en tenant le ballon plus de 57 % du temps, ayant tout le loisir de se faire 210 passes.

Des roses au milieu des trèfles

Cette révolution, l’ancien international anglais Andy Farrell ne l’a pas menée seul. Son adjoint en charge de l’attaque est un autre ancien joueur du XV de la Rose, Mike Catt qui, selon Jonathan Sexton, a eu une énorme influence sur le jeu irlandais : "Mike s’occupe des arrières et des lancements de jeu et nous avons fait d’énormes progrès depuis un an car nous nous sommes vraiment approprié le plan de jeu. Andy nous a aussi énormément apporté dans le domaine offensif." Les deux hommes possèdent leur relais dans les provinces : Graham Rowntree est devenu l’entraîneur des avants du Munster, Stuart Lancaster celui des trois-quarts du Leinster.

Les techniciens s’appuient toujours sur de puissants porteurs de balle (Furlong, Porter, Ryan, Doris, Aki), mais plus dans un cadre restrictif. Bref, l’Irlande a changé de jeu, et elle semble prendre beaucoup de plaisir dans celui-ci. Méfiance.

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Simon VALZER
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