XV de France : une équipe, deux plans de jeu

  • Romain Ntamack a fait la différence dans le second acte avec deux magnifiques coups de pied.
    Romain Ntamack a fait la différence dans le second acte avec deux magnifiques coups de pied. Icon Sport
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Pensé pour correspondre à une certaine idée du jeu à la française, le projet construit par le staff des Bleus dispose aujourd’hui de deux arcs stratégiques interchangeables.

À leur arrivée à la tête du XV de France, un des premiers chantiers de Fabien Galthié et de son staff consista à répondre à cette épineuse question : qu’est-ce que le jeu à la française ? C’est ainsi qu’après une étude diligentée à partir d’un panel de matchs référence de l’histoire des Bleus à travers les époques, le staff du XV de France s’est vu offrir clés en main une analyse des points forts et faibles historiques de la sélection : la propension à créer du danger depuis n’importe quelle zone du terrain (principalement sur contre-attaque) mais aussi le manque d’efficacité dans les zones de marque et sur les réceptions de coups d’envoi, les difficultés à lancer et construire le jeu, les problématiques dans le passage du statut d’attaquant à celui de défenseur... En somme, autant de pistes de travail à partir desquelles Galthié et son équipe ont construit leur projet, qui tiendrait en quatre mots : simple, fort, vite, précis.

Une équipe hybride

Galthié et son équipe se sont donc attachés à bâtir lors du Tournoi 2020 un socle solide autour de la défense et du jeu au pied, de façon à permettre aux joueurs d’exprimer leurs qualités naturelles dans le désordre en se "dépossédant" intelligemment du ballon, pour mieux le récupérer. Un premier étage de la fusée qui fut développé lors du Tournoi 2021 et la tournée d’été suivante, le XV de France franchissant alors un cap dans la construction de son jeu (notamment au travers des lancements de jeu de plus en plus redoutables) et l’efficacité dans les zones de marque. Une progression lente mais perceptible qui fut couronnée en novembre par un succès référence face aux Blacks, lors duquel les Bleus ajoutèrent une conquête directe digne du très haut niveau (à la grâce du retour d’Atonio et du replacement de Woki). L’ultime chaînon qui manquait pour permettre aux Bleus de pratiquer deux types de rugby bien distincts, forts d’un banc en 6-2 qui fait désormais partie intégrante de leur stratégie...

Capables désormais d’imposer leur tempo et de conserver le ballon (comme face à l’Irlande), les Bleus ont néanmoins conservé du début de mandat cette capacité à se déposséder de la balle pour mieux défendre et punir leur adversaire en contre (comme en Ecosse, avec des manipulateurs de ballon hors-normes au niveau du pack comme Marchand, Mauvaka, Baille ou Woki), comme ils l’ont prouvé samedi contre l’Ecosse. De quoi afficher aujourd’hui un profil rare d’équipe hybride, susceptible de passer avec le même bonheur d’un plan A à un plan B, tout en affichant des points forts dans toutes les formes de jeu. Si ce n’est pas là le portrait-robot d’un candidat au grand chelem et plus si affinités, on veut bien faire vœu de chasteté…

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Nicolas ZANARDI
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