Toulouse, des paroles aux actes

  • Le troisième ligne sud-africain, Rynhardt Elstadt, devrait faire son retour ce vendredi face au Stade français. Photo Icon Sport
    Le troisième ligne sud-africain, Rynhardt Elstadt, devrait faire son retour ce vendredi face au Stade français. Photo Icon Sport
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Humiliés à Perpignan, les Stadistes ont cherché à créer un déclic dans le groupe pour le resserrer en cette période trouble. Et enfin réagir, au Stadium ce vendredi.

Samedi dernier, le manager Ugo Mola s’est présenté devant la presse, après la débâcle de ses troupes à Perpignan (13-36) pour prononcer des mots durs. « On s’est beaucoup victimisé récemment. […] À force de s’entretenir dans un certain climat, il y a trop de victimisation, pas assez d’action. Il faut arrêter ça. […] On attendait de toucher le fond, ça y est. […] Nous avons été le sparring-partner de l’Usap pendant 20 minutes. » 

Et le technicien d’appeler à une réaction, d’orgueil et de rugby : « Mettons loin derrière tous les titres sinon on va aller de déconvenue en déconvenue. […] On va essayer de se remettre la tête à l’endroit. » Il faut dire que son équipe comptait sur ce déplacement, chez un promu, pour mettre fin à trois défaites de rang en Top 14. Au-delà d’en aligner une quatrième, elle a aggravé son image, laissant éclater un manque criant de caractère.

Certes, les internationaux n’étaient pas là mais eux non plus n’avaient pas été à la hauteur les semaines précédentes. Avec moins de talents, il s’agissait de "se resserrer", comme le clamait Antoine Miquel. « Parfois, on se complique un peu trop la tâche en voulant faire le spectacle partout, lâchait Baptiste Germain deux jours avant le rendez-vous catalan. On n’arrive pas à faire des matchs de chiens. » Traduction : être moins sexy mais plus guerrier. Le hic ? Comme face au Racing, le Stade toulousain fut dominé dans tous les secteurs. Ces mecs, qui s’étaient promis un sursaut, n’ont placé aucun acte face à leurs paroles.

Sur le retour de Perpignan, il avait été initialement prévu que le bus s’arrête pour une halte conviviale de quelques heures. Elle aurait pu être annulée après la faillite d’Aimé-Giral mais le staff, conscient de devoir favoriser un déclic, a laissé aux joueurs le choix de la maintenir pour (re) créer l’osmose indispensable à la relance d’une dynamique positive.

Thérapie à l’ancienne

Toulouse, champion de France et d’Europe, reste une équipe comme les autres, faite d’êtres humains qui, depuis la nuit des temps, ont besoin de sentir un lien indéfectible pour se relever. Les Rouge et Noir ont choisi la thérapie à l’ancienne, jusqu’à une heure avancée de la nuit, pour se dire les choses et se lâcher autour de quelques verres. Pour écrire une autre histoire, sans les Baille, Dupont, Ntamack et consorts jusqu’à fin mars, et en être cette fois dignes.

Clin d’œil du destin, Rynhardt Elstadt, combattant capable de faire la loi dans un jeu au sol déficitaire actuellement, est enfin de retour. Lui qui n’a plus porté le maillot toulousain depuis la dernière finale de Top 14. Fin décembre, l’annulation de la réception de Paris dans un Stadium plein à craquer – le matin même du match – fut l’épisode le plus douloureux d’une période troublée par les reports. Le club, dans la même enceinte mais avec une équipe amoindrie qui doit une revanche, a l’occasion ou plutôt l’obligation de la laisser derrière lui. Depuis trois ans, il a remporté toutes ses finales. En voilà une d’un tout autre genre.

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Jérémy FADAT
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